THIS IS SPINAL TAP

THIS IS SPINAL TAP

Rob Reiner, 1984

LE COMMENTAIRE

Les vrais artistes se distinguent par leur volonté de constamment repousser les limites de l’imaginable. Pionniers dans leur domaine, ils trouvent de nouveaux chemins, inventent de nouveaux sons, défient les classifications. Malheureusement, toutes les expérimentations ne se soldent pas toujours par des succès (cf Jodorowsky’s Dune).

LE PITCH

Un groupe de heavy metal Anglais repart à la conquête de l’Amérique.

LE RÉSUMÉ

Martin DiBergi (Rob Reiner) se met en tête de documenter la prochaine tournée Américaine du groupe Spinal Tap.

So in the late fall of 1982, when I heard that Tap was releasing a new album called « Smell the Glove », and was planning their first tour of the United States in almost six years to promote that album, well needless to say I jumped at the chance to make the documentary.

David St. Hubbins (Michael McKean), Nigel Tufnel (Christopher Guest) et Derek Smalls (Harry Shearer) abordent cette nouvelle étape de la vie du groupe avec confiance. Leur manager Ian Faith (Tony Hendra) est là pour leur ouvrir des portes. Sir Denis Eton-Hogg (Patrick Macnee) leur souhaite bon vent :

We wish them great success on their North American tour and so say all of us: Tap into America!

Le début de la tournée est immédiatement marqué par un coup d’arrêt. La couverture de Smell the Glove est jugée sexiste par Bobbi Flekman (Fran Drescher). Les points de vente refusent de référencer l’album.

You put a greased naked woman on all fours with a dog collar around her neck, and a leash, and a man’s arm extended out up to here, holding onto the leash, and pushing a black glove in her face to sniff it. You don’t find that offensive, you don’t find that sexist??

This is 1982, Bobbi, c’mon!

That’s right, it’s 1982! Get out of the ’60s. We don’t have this mentality anymore. (cf Austin Powers)

Le groupe connait ensuite les tensions internes inhérentes à toutes les tournées (cf Walk the Line). Jeanine (June Chadwick), la petite amie de David, ne fait pas l’unanimité.

Plusieurs dates son annulées. Les salles sont vides.

The last time Tap toured America, they where, uh, booked into 10,000 seat arenas, and 15,000 seat venues, and it seems that now, on their current tour they’re being booked into 1,200 seat arenas, 1,500 seat arenas?

Nigel fait des caprices et quitte le groupe en plein milieu d’un concert.

Alors que l’aventure semble se terminer sur un fiasco, Nigel réapparait pour informer les autres que leur album cartonne au Japon. Spinal Tap fait ses valises. Direction le pays du soleil levant!

L’EXPLICATION

This is Spinal Tap, c’est marcher sur le fil du ridicule.

Le talent ne suffit pas pour percer. À l’heure du marketing de masse, très rares sont ceux qui ont la chance de se faire repérer par le public (cf Sugar Man). Les artistes doivent forcer la chance. Pour provoquer le destin, il leur est nécessaire de cultiver la confiance en soi (cf La La Land). Ignorer les critiques acerbes pour continuer à avancer, quitte à passer pour de vrais guignols, jusqu’à trouver la reconnaissance (cf Birdman).

Convaincus de leur force, les membres de Spinal Tap s’entretiennent dans leur idée qu’ils sont des stars (cf Bohemian Rhapsody). Ils croient dur comme ferme à ce qu’ils font, et qui ils sont.

We’re very lucky, in a sense, that we have two visionaries in the band. David and Nigel, they’re both like – like poets, you know, like Shelley and Byron, people like that. They’re two totally distinct types of visionaries, it’s like fire and ice, basically, you see. I feel my role in the band is to be kind of in the middle of that, kind of like lukewarm water.

Qui sont-ils justement? Sur leur île, les membres du groupe Spinal Tap jouissent en effet d’une belle popularité. Ce n’est pourtant pas assez pour leur ego sur-dimensionné. Il leur faut conquérir le monde, c’est à dire les États-Unis.

En traversant de nouveau l’Atlantique, ils sortent de leur zone de confort – ce qui est tout à leur honneur. Des humoristes ont récemment tenté l’aventure et s’y sont cassés les dents.

À New York, Spinal Tap ne compte pas, ou presque. L’objectif du groupe est d’essayer de se faire une place auprès d’un public qui n’a pas du tout les mêmes références.

You know, it’s just that people like this, they get all they want so they really don’t understand, you know… about a life like Frank’s. I mean, when you’ve loved and lost the way Frank has, then you, uh, you know what life’s about.

Ils font la sourde oreille. Ce n’est pas à eux de trahir ce qu’ils sont pour plaire aux locaux. Ils doivent se faire une place. C’est pourquoi ils restent dans leur monde, concentrés sur leur proposition. Cependant, ils prennent aussi le risque de s’isoler. Se déconnecter de la réalité à l’image de David qui ne comprend pas très bien pourquoi la couverture de Smell the Glove est mal reçue.

What’s wrong with bein’ sexy? I mean there’s no…

Sex-IST!

Protégés du monde extérieur, qu’ils essaient de convaincre par ailleurs, les membres de Spinal Tap essaient de ne pas se prendre les pieds dans leur propre tapis. Ils philosophent sur la tournure que prennent les choses, tout en gardant la tête haute – mais jamais très loin de basculer définitivement dans le ridicule.

Well, I don’t really think that the end can be assessed as of itself as being the end because what does the end feel like? It’s like saying when you try to extrapolate the end of the universe, you say, if the universe is indeed infinite, then how – what does that mean? How far is all the way, and then if it stops, what’s stopping it, and what’s behind what’s stopping it? So, what’s the end, you know, is my question to you.

Au final, ils n’ont pas pu électriser les foules Américaines. Peu importe. Le Japon leur offre une porte de sortie inespérée. Ils revoient leurs ambitions à la baisse, ce qui leur permet de poursuivre leur fantasme.

Ces imbéciles sont vraiment passés tout près de devenir la risée de leur industrie. Sombrer dans l’oubli. Disparaitre des charts. Le temps s’occupera de toute façon du reste. À y réfléchir, leurs monologues pompeux semblent aussi ridicules aujourd’hui que les propos du groupe Oasis dans les années 90.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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