LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA

LE JOUR
OÙ LA TERRE S’ARRÊTA

Robert Wise, 1951

LE COMMENTAIRE

On aime spéculer sur l’apparence des aliens, cet inconnu dont on ne sait même pas s’il existe. Dans l’imaginaire collectif, les aliens ont souvent une tête difforme (cf Aliens, Predator), ou un cerveau hypertrophié (cf Mars Attacks!). Avec un regard scientifique, on pourrait considérer des aliens amibes (cf Life : Origine Inconnue, L’Invasion des Profanateurs). En tout cas, les aliens sont là pour en découdre (cf La Guerre des Mondes, Independence Day, Skyline), sauf exception (cf La Soupe aux Choux, Premier Contact). Il serait bien surprenant de voir les aliens débarquer avec un air débonnaire, déguisés en Robocop.

LE PITCH

Les extra-terrestres débarquent à Washington pour donner un ultimatum.

LE RÉSUMÉ

Une soucoupe volante se pose à Washington.

We still dont know what it is and where it comes from but there’s something there. (…) This is not another flying saucer scare. (…) They’ve landed!! (…) So far, there’s no reasonable cause for alarm.

Un premier extra-terrestre (Michael Rennie) sort de l’engin. Il a forme humaine et ses intentions semblent bienveillantes.

We have come to visit you peace, and goodwill.

Cela n’empêche pas un soldat de lui tirer dessus.

Un second extra-terrestre, plus massif, sort à son tour. Son rayon laser neutralise les armes des militaires et calme tout le monde.

L’extra-terrestre blessé est immédiatement emmené à l’hôpital. Il s’appelle Klaatu et parle un anglais impeccable car son espèce étudie les humains à distance depuis des années. Klaatu informe M. Harley (Frank Conroy), le secrétaire du président des États-Unis, de son intention de parler devant l’ensemble des dirigeants de la Terre.

I want to meet with representatives from all nations of the earth.

M. Harley trouve la requête naïve. Il informe Klaatu que cela va être compliqué, notamment à cause de la distance.

I’m afraid that would be a little awkward. It’s completely without precedent. And there are practical considerations – the time involved, the enormous distances…

Klaatu rappelle alors à Harley, avec une ironie voltairienne, la distance qu’il a parcouru lui-même pour arriver à Washington.

I travelled 250 million miles.

Qu’on ne vienne pas lui parler de distance. Harley se rend compte que son prétexte ne tient effectivement pas debout. Il tente de s’expliquer.

Our world is full of tensions and suspicions. (…) Believe me you dont understand. They would not sit at the same table.

Devant le refus de Harley, Klaatu s’échappe de l’hôpital dont il était en fait prisonnier. Il se fait passer pour M. Carpenter et loue une chambre dans une pension où il sympathise avec Helen Benson (Patricia Neal) et son fils Bobby (Billy Gray).

Helen est veuve de guerre. Elle fréquente désormais Tom Steven (Hugh Marlowe) qui se montre rapidement jaloux de Carpenter.

I think the guy is a crook!

Les autorités obtiennent un mandant d’amener. Elles peuvent même liquider l’extra-terrestre si nécessaire. La chasse à l’alien est lancée dans la ville.

He must be tracked down like a wild animal, he must be destroyed.

Carpenter demande à Bobby de le mettre en relation avec la personne la plus intelligente qu’il connaisse. Le petit garçon fait référence au professeur Barnhardt (Sam Jaffe).

Klaatu rencontre le scientifique et l’informe que la Terre peut devenir une menace pour la paix intersidérale si elle continue à faire joujou avec l’arme atomique.

So long as you are limiting to fighting among yourselves, we were unconcerned. But soon of your nations will apply atomic energy to spaceships. That will create a threat to the peace and security of other planets.

La Terre doit donc s’engager à en finir avec ses programmes nucléaires. À défaut, elle sera détruite. C’est un avertissement sans frais. Barnhardt se débrouille pour réunir la communauté scientifique à Washington après que Klaatu ait prouvé qu’il ne rigole pas en plongeant la Terre entière dans un black out de 30min.

The city has stopped! People are running around like ants.

Tom balance Carpenter aux autorités. Klaatu est abattu. Puis il est ressuscité par le robot, avec la complicité de Helen. Face aux médias, Klaatu ne s’énerve pas. Bien qu’on lui ait tiré dessus, il lance une invitation à la paix.

I am leaving soon, and you will forgive me if I speak bluntly. The universe grows smaller every day, and the threat of aggression by any group, anywhere, can no longer be tolerated. There must be security for all or no one is secure. Now, this does not mean giving up any freedom, except the freedom to act irresponsibly. (…) We live in peace, without arms or armies, secure in the knowledge that we are free from aggression and war, free to pursue more… profitable enterprises. Now, we do not pretend to have achieved perfection, but we do have a system, and it works. I came here to give you these facts.

Ou sinon, ce sera la guerre.

It is no concern of ours how you run your own planet, but if you threaten to extend your violence, this Earth of yours will be reduced to a burned-out cinder. Your choice is simple: join us and live in peace, or pursue your present course and face obliteration. We shall be waiting for your answer. The decision rests with you. 

L’EXPLICATION

Le Jour où la Terre s’arrêta, c’est une planète de mauvais élèves.

Les mauvais élèves ne font pas les choses comme il le faudrait, et ce de manière parfaitement assumée. Ces cancres ne sont pas juste faibles, ils ou elles cultivent leur statut en n’apprenant pas leurs leçons, en refusant de réviser et en collectionnant les mauvais résultats. Ce qui met leur propre avenir en danger. Ils ou elles le savent et s’en moquent. Peut-être partent-ils ou elles du principe que l’école ne sert à rien pour des surdoué·es dans leur espèce ? Ils ou elles n’ont pas peur de se saborder.

The future of your planet is at stake.

Les mauvais élèves deviennent rarement de bons élèves sur le tard. Donc quand ils ou elles grandissent, ils ou elles continuent de faire n’importe quoi. Ces kamikazes sont des dangers pour tout le monde. Certain·es finissent en prison.

La société se retrouve mise en péril par leur faute, à cause de dirigeant·es bellicistes qui exploitent les travaux de recherche des bons élèves (cf Oppenheimer), de chef·fes de gouvernement climatosceptiques, de patron·nes d’entreprise sans scrupule, ou de politiques qui attisent la haine dans un but électoraliste.

Leur attitude est globalement insouciante et profondément égoïste. Ce sont des gens qui agissent souvent guidés par la peur.

If we destroy it, what do we face as retaliation?

(…) Everybody agrees there’s grave danger. Question remains : what do we do to protect ourselves?

La peur se nourrit d’elle-même. Elle tourne en boucle. Les médias savent l’exploiter à merveille.

I supposed you’re just as scared as the rest of us.

In a different way perhaps. I’m fearful when I see people substituting fear for reason. In fact, I would…

Thank you. I see another gentleman in the crowd…

Dire que le monde pourrait être si heureux, pour peu que ces mauvais élèves acceptent de jouer le jeu…

Les mauvais élèves pourraient être rappelé·es à l’ordre – avant qu’il ne soit trop tard. C’est la confrontation à l’autorité dans le bureau de la direction. L’autorité est incarnée par Klaatu, sorte de représentant des Nations Unis à l’échelle de l’univers.

Klaatu sait gérer les élèves médiocres qui essaient de trouver des excuses, comme Harley.

Our problems are very complex. You must not judge us too harshly.

I can judge only by what I see.

Your impatience is quite understandable.

I’m impatient with stupidity.

Klaatu essaie d’être constructif.

Your planet faces danger. I’m prepared however to offer solutions.

Il a du mal à parler à des gens sensés, parce que les imbéciles sont partout. Son avertissement ne suffit pas. Ce n’est pas quelques heures de colle qui vont faire peur à qui que ce soit. Il faut brandir la menace d’une exclusion du système solaire. C’est la raison pour laquelle Klaatu est accompagné par son robot.

Avant de punir, il traite les mauvais élèves en adultes et leur donne une ultime chance de prouver qu’ils sont moins bêtes qu’ils en ont l’air.

Que peut-il se passer ?

Après le départ de Klaatu, les humains vont sûrement se regarder entre eux, comme ils ont l’habitude. Ils constitueront une taskforce dont rien ne sortira, parce que personne n’arrive à s’entendre. On pense aux Ukrainiens et aux Russes, aux Israéliens et aux Iraniens, Libanais et Palestiniens ou encore aux Chinois et aux Taïwanais. On peut compter sur les mauvais élèves pour que rien ne change.

Et comme les bons élèves ne valent pas beaucoup mieux (cf Au Revoir les Enfants), il n’y aura sans doute pas de réveil démocratique espéré par Klaatu, ni de sursaut.

Tout continuera sur la croyance d’une happy end, jusqu’à la banqueroute.

LE TRAILER

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