ONE OF US

ONE OF US

Heidi Ewing, Rachel Grady, 2017

LE COMMENTAIRE

La solidarité est l’un des principaux avantage d’une communauté, dont l’union fait la force. La communauté prend soin de ses membres qui peuvent compter les uns sur les autres. Cette solidarité a un prix : elle ne s’offre qu’à ceux qui se plient aux règles parfois étouffantes imposées par la communauté, comme par exemple de refuser la modernité (cf Le Village) ou de vivre selon les principes du conformisme.

LE PITCH

Plongée dans une communauté Juive ultra-orthodoxe. Sale ambiance à Brooklyn…

LE RÉSUMÉ

Ari Hershkowitz, Luzer Twersky, et Etty Ausch sont des anciens membres de la communauté Hassidim de Brooklyn. Ils ont quitté leur famille car ils n’en pouvaient plus et se retrouvent isolés.

Etty a sept enfants. Elle a pris ses distances parce qu’elle ne supportait plus ses conditions de vie : son mari l’humiliait et la violait régulièrement.

Friday night sex was mandatory. (…) I was trained motherhood only.

Après douze années d’esclavage, elle ne veut plus se taire.

Twelve years I kept my mouth shut and i don’t keep my mouth shut anymore about this.

Engagée dans un procès pénible qu’elle finira par perdre, harcelée par son ex-mari et intimidée par les membres de la communauté, Etty souffre de dépression. Elle trouve refuge au sein de Footsteps, une organisation au sein de laquelle Chani Getter aide les ex-Haredim à se réinsérer dans la société.

Car les Haredim « vivent » coupés du monde. Ils ont leurs propres yeshiva, leurs propres bus scolaires, leurs propres ambulances. Internet est interdit. Les unions sont arrangées. 2 rencontres de trente minutes au cours desquelles les futurs mariés échangent peu. Après le mariage, la femme doit se raser la tête et porter une perruque. Et enfanter à raison d’un enfant par an, sans réfléchir. On ne se pose pas de questions.

I never questioned.

Un jour, certains membres finissent par exploser. C’est le cas d’Ari, sorte de Danny Balint, qui s’est mis en marge de cette société.

I didn’t feel like the person I look like. I chose a different path.

Il est aussitôt jugé et rejeté par les siens.

It’s not appropriate for you to stand here. You should be standing alone.

Puis il a sombré dans la cocaïne. Après deux overdoses, il est parti en cure de désintoxication où il avoue avoir été violé dans un camp de vacances par un instructeur – encore protégé par l’institution.

Some people say ‘you’re a wild kid’ so you deserve it. And for a long time I thought I deserved it!

Luzer Twersky est acteur. Trois ans de mariage. Deux enfants et une femme qu’il a quittés car il ne supportait plus les abus dont il a lui aussi été victime. Encore traumatisé, il vit dans un mobile-home à Los Angeles, à la recherche de rôles. Son retour à Brooklyn fait ressurgir un sentiment de culpabilité insupportable. Dès que les rabbis évoquent Dieu, Luzer se ferme automatiquement comme Billy dans Vol au dessus d’un nid de coucou lorsqu’on évoque sa mère.

La vie continue pour ces derech qui se sont écartés du droit chemin.

L’EXPLICATION

One of Us, c’est la face cachée de Rabbi Jacob.

Dans l’imaginaire collectif français, Rabbi Jacob incarne une communauté juive ashkénaze un peu old school et dont le caractère n’a rien à voir avec la communauté bling séfarade de La Vérité si Je Mens. Dans Rabbi Jacob, on ne voit guère les femmes qui sont éclipsées par des hommes portant de grands chapeaux, de longues barbes et des papillotes. Ils dansent bizarrement. Les Français s’en amusent tellement que ce folklore est repris par France 3 et ses marmottes… Tout cela est donc perçu de manière plutôt sympathique. Que se passe-t-il quand la porte se referme? On ignore tout des tendances sectaires de cette communauté qui a ses propres règles.

Law doesn’t come in here.

Ceux qui auraient le malheur de vouloir s’écarter du droit chemin, les moutons noirs, sont persécutés. Ils se retrouvent alors pris au piège d’une communauté ultra stricte qui a gommé la notion d’individualité et où personne n’a véritablement le choix. Comme l’explique un rabbi, les Hassidim ne s’interrogent pas, ils répètent – dans leur dévotion à Dieu. Ceux qui auraient le malheur de vouloir quitter la communauté se retrouvent comme Neo, débranché de la matrice (cf Matrix), incapables de vivre dans l’autre monde.

Il faut comprendre l’origine de cette communauté, qui s’est construite en réponse aux pogroms. Son mode de vie est celui de survivants qui cherchaient à se protéger d’un monde extérieur menaçant.

The hassidic community that exists today is an answer to after world war two. It’s a community of survivors, with trauma, and they bring that in.

Depuis, la communauté n’a pas évolué. Il n’y a donc aucune volonté d’intégration. Les Hassidim vivent en circuit fermé et comptent à leur tête des despotes qui prospèrent sur les traumatismes du passé. On retrouve un fanatisme quasi Nazi dans les discours des Rabbis qui consolident leur influence en agitant les peurs.

What is happening to us?! What are we becoming?! The nation of the Torah should deteriorate into of a people of yentayachna.com!! We can no longer retreat!!

Plutôt que de permettre l’ouverture de chacun, on prône plutôt le replis sur soi – ce qui devient de plus en plus compliqué dans un monde en constante évolution.

You can’t really stop 2015 progress…

Malheureusement, cette communauté sur laquelle on doit pouvoir compter peut aussi parfois se retourner contre elle-même. Si une femme gagne un mari prévenant à la loterie, tant mieux pour elle. Si au contraire elle tire le mauvais numéro et tombe sur un mari tyran, comment peut-elle s’en libérer? Par ailleurs, il semble que faire partie du peuple élu ne protège pas contre les abus que l’on retrouve chez les peuples non-élus, comme les Chrétiens (cf Spotlight). Comment fait-on quand les membres de la communauté s’en prennent aux autres? Où commence et où s’arrête la solidarité?

Ce n’est pas un problème car les Rabbis ont toujours réponse à tout.

If you say God can do everything. You hear stories about kids being raped. Why is God not stopping that?

There is no way you can explain that.

Yeah like why the whole Holocaust happened?

Les Hassidim, parmi lesquels il n’y a pas que des monstres évidemment, mettent en relief les dérives communautaires. Ça vaut pour la mafia (cf Donnie Brasco), la CIA (cf Raison d’état), les Nazis (cf Inglourious Basterds), les Zombies (cf Je suis une Légende), les Jeunes (cf Projet X), les vieux (cf Amour), les moines (cf le Nom de la Rose), les Cathos (cf Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?), les évangélistes (cf Jesus Camp), les Corses et les Barbus (cf Un Prophète), les féministes (cf Comme des Garçons), la famille (cf une Affaire de famille), une bande de potes (cf Les Petits Mouchoirs), une bande de vacanciers (cf Camping), les beaufs (cf Les Tuche), les bourgeois (cf La Grande Bouffe), les richous (cf Palais Royal!), les Bleus (cf Bleus 2018), les Noirs (cf Get out), les Marcheurs ou les Gilets Jaunes. Toutes ces communautés sont concernées.

Je fait partie d’un Nous. Ça ne doit pas empêcher d’ouvrir un peu les fenêtres de temps en temps ou de favoriser le brassage des idées. Rappelons-nous que plus on est de fous, plus on est con.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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