BARRY LYNDON

BARRY LYNDON
Stanley Kubrick, 1975

LE COMMENTAIRE

Les hommes (et les femmes) politiques travaillent dur, au quotidien, nuit et jour pour s’assurer que la terre continue de tourner. Ils font des sacrifices terribles dans l’intérêt général comme ne pas prendre de week-end, ils boivent de l’eau, ils siègent à l’Assemblée pendant des heures pour discuter de décisions difficiles qui nous garantissent des lendemains meilleurs. Leur vie est éreintante. Ils n’ont pas le temps de profiter du modeste salaire qu’ils gagnent. Les hommes (et les femmes) politiques vivent tout simplement au service des autres. C’est pour cette raison, que très occasionnellement, ils se permettent de faire des micro-siestes, en prenant soin d’éviter de ronfler. Sinon ils seraient des imposteurs.

LE PITCH

Le jeune Redmond Barry (Ryan O’Neale) quitte son Irlande natale.

LE RÉSUMÉ

Le jeune Redmond tombe amoureux de sa cousine Nora Brady (Gay Hamilton) mais celle-ci s’intéresse plutôt à l’officier Britannique John Quin (Leonard Rossiter) et à sa rente. Redmond, vexé comme un pou, le provoque en duel après lequel il se voit contraint de quitter l’Irlande. Avant de quitter l’île, il se fait dérober par le Capitaine Feeney (Arthur O’Sullivan) et ses hommes.

Il s’engage lui aussi dans l’armée. Il y rencontre le Capitaine Grogan (Godfrey Quigley) qui l’informe que contrairement à ce qu’il croit, il n’a pas tué Quin. Le duel a été maquillé de manière à ce que la famille de Barry se débarrasse de lui.

Il est envoyé en Allemagne puis déserte en partant pour la Hollande et en prenant l’identité d’un autre soldat. En chemin, il rencontre le Capitaine Potzdorf (Hardy Krüger) qui lui donne le choix entre le livrer aux Anglais ou rejoindre l’armée Prussienne. Barry retourne une nouvelle fois sa veste. Après la guerre il travaille au service du Chevalier de Balibari (Patrick Magee), un joueur invétéré, par l’intermédiaire duquel il rencontre la Comtesse de Lyndon (Marisa Berenson).

Five years in the English and Prussian army, and some considerable experience of traveling the world, had by now dispelled any of those romantic notions regarding love with which Barry commenced life. And he began to have it in mind, as so many gentlemen had done before him, to marry a woman of great fortune and condition.

Barry l’opportuniste la charme et se marie avec elle, prenant le titre de Barry Lyndon à la mort de son mari.

Barry s’installe en Angleterre et abuse de la richesse de son épouse qu’il trompe ouvertement bien qu’elle soit enceinte. Le premier fils de la Comtesse, Lord Bullingdon (Dominic Savage), désapprouve ce mariage. Barry le brutalise.  Des années plus tard, Lord Bullingdon (Leon Vitali) confronte une nouvelle fois Barry publiquement. Les deux hommes s’affrontent, ce qui vaut à Barry de perdre la plupart de ses contacts dans la haute société.

La mort de leur fils Bryan va sceller la fin du couple. La Comtesse se réfugie dans la religion et Barry dans la bouteille. Lord Bullingdon réclame un duel. Barry accepte. Il refuse néanmoins de tirer. Lord Bullingdon insiste et lui tire dans la jambe, ce qui nécessitera une amputation (à l’époque on ne s’emmerdait pas avec les blessures). Bullingdon lui propose de lui payer la rente de 500 guinées par an si Barry accepte de quitter le pays.

Barry retourne d’abord en Irlande avant de voyager à travers l’Europe et perdre son argent au jeu. Il teint sa promesse et ne retourna jamais en Angleterre.

It was in the reign of George III that the aforesaid personages lived and quarreled; good or bad, handsome or ugly, rich or poor they are all equal now.

Barry-Lyndon-Marisa-Berenson

L’EXPLICATION

Barry Lyndon c’est savoir se respecter.

Redmond Barry est un homme complètement quelconque. Issu d’une famille irlandaise, il part de très loin, avec très peu de bien. Ça n’a pas empêché certains avant lui de réussir. Barry s’imagine romantique en tombant amoureux de sa cousine alors qu’il est pathétique. Il pense avec son coeur plus qu’avec son cerveau. Il se tourne en ridicule en faisant un scandale à table en face de Quin. Il croit faire preuve de bravoure en montant sur ses grands chevaux.

If ever I should meet him again you will find out who is the best man of the two. I’ll fight him sword or pistol, captain as he is.

Il fait plutôt preuve d’immaturité. Il est tellement bête qu’il ne se rend même pas compte que les dés du duel sont pipés.

Ensuite il se fait détrousser sans opposer de résistance. Il n’impose pas le respect. Il n’a aucun talent de négociateur.

Captain Feeny, that’s all the money my mother had in the world. Mightn’t I be allowed to keep it? I’m just one step ahead of the law myself. I killed and English officer in a duel, and I’m on my way to Dublin until things cool down.

Mr. Barry, in my profession we hear many such stories. Yours is one of the most intriguing and touching I’ve heard in many weeks. Nevertheless, I’m afraid I cannot grant your request. But I’ll tell you what I will do. I’ll allow you to keep those fine pair of boots which in normal circumstances I would have for myself. The next town is only 5 miles away, and I suggest you now start walking.

Mightn’t I be allowed to keep my horse?

I should like to oblige you, but with people like us, we must be able to travel faster than our clients. Good day, young sir.

Lorsqu’il part à l’aventure, c’est pour s’engager dans l’armée. Soit.

I’m an officer and I must do my duty.

Son devoir d’officier, parlons-en: Barry n’hésitera pas à quitter l’armée en empruntant honteusement l’identité d’un mort. Barry est pitoyable. Il rate chaque chance qui se présente à lui de faire preuve d’un peu de grandeur.

Il navigue jusqu’à finir aux côtés du Chevalier de Balibari et échoue presque par chance entre les jupons de la faible Comtesse. Le Comte, bien qu’aux portes de la mort, n’a cependant rien perdu de sa lucidité.

Have you done with my Lady?

I beg your pardon?

Come, come, sir. I’m a man who would rather be known as a cuckold than a fool.

Barry n’est pas à la hauteur de la Comtesse qu’il traite comme de la tapisserie. Il est grossier, violent, volage. Lord Bullingdon a, lui, une véritable raison de demander un duel. On se vante d’avoir fait la révolution et on crache sur la noblesse. C’est un luxe qu’on s’octroie. Fut un temps où être noble ça voulait dire quelque chose. C’était plus qu’une histoire de possession. C’était une attitude. Lord Bullingdon il avait un peu de classe, un peu d’élégance, comme Villepin à New YorkVillepin à New York.

Madam! I have born as long as mortal could endure the ill-treatment of the insolent Irish upstart whom you’ve taken into your bed. It is not only the lowness of his birth and the general brutality of his manners which disgusts me, but the shameful nature of his conduct towards Your Ladyship. His brutal and ungentleman-like behavior, his open infidelity, his shameless robberies and swindling of my property, and yours. And as I cannot personally chastise this lowbred ruffian, and as I cannot bear to witness any more his treatment of you and loathe his horrible society as if it were the plague! I have decided to leave my home and never return, at least during his detested life or during my own.

Cet ultime duel, Barry ne l’honorera même pas, se présentant saoul et préférant tirer au sol. Faut bien comprendre que les duels à l’époque c’était avant tout une histoire d’honneur. Or d’honneur ou de noblesse, Barry n’en a guère. Il va donc repartir comme il est venu, sans un sou en poche, comme un gitan d’Irlandais (no offense).

La vie passe vite. Elles nous offre peu d’occasions de marquer les esprits. Barry traversera la sienne comme un lâche. Au sein de ces paysages magnifiques, il n’est rien d’autre qu’une crotte qui finira comme il a commencé.

Fate had determined that he should leave none of his race behind him, and that he should finish his life poor, lonely and childless.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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