PRINCESSE MONONOKÉ

PRINCESSE MONONOKE

Hayao Miyazaki, 1997

LE COMMENTAIRE

À vouloir décrocher les étoiles en vivant à crédit sur le dos de la planète, l’espèce humaine finira bien par atteindre le point de non-retour. Il sera alors bien temps de nous retourner vers nos amis les bêtes et de leur faire des câlins pour s’excuser. Quand elles auront des larmes de sang dans les yeux d’avoir trop souffert par notre faute, c’est qu’il sera trop tard. 30 millions d’amis ne font pas le poids face aux 700 millions de Chinois de l’époque. Aujourd’hui, ils sont 1.3 milliards.

LE PITCH

Frappé par une étrange malédiction, un jeune prince doit trouver sa princesse.

LE RÉSUMÉ

En ce temps là, l’esprit de la nature veillait sur le monde, sous la forme d’animaux gigantesques. Hommes et bêtes vivaient en harmonie. Mais les siècles passant, l’équilibre se modifia. Les rares forêts que l’homme n’avait pas saccagées furent alors protégées par des animaux immenses qui obéissaient au grand esprit de la forêt. C’était le temps des Dieux et le temps des Démons.

En voulant protéger les siens héroïquement, le Prince Ashitaka est grièvement blessé par un Dieu devenu démon. Son bras est contaminé. La maladie le ronge.

La tâche peu à peu envahira ton corps jusqu’à pénétrer même l’intérieur de tes os. Le mal te causera d’effroyables souffrances et puis tu périras.

On meurt tous un jour, qu’on soit empereur ou mendiant. Maintenant que la chamane lui a annoncé la couleur, il ne reste plus au Prince qu’à quitter sa tribu et aller au devant de son destin. Go West. Comprendre ce qui a déclenché la colère de la forêt.

En chemin, il fait escale au village des forges de Dame Eboshi, régulièrement attaqué par la louve Moro. La déesse est la mère de San, la princesse Mononoké, abandonnée par ses parents et qui a grandi parmi les loups.

J’ai vu ses parents détruire ma forêt et jeter leur fillette dans mes pattes pour mieux fuir!

Dans son village, Dame Eboshi a recueilli des anciennes prostituées et des lépreux. Pour autant, les habitants contribuent à la déforestation en exploitant les sols pour survivre. C’est pour cette raison que San veut la tuer dans une mission kamikaze.

Ashitaka sauve la vie de la jeune fille en se prenant une balle dans le corps.

Merci de votre accueil.

San lui sauve la vie en retour en l’emmenant au Dieu cerf pour qu’il le guérisse. Sa gangrene continue d’empirer cependant.

Dame Eboshi s’allie avec Jiko pour décapiter le Dieu Cerf et ramener sa tête à l’empereur. Il paraîtrait que sa tête confèrerait l’immortalité. Au lieu de cela, le corps du Dieu Cerf se transforme en un monstre qui décime la forêt toute entière.

Ashitaka et San parviennent à récupérer la tête du Dieu Cerf et à la lui restituer. La forêt retrouve des couleurs. Le Prince est guéri. San ne peut se résoudre à quitter la forêt. Ashitaka décide de s’installer non loin de là, dans le village d’à côté.

Nous serons voisins. Je viendrai souvent te voir, si tu veux bien.

Dame Eboshi promet de tout reprendre à zéro, dans le respect de la biodiversité.

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L’EXPLICATION

Princesse Mononoké, c’est mélodie, tempo, harmonie.

La vanité est le pêché préféré du Diable (cf L’associé du diable). Notre ego nous joue effectivement des tours en exerçant sur nous-mêmes une fascination morbide pour notre propre espèce. On adore se regarder le nombril. Au point que nous pensons être les meilleurs, que nous avons toujours réponse à tout, que nous sommes protégés par une bonne étoile. D’ailleurs, ne sommes nous pas seuls dans l’univers? Nous en perdons toute objectivité.

Faire notre propre auto-critique nous est pénible. Voire impossible. Et pourtant, comme faisant remarquer l’agent Smith à Morpheus, il se peut que l’humanité soit le cancer de cette planète (cf Matrix). Pourquoi pas? Quand on voit à quel point nous reproduisons, au détriment de la terre qui nous accueille… Nous sommes peut-être parfois capables du meilleur. Mais nous sommes certainement capables du pire, souvent. Notamment pour de sombres histoires de propriété privée (cf There will be blood), de petits profits (cf Zizanie) ou de jeux de pouvoir (cf Les marches du pouvoir).

C’est le propre de l’homme que de vouloir posséder tout ce qu’il y a entre ciel et terre.

Le miracle que nous croyons être n’a malheureusement pas assez de tolérance pour les autres. Pas assez de place pour tout le monde. Trop de voitures sur l’autoroute (cf La La Land). Nous avons une fâcheuse tendance à nous entre-déchirer (cf La Haine), comme si le concept de paix nous ennuyait royalement. Comme si rien ne nous excitait autant qu’une bonne vieille guerre civile (cf Les misérables). Ainsi les villageois de Dame Eboshi subissent régulièrement des attaques des samouraïs du seigneur Asano.

Tout cela n’aurait que peu d’importance si nous savions nous disputer calmement, dans l’intimité de notre chambre. À l’inverse, nous semons la pagaille dans toute la maison. En l’occurrence, c’est la nature qui paie les pots cassés de nos caprices. Et la nature, au bout d’un moment, elle en a marre. Alors elle se rebelle, non pas pour conquérir des territoires mais pour sauver ce qu’il est encore possible de sauver (cf Life).

En tuant humains, nous sauvons forêt.

Au milieu de ce clash of clans se trouvent le prince Ashitaka et la princesse Mononoké. Tous les deux font preuve d’une profonde sagesse et d’une grande détermination. À eux deux, ils peuvent préserver la planète de ces Dieux devenus Démons, et de ces humains sans scrupule qui se cachent derrière des questions de survie pour mieux justifier leurs crimes.

Ashitaka est remarquable. Alors qu’il est condamné, il part dans une quête spirituelle qui devrait lui permettre de porter sur le monde un regard sans haine. Peu importe les circonstances, il se distingue toujours par son infinie politesse.

Auriez-vous l’amabilité de nous laisser traverser votre forêt?

Il écoute sa raison.

San est tout aussi remarquable puisqu’elle a grandi parmi les loups et qu’elle n’a peur de rien. La princesse se sacrifie au nom de ce qu’elle croit être juste, profondément romantique.

Puisqu’il est aveugle, je serai ses yeux.

Elle écoute son coeur.

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Leur histoire d’amour leur permet d’aller au delà de la peur et la corruption. Ashitaka porte un discours de bon sens.

La haine ne fait qu’engendrer la haine (cf Bloody sunday).

Que peut-on répondre à ça? Pas grand chose. Il ne nous reste plus qu’à nous calmer, baisser les armes et la tête, rentrer chez nous. Commencer à réfléchir à comment vivre ensemble, dans une mouvance reggae inspirée de Jimmy Cliff et Bernard Lavilliers. C’est quand même autre chose que le monde de Zone Interdite de Bernard de la Villardière.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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