INTO THE WILD

INTO THE WILD
Sean Penn, 2007

LE COMMENTAIRE

Jean-Patrick Capdevielle chantait assez justement que quand t’es dans le désert depuis trop longtemps, tu t’demandes à qui ça sert toutes les règles un peu truquées du jeu qu’on veut t’faire jouer les yeux bandés. Des années plus tard, Eddie Vedder lui a réglé son compte en chantant qu’être à genoux, c’est pas être libre. Point. Efficace. Ce jour là, c’est tout le courant néo-romantique de la chanson française qui s’est pris une sérieuse mise à niveau. La France ne gagne plus l’Eurovision depuis 1978 et elle s’étonne.

LE PITCH

Christopher McCandless (Emile Hirsch) plaque tout pour mieux partir à l’aventure.

LE RÉSUMÉ

Jeune diplômé, Christopher brûle ses papiers, sa carte de crédit et décide de faire don de ses économies à Oxfam. Il se met en route pour le Sud des États-Unis sans prévenir ni sa sœur (Jena Malone), ni ses parents. Il abandonne sa voiture quelque part en Arizona puis se met à vagabonder.

En Californie, il rencontre un couple de hippies sur le retour. Dans le Dakota il travaille dans une ferme jusqu’à ce que le gérant (Vince Vaughn) ne se fasse arrêter pour malversations. Il descend le long du Colorado pour arriver au Mexique. De retour aux États-Unis, il retrouve le couple de hippies puis tombe sous le charme de Tracy (Kristen Stewart) qu’il rejette cependant du fait de son jeune âge. McCandless va ensuite faire la rencontre de Franz (Hal Holbrook), un jeune retraité avec qui il sympathise. Au point que Franz lui propose de l’adopter. Ce à quoi McCandless répond qu’ils régleront ça à son retour d’Alaska, brisant au passage le cœur du vieil homme.

Une fois en Alaska, il trouve refuge dans un bus abandonné. C’est une fois seul et éloigné de tout qu’il réalise que la vie est en fait plus intéressante quand on la partage.

Happiness only real when shared.

Il aimerait retourner vers la civilisation. Il n’est plus en mesure de le faire. Le printemps est là. La rivière qu’il a enjambée facilement l’hiver dernier s’est transformée en un torrent infranchissable. Le voilà prisonnier de son bus, il est réduit à manger des racines.

Malgré toute sa science, il se trompe de plante et s’empoisonne. Deux trappeurs retrouveront son corps deux semaines plus tard.

intothewild

L’EXPLICATION

Into the Wild c’est une leçon.

Le philosophe Saez avait parfaitement compris la nature de la jeunesse, conne. La jeunesse est pauvre et résignée, se gavant de télé-réalité made in TF1. Quand la jeunesse n’est pas riche et blasée, dépensant le fric des parents par les fenêtres. La jeunesse est insaisissable. Elle est pleine de rêves. Elle veut niquer le système. Elle se plaint. Elle provoque. Elle a besoin d’attention. Elle n’aime pas qu’on lui fasse la leçon, mais elle a aussi besoin de se prendre des murs de temps en temps. À ce titre, McCandless n’est qu’un jeune parmi d’autres.

Éperdu de liberté, il n’arrive pas à se satisfaire du futur pourtant pas si pourri que ses bonnes notes lui permettent d’entrevoir.

I think careers are a 20th century’s invention and I don’t want one.

Sa hantise est de se retrouver bloqué comme ses parents malheureux qui font au jour le jour, qui n’aiment pas leur travail et surtout qui ne s’aiment plus tout court. McCandless ne s’imagine pas en prisonnier de sa propre vie. Impossible. Il a plus d’ambition pour lui-même. Il est un chien fou, à l’image de ces jeunes labradors qui courent la langue pendue en recherche de sens et de vérité dans la forêt.

Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness… give me truth.

Certes il impressionne avec son air convaincu. Il semble articuler parfaitement sa réflexion, comme ces élèves de terminale qui semblent avoir trouvé leur élément en cours de philosophie. McCandless sait argumenter dans un débat où n’importe quel autre jeune se contenterait sûrement de geindre sans être capable de préciser ce qu’il veut. McCandless veut la vérité. La vérité c’est qu’il ne sait pas plus qu’un autre ce qu’il va trouver dans son odyssée. Il donne l’impression de maîtriser. En fait il ne maîtrise pas un cachou. Il n’est donc rien d’autre qu’un jeune con de plus, perdu dans un océan de bêtise, en quête d’infini.

Personne ne peut lui reprocher son besoin d’aventure. Le contraire serait surprenant. Le fait qu’il prenne le risque de se couper de tout lui donne même une dimension romanesque. Il vit la belle vie comme la chantait Sacha Distel, sans souci, sans problème. Il est seul. Il est libre. C’est super.

The core of man’s spirit comes from new experiences.

McCandless le romantique devient vite McCandless le trou du cul. Car comme bien des jeunes de son âge, il est profondément égoïste. Il part sur un coup de tête sans avertir personne, comme si sa famille ne comptait pas. Comme s’il ne permettait pas à ses parents ou sa sœur de se faire du souci pour lui. Il décide pour les autres. Il fait la leçon à tout le monde, sans s’en rendre compte, trop occupé à profiter de sa vie alors qu’il est en train de passer à côté, sans s’en rendre compte non plus. C’est le problème de la jeunesse, elle ne se rend compte de rien.

Alex Supertramp (tel qu’il se rebaptise lui-même) pêche par orgueil. Il n’a peur de rien et se croit increvable. Disciple de Thoreau, il veut sucer la moelle de la vie. Contrairement à la mise en garde du Professeur Keating, il finit par en avaler l’os, et de travers. Il réalise enfin que Charles Aznavour avait raison depuis le début. Il ne peut plus revenir en arrière et éviter la punition qui l’attend. Il va se prendre le mur en pleine tronche.

Into the Wild rappelle à tous les imbéciles que la vérité ne se trouve pas en dehors du monde mais bien dans le monde. C’est quelque chose qu’on comprend, avec les années. Into the Wild dénonce cette génération d’impatients qui confond vitesse et précipitation en voulant tout tout de suite, sans finalement se donner le temps de rien. Au lieu de regretter McCandless et de l’admirer pour son courage, remercions le pour sa connerie et sachons nous inspirer de son erreur pour ne pas la reproduire.

Into the Wild est une leçon d’humilité. Le monde est sauvage et à la fin il gagne. Personne n’est plus grand que le monde. Sa menace n’est pas là où on l’attend. McCandless a descendu des rapides. Il est revenu vivant du Mexique. Il s’est fait tabasser par la police ferroviaire. Il a escaladé une montagne. Il a vu l’ours! Il meurt à cause d’une petite baie.

De ce point de vue, on est en droit de dire que McCandless est un peu candide.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

13 commentaires

  • Votre critique est complètement Hors Sujet et ne correspond absolument pas au but rechercher par l’auteur ..
    Une critique comme celle-ci avec un esprit aussi fermé ne devrait pas se retrouver sur un blog de critique de film.
    Cordialement,

    • Merci pour votre commentaire Steven. Je me permets de vous rappeler le but de la démarche : il ne s’agit ni de faire une critique du film, ni d’identifier le but recherché par l’auteur mais plutot de se questionner sur le sens que VOUS donnez à cette narration. Vous avez le droit de ne pas etre d’accord et de trouver cette explication ridicule. Il aurait ete cependant plus interessant que vous donniez votre propre explication… bien à vous.

      • Il n’empêche que en tant que « critique cinématographique », vous êtes normalement censé garder un certain degrés de neutralité vis à vis de vos convictions. Et quand on vois ce genre de post, que l’on soit d’accord ou non et surtout face à ce genre de chef-d’oeuvre, ça parait vraiment basique comme réflexion et assez vieillotte.
        Cordialement..

      • Steven, il ne s’agit pas d’une critique cinématographique et le but n’est pas de garder une neutralité. Je vous remercierais encore davantage de partager votre interpretation.

    • Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer la vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ça n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu : et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? », et bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi…

      • Débrouille toi pour que ces pierres n’arrivent jamais au chantier. Pas d’pierre, pas d’construction. Pas d’construction, pas d’palais. Pas d’palais… pas d’palais.

      • On t’a reconnu Steven.

      • Merci Pierrick pour ce commentaire Edouard Baeresque.

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