IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN

Steven Spielberg, 1998

LE COMMENTAIRE

La guerre, ça a longtemps fait rêver. Revenir en héros pour avoir sauvé sa patrie était un accomplissement plus noble que de faire honneur à la République en gagnant une coupe du monde de football (cf Les Bleus 2018). Et puis on a découvert que ceux qui revenaient du front était amochés (cf Au revoir là-haut), traumatisés (cf The Master), voire carrément inaptes à réintégrer la société (cf Brothers). Et puis surtout on a réalisé aussi que pour une poignée de garçons qui reviennent, beaucoup avaient fini en sang sur la plage.

LE PITCH

Des soldats Américains se lancent dans une mission de sauvetage.

LE RÉSUMÉ

Un vétéran de la 2e Guerre Mondiale a un moment d’émotion au cimetière américain de Normandie. Il se rappelle…

Le 6 juin 1944, les soldats alliés débarquent sur Omaha Beach. Le soldat Ryan, S. meurt lors de l’assaut. Il est le troisième de la fratrie à perdre la vie. Le quatrième, James Ryan (Matt Damon), se trouve quelque part en Normandie avec la 101st Airborne Division.

Trois jours après le D-day, le Capitaine Miller (Tom Hanks) reçoit l’ordre de son état major de retrouver James et de le ramener à la maison, coûte que coûte. Il monte une équipe de sept soldats :

  • Horvath (Tom Sizemore)
  • Reiben (Edward Burns)
  • Caparzo (Vin Diesel)
  • Mellish (Adam Goldberg)
  • Jackson (Barry Pepper)
  • Irwin Wade (Giovanni Ribisi)
  • Upham (Jeremy Davies)

Reiben fait preuve de scepticisme. Miller tente de le motiver.

I got a bad feeling about this one.

When was the last time you felt good about anything?

Les hommes progressent en pleine débâcle Allemande avec l’impression de devoir retrouver une aiguille dans une botte de foin. La mort de Caparzo sème le doute dans les esprits. À quoi bon risquer sa vie pour un seul homme dont on ne sait même pas s’il est encore vivant? Reiben fait part de son intention de déserter et se confronte à Horvath. Le commandement de Miller est contesté mais il tient bon.

Ryan se trouve dans le village de Ramelle où il essaie de défendre une position stratégique face à l’ennemi. Très touché par cette équipe de secouristes venus exprès pour lui, il ne veut cependant pas abandonner sa mission.

It doesn’t make any sense, sir. Why? Why do I deserve to go? Why not any of these guys? They all fought just as hard as me. Hell, these guys deserve to go home as much as I do. 

Is that what I’m supposed to tell your mother when she gets another folded American flag?

You can tell her that when you found me, I was with the only brothers I had left. And that there was no way I was deserting them. I think she’d understand that.

Les soldats s’agacent du comportement de Ryan puis finissent par le respecter pour son courage.

I don’t know. Part of me thinks the kid’s right. He asks what he’s done to deserve this. He wants to stay here, fine. Let’s leave him and go home. But then another part of me thinks, what if by some miracle we stay, then actually make it out of here. Someday we might look back on this and decide that saving Private Ryan was the one decent thing we were able to pull out of this whole godawful, shitty mess. Like you said, Captain, maybe we do that, we all earn the right to go home.

Tous ensemble ils vont lutter contre une division de Panzer. Mellish et Horvath sont tués. Upham est littéralement paralysé par l’action. Un P-51 Mustang survole la zone et neutralise le tank allemand. Reiben et Ryan assiste aux derniers souffles de Miller :

James… earn this. Earn it.

Des années plus tard, ce vétéran est le soldat Ryan venu rendre un dernier hommage au capitaine qui lui a sauvé la vie.

L’EXPLICATION

Il faut sauver le soldat Ryan, c’est en valoir la peine.

Il arrive des moments où le monde marche sur la tête.

The world has taken a turn for the surreal.

Le monde marche sur la tête quand des hommes massacrent d’autres hommes sous prétexte qu’ils habitent leur espace vital. Quand des hommes déportent d’autres hommes à cause de leur religion (cf La Liste de Schindler). Le monde marche aussi sur la tête quand des hommes gagnent des millions pour jouer avec un ballon ou quand des traders empochent des fortunes en spéculant (cf The Wolf of Wall Street, The Big Short) alors que d’autres, nombreux, n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois.

Dans ces moments de n’importe quoi, on se dit qu’on n’a rien à faire ici.

I’m a schoolteacher. I teach English composition… in this little town called Adley, Pennsylvania. The last eleven years, I’ve been at Thomas Alva Edison High School. I was a coach of the baseball team in the springtime. Back home, I tell people what I do for a living and they think well, now that figures. But over here, it’s a big, a big mystery. 

Dans ces moments de profond désarroi, on ne peut pas s’empêcher de citer le questionnement des philosophes Sébastien Lorca et Sonia Lacen : ‘à quoi bon?’

Dans ces moments d’angoisse, on cherche à se convaincre qu’on sert à quelque chose. On rationalise. Miller joue au Compte est Bon.

You see, when… when you end up killing one of your men, you see, you tell yourself it happened so you could save the lives of two or three or ten others. Maybe a hundred others. Do you know how many men I’ve lost under my command?

How many?

Ninety-four. But that means I’ve saved the lives of ten times that many, doesn’t it? Maybe even 20, right? Twenty times as many? And that’s how simple it is. That’s how you… that’s how you rationalize making the choice between the mission and the man.

Dans ces moments, on peut se rattacher à l’Ancien Monde qui n’était pas si pourri que cela. S’inspirer de personnalités inspirantes comme Abraham (cf Lincoln) ou comme Dax (cf Les Sentiers de la Gloire). Certains n’ont pas baissé les bras et ont essayé de trouver du sens là où il ne semblait plus y en avoir.

« Dear Madam: I have been shown in the files of the War Department a statement of the Adjutant-General of Massachusetts that you are the mother of five sons who have died gloriously on the field of battle. I feel how weak and fruitless must be any words of mine which should attempt to beguile you from the grief of a loss so overwhelming. But I cannot refrain from tendering to you the consolation that may be found in the thanks of the Republic they died to save. I pray that our heavenly Father may assuage the anguish of your bereavement, and leave you only the cherished memory of the loved and lost, and the solemn pride that must be yours to have laid so costly a sacrifice upon the altar of freedom. Yours very sincerely and respectfully, Abraham Lincoln. »

Nous sommes tous des soldats. Ryan peut devenir notre raison d’avancer. Plus besoin de chercher à sauver le monde libre, juste un homme.

He better be worth it.

Ça parait rien et ça change tout (cf Biutiful). Comme le dit Miller : sauver un homme peut en sauver des centaines d’autres. Alors que nous montons au front tous les jours, en essayant de gagner notre croute et rentrer chez soi vivant, nous pouvons reconsidérer nos soucis, regarder autour de nous et nous demander qui pourrait être notre soldat Ryan.

Quand les valeurs s’effondrent autour de nous, il est de notre responsabilité de faire preuve d’encore plus de courage, de détermination et d’altruisme. Nous en sommes capables.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

2 commentaires

  • Le film est devenu culte au point où le titre est devenu une expression à part entière. C’est comme Black Hawk Down (Ridley Scott) qui a donné une dimension extraordinaire au fameux MH-60. Je suis pas sûr qu’il y’ait un autre hélicop qui dispose de cet aura là.

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