LA GUERRE DES MONDES
Steven Spielberg, 2005
LE COMMENTAIRE
Ce n’est pas tous les jours dimanche. Ce qui veut dire que la lumière laisse parfois la place aux ténèbres (cf L’Étau de Munich). Lorsque le contexte se complique, les plus téméraires prennent souvent leurs jambes à leurs cous (cf Courage fuyons!). Pour les autres, il s’agira de garder son sang froid.
LE PITCH
Des Tripods extra-terrestres sortent de sous terre pour faire le ménage.
LE RÉSUMÉ
Ray Ferrier (Tom Cruise) travaille sur les docks à Brooklyn et mène une vie de divorcé pépère du côté du New Jersey. Son ex-femme Mary Ann (Miranda Otto) part chez ses parents à Boston pour le week-end et dépose Rachel (Dakota Fanning) et Robbie (Justin Chatwin) en chemin.
Ray joue son rôle de père cinq minutes avant d’aller faire la sieste. À son réveil, des éclairs frappent brutalement New York et créent un black out.
Ray ignore que des machines extra-terrestres ont été planquées sous la croute terrestre depuis des années, impatientes de pouvoir en sortir pour conquérir la planète.
No one would have believed in the early years of the 21st century that our world was being watched by intelligences greater than our own (…) They observed and studied, the way a man with a microscope might scrutinize the creatures that swarm and multiply in a drop of water. (…) Across the gulf of space, intellects vast and cool and unsympathetic regarded our planet with envious eyes and slowly, and surely, drew their plans against us.
Comme des centaines de personnes, Ray observe de gigantesques Tripods sortir du sol avant de pulvériser les gens aux alentours. Dans la panique, il réussit à s’enfuir. Il emmène Rachel et Robbie avec lui, direction Boston, pour retrouver Mary Ann.
Les Tripods sèment la terreur dans d’autres villes du globe. La menace est planétaire.
Don’t you get it? We’re under attack!
Excité par le passage des troupes, Robbie décide de rejoindre les Marines.
If we had any balls we’d go back there, find one of those things and kill it.
Ray le laisse partir pour protéger Rachel. Tous les deux trouvent refuge dans la cave de Harlan Ogilvy (Tim Robbins), un homme plutôt sombre.
Rachel, I want you to know, that if anything happens to your daddy, I’ll take care of you.
Ray le tue pour protéger sa fille mais ne peut empêcher un Tripod de la capturer. Il se sacrifie pour la rejoindre dans la cage où les prisonniers se sont happés un par un par l’anus du tripod avant d’être vaporisés en spray sanglant. Ray parvient à faire sauter le caisson d’un extra-terrestre à coup de grenades.
Ces machines extra-terrestres n’étaient apparemment pas si infaillibles. Il s’avère que leur bouclier de sécurité résiste aux missiles mais pas aux bactéries. Très vite, la belle mécanique destructrice des tripods s’enraye. L’humanité est passée tout près de la banqueroute mais triomphe encore.
From the moment the invaders arrived, breathed our air, ate and drank, they were doomed. They were undone, destroyed, after all of man’s weapons and devices had failed, by the tiniest creatures that God in his wisdom put upon this earth. By the toll of a billion deaths, man had earned his immunity, his right to survive among this planet’s infinite organisms. And that right is ours against all challenges. For neither do men live nor die in vain.
C’est le temps des retrouvailles. Ray n’a jamais été aussi content de revoir ses beaux-parents (cf Mon Beau-Père et Moi).
L’EXPLICATION
La Guerre des Mondes, c’est perdre la raison face à l’horreur.
Après les Croisades, les Guerres Mondiales et froides, l’humanité fait face à un conflit d’un nouveau genre : la guerre dite terroriste. Elle se déroule sur son sol. Ses racines y sont enfouies depuis des années. Une menace inacceptable qui vient de l’intérieur.
Trop aveuglée par elle-même, l’humanité n’a rien remarqué. Malgré les fouilles archéologiques, les metros souterrains et les forages dans les mines de gaz de schiste (cf Promised Land), personne n’a pas été capable de réaliser qu’il y avait des robots de plus de dizaines de mètres enfouis au sous sol.
La menace est donc littéralement invisible bien que sous notre nez. Comme si nous avions besoin d’une raison de plus pour prendre conscience de notre bêtise.
Cette bêtise est d’ailleurs transmise de père en fils. Ray est un imbécile. Bon petit soldat du libéralisme qui joue à Tetris avec des containers. Il conduit n’importe comment. Son frigo est vide. Cet homme est très certainement responsable de son divorce. Il vit dans l’à-peu-près et se satisfait des plaisirs simples de la vie faits de base-ball, de beurre de cacahuètes sur une tartine et de bière fraîche.
Les approximations de Ray donnent naissance à Robbie, rebelle sans cause, va-t-en guerre complètement demeuré. Robbie est GI Joe avec un QI en dessous de 90.
What is it? Is it terrorists?
These came from some place else.
What do you mean, like, Europe?
La casquette vissée sur la tête, prêt à défendre son pays sans formation militaire. Sans savoir encore ce qu’est le combat (cf Full Metal Jacket). Ces deux là ne sont clairement pas de taille pour affronter la fin du monde. Ils ne sont pas prêts.
Lorsque tout bascule et que Ray se retrouve le visage couvert de cendres, il comprend ce que le destin lui réserve. Comme son esprit ne peut tout simplement pas composer avec cette réalité macabre, il va se faire un autre film (cf Memento).
Ray met en place un scénario proche des mythes de super héros dans lesquels il a grandi. Alors que tout est perdu, il s’imagine qu’il va sauver l’humanité.
Les Tripods a priori invincibles vont montrer leur faille. Comme s’ils n’étaient rien d’autre que de vulgaires blattes. Semant la panique puis se dégonflant au premier changement de saison.
Ray devient alors le survivant courageux qui protège sa fille, et qui laisse son fils vivre sa crise d’adolescence. Dans un monde ensanglanté, il garde la tête haute jusqu’au triomphe final. Parce que l’espèce humaine s’en sort comme toujours, sans avoir à rien faire ou presque. L’espèce humaine ne peut pas ne pas s’en sortir.
Ray est soulagé de retrouver son ex-femme, son nouveau compagnons et ses beaux parents. Tout rentre dans l’ordre. Le pays va pouvoir reconstruire.
N’importe quoi.
Une histoire farfelue, dans la tête de Ray, qui a le mérite de l’empêcher de voir ce qui se passe vraiment (cf Requiem pour un Massacre).


Après les croisades et les guerres mondiales. Lol.