BOOGIE NIGHTS

BOOGIE NIGHTS
Paul Thomas Anderson, 1997

LE COMMENTAIRE

Instagram et Snapchat n’ont strictement rien inventé. Nous avons toujours eu une passion pour la photographie (cf One Hour Photo) parce que nous sommes des êtres narcissiques par nature. Instagram nous permet simplement de partager nos selfies avec la terre entière, s’ils intéressent quelqu’un. Quant à Snapchat, ce réseau social s’est positionné sur l’éphémère en profitant de notre déficit de mémoire à court terme (cf Memento), ainsi que notre goût pour les filtres un peu débiles et les lunettes kitsch.

LE PITCH

Un homme tente de s’élever dans la société tel un pénis.

LE RÉSUMÉ

Eddie Adams (Mark Whalberg) travaille dans le monde de la nuit (cf Nightcrawler) dans un club Californien. Son paquet avantageux lui vaut de se faire repérer par le producteur porno Jack Horner (Burt Reynolds) qui lui fait passer une audition avec Rollergirl (Heather Graham). Sa belle gueule, son aisance face à la caméra et son gros sexe font de lui le Kylian MBappé du porno des années 70. Eddie devient Dirk Diggler.

Il enchaîne les succès avec le personnage de Brock Landers et accumule les récompenses, se faisant de nombreux amis dans le milieu dont Amber Waves (Julianne Moore) et Reed Rothchild (John C. Reilly). La gloire lui monte un peu à la tête. Les années 80 vont virer au cauchemar (cf Requiem for a Dream). Le soir de la Saint Sylvestre, le technicien Little Bill (William H. Macy) assassine sa femme puis se suicide. Il ne supportait plus de voir sa compagne se faire sauter par tout le monde. La descente aux enfers peut commencer…

Dirk et Reed abusent un peu trop de la cocaïne, ce qui a des effets néfastes sur leur excitation.

I can’t. I just can’t get it hard. I just can’t. I’m sorry.

Dirk s’agace. Il s’embrouille avec un autre acteur qui lui fait de l’ombre et se fait virer par Jack. Qu’importe. Il se reconvertit dans la musique comme Joaquin Phoenix (cf I’m Still Here), sans succès.

De son côté, Jack est contraint de se mettre à la VHS après que son producteur (Robert Ridgely) tombe pour pédopornographie. Il monte des projets peu glorieux dans lesquels Rollergirl se sent salie.

You don’t ever disrespect me!

Amber Waves perd la garde de son enfant à cause de son passé dans le X. Dirk plonge dans la drogue, au point de devoir se prostituer. Reed et lui se retrouvent impliqués dans une sale histoire avec un dealer et s’en sortent miraculeusement.

Seul Buck Swope (Don Cheadle) profitera d’un coup du sort pour lancer son business. Amber se reconvertit dans la publicité. Reed fait des tours de magie dans des strip clubs. Rollergirl est retournée à l’école. Tandis que Dirk et Jack se réconcilient. Brock Landers reprend du service.

I’ve been around this block twice now. Looking for something. A clue. I’ve been looking for clues and something led me back here. Yeah. So here I am. It could have been me, the one who was at Ringo’s place when the shit went down. Hey. I know how it is. I’ve been there. We’ve all done bad things. We’ve all had those guilty feelings in our heart. I’m going to take your brain out of your head and wash it and scrub it and make it clean. I don’t know. But I’m going to have to settle this. First we’re going to check the hole and see what we can find. We’re going to get nice and wet, and you’re going to spread your legs. Oh, that’s good. So you know me. You know my reputation. Thirteen inches of tough load, I don’t treat you gently. That’s right. I’m Brock Landers. So I’m going to be nice. So I’m going to be nice. So I’m going to be nice, I’m going to ask you one more time. Where the fuck is Ringo? I am a star. I’m a star, I’m a star, I’m a star. I am a big, bright, shining star. That’s right.

0_kGsNVSZo0uhfq-MM

L’EXPLICATION

Boogie Nights c’est la nuit des étoiles filantes.

Quand Eddie devient Dirk, il bascule dans un monde factice où tout semble facile.

I like simple pleasures, like butter in my ass, lollipops in my mouth. 

La taille de son sexe digne de Rocco lui fait croire que cette industrie ne réclame pas plus de travail qu’une autre. C’est sa première erreur. Il confond la réalité et la fiction d’un environnement qui fait semblant en permanence (cf Il n’y a pas de rapport sexuel) : semblant de jouir alors qu’il faut avoir des orgasmes sur commande, semblant de se donner à l’autre comme si on était des objets alors qu’on ne peut pas s’affranchir de ses sentiments. Amber a d’ailleurs du mal à cacher son affection pour Dick.

I want you to come in me.

Semblant qu’on puisse être heureux dans ce paradis orgiaque alors qu’on atteint immanquablement ses limites, à l’image de Little Bill qui est le premier à dévisser.

My wife has an ass in her cock in the drive way, all right? I’m sorry if my thoughts are not on the photography of the film we’re shooting tomorrow.

Dirk sort de son rêve lui-aussi au moment où il se retrouve au sommet.

What can you expect when you’re on top? You know? It’s like Napoleon. When he was the king, you know, people were just constantly trying to conquer him, you know, in the Roman Empire. So, it’s history repeating itself all over again.

C’est là qu’il commet toutes les erreurs. Il succombe d’abord aux tentations et devient dépendant à la drogue, ce qui va le conduire à perdre toute dignité. La drogue le prive également de son talent en lui coupant ses envies. Dirk s’isole, notamment de Jack, sciant la branche sur laquelle il était assis. Il essaie de se renouveler mais se plante car il n’a pas de cadre. Il part dans tous les sens, sous le coup de l’euphorie, persuadé d’être capable de tout faire, un délire quasiment Jupitérien.

You don’t know what I can do! You don’t know what I can do, what I’m gonna do, or what I’m gonna be! I’m good! I have good things and you don’t know about! I’m gonna be something! I am! And don’t fucking tell me I’m not!

C’est là sa plus grande erreur : s’être pris pour Dieu. Il s’est vu trop beau, trop vite, trop haut et s’est brûlé les ailes comme Icare (cf Icarus). Il s’est totalement laissé aveugler par la taille de son membre, symbole tout puissant de son orgueil.

You’re not the boss of me, Jack. You’re not the king of Dirk. I’m the boss of me. I’m the king of me. I’m Dirk Diggler. I’m the star. It’s my big dick and I say when we roll.

Dirk n’est pas bigger than life. Il n’est qu’une étoile filante parmi d’autres. Il est passé tellement vite qu’on n’a même pas eu le temps de le remarquer. On n’a pas pu faire un voeu. Dirk réalise qu’une seule chose est permanente : la nuit. Il profite de la chance qu’on lui donne de pouvoir recommencer depuis la case départ et se remet au travail comme Ace Rothstein (cf Casino), humblement, sa bite à la main.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

Commentez ou partagez votre explication

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.