PSYCHOSE

PSYCHOSE

Alfred Hitchcock, 1960

LE COMMENTAIRE

Les études prouvent qu’il est important de commencer la journée du bon pied. C’est pour cette raison que les Français de souche se sont mis à table en famille, chaque matin, autour d’un bon bol de chicorée pendant tant d’années. Sans pièce rapportée. Si ça va aussi mal aujourd’hui, il faut peut-être qu’on se pose les bonnes questions. Bien commencer sa journée, c’est aussi ne pas rater sa douche. Car quel sentiment affreux de se retrouver nue dans sa baignoire, de faire l’effroyable constat que le jet d’eau est gelé et de réaliser que le cube de Tahiti est vide.

LE PITCH

Une jeune femme prend la fuite mais s’arrête dans le mauvais motel.

LE RÉSUMÉ

Marion Crane (Janet Leigh) retrouve Sam Loomis (John Gavin) dans un hôtel de Phoenix pour un petit cinq à sept comme à l’habitude. Les deux amants n’ont pas d’avenir, du fait de leur situation financière précaire. Sam paie son divorce et le job de secrétaire n’offre que trop peu de perspectives à Marion.

De retour à son bureau, elle assiste à une transaction immobilière plutôt suspecte pour un montant de $40,000 en liquide s’il vous plait. Le patron de Marion lui demande d’aller encaisser cette somme à la banque. Elle prend l’argent et la direction de Fairvale pour mener la vie de rêve (cf Scarface). Problème : son patron l’aperçoit en voiture.

Hantée par la pensée que son patron se doute de quelque chose, Marion est également pris en filature par un policier flairant l’arnaque. En pleine nuit, sous une pluie battante, elle prend un mauvais virage qui la conduit à un motel isolé (cf The Rocky Horror Picture Show). Les douze chambres sont libres, et pour cause. Norman Bates (Anthony Perkins), le gérant du motel, vit seul avec sa mère. Louche.

Il s’entretien avec Marion puis sa mère se met dans une rage folle à l’idée que Marion reste à dîner.

No! I tell you no! I won’t have you bringing some young girl in for supper! 

Décidément pas très rassurée, Marion se retire dans ses quartiers pour prendre une bonne douche bien méritée. Norman l’observe par un trou dans le mur. Puis sa mère s’approche de la baignoire, tire le rideau et poignarde la jeune fille à de nombreuses reprises façon le Zodiac.

Norman ne peut que constater les dégâts. Il est trop tard. Par conscience professionnelle, il nettoie les lieux, dépose le corps de la victime dans sa voiture qu’il conduit droit dans un marais.

Lila Crane (Vera Miles) s’aperçoit de la disparition de sa soeur et mène l’enquête en compagnie de Sam et du détective Milton Arbogast (Martin Balsam), à la recherche des $40,000. Le trio remonte jusqu’à Norman. Ils découvrent qu’il a assassiné sa mère dont il a conservé le cadavre momifié dans sa maison (cf Barracuda). Pour un taxidermiste, ça n’est pas si étonnant.

Norman, déguisé en Norma, poignarde Arbogast à mort avant d’être neutralisé par Sam.

Au poste, le psychiatre Dr Richmond (Simon Oakland) fait le point sur la situation.

He’s a transvestite!

Ah, not exactly. A man who dresses in women’s clothing in order to achieve a sexual change, or satisfaction, is a transvestite. But in Norman’s case, he was simply doing everything possible to keep alive the illusion of his mother being alive.

Il explique calmement que Norman souffre d’un trouble de la personnalité (cf Peur Primale). Dans sa cellule, le meurtrier esquisse un sourire en écoutant les conseils rassurants que lui prodigue sa mère.

It’s sad, when a mother has to speak the words that condemn her own son. But I couldn’t allow them to believe that I would commit murder. They’ll put him away now, as I should have years ago. He was always bad, and in the end he intended to tell them I killed those girls and that man… as if I could do anything but just sit and stare, like one of his stuffed birds. They know I can’t move a finger, and I won’t. I’ll just sit here and be quiet, just in case they do… suspect me. They’re probably watching me. Well, let them. Let them see what kind of a person I am. I’m not even going to swat that fly. I hope they are watching… they’ll see. They’ll see and they’ll know, and they’ll say, « Why, she wouldn’t even harm a fly… »

L’EXPLICATION

Psychose, c’est la voix de son maître.

Les femmes se plaignent régulièrement d’être les victimes des hommes, de leur violence gratuite ou de leur appétit sexuel de prédateurs – à l’image de Cécile de Volange chassée par le vilain Valmont (cf Les Liaisons Dangereuses). À l’image également de Marion qui pense que tous les hommes sont à ses trousses. C’est faux. Les femmes sont des marionnettistes. Les hommes ne sont pas autre chose que leurs pantins de bois. De pauvres diables, comme l’expliquait le poète hispanique Julio Iglesias, qu’elle mène par le bout du nez. Comme l’a très bien fait remarquer le philosophe Strasbourgeois Matthieu Tota: la femme contrôle l’homme.

Il faut donc remonter à la mère pour s’apercevoir que lorsque celle-ci est bien intentionnée, l’homme peut pleinement s’épanouir sans faire de mal à une mouche (cf 20th century women). Remarquablement éduqué, l’homme se transforme en membre productif de la société, poli et respectueux envers le sexe qu’on dit faible. Absolument bien dressé.

Lorsque la mère est mal intentionnée, l’homme peut ne pas sortir de son état sauvage. Il s’isole, mord et peut se retourner contre son maître. Dans le cas de Norman, son malheur est d’avoir grandi sous l’égide d’une mère possessive.

His mother was a clinging, demanding woman, and for years the two of them lived as if there was no one else in the world.

Il a préféré tuer sa mère plutôt qu’elle ne l’abandonne. C’eut été insupportable. Suite à la disparition de Norma, l’angoisse de Norman ne disparait cependant pas. Il vit constamment dans la peur qu’une femme le rende dépendant puis le quitte sans pré-avis. C’est pourquoi Marion, la femme qui échappe aux hommes, réveille en lui de vieux démons.

What are you running away from? (…) No one really runs away from anything. It’s like a private trap that holds us in like a prison. 

Elle n’échappera pas à Norman. Plutôt que de la voir s’en aller, il préfère la tuer. C’est simple. La souffrance disparait. Norman est seul. Pas vraiment : sa mère lui parle constamment. C’est un prisonnier volontaire, heureux (cf Vol au dessus d’un nid de coucou).

You know what I think? I think that we’re all in our private traps, clamped in them, and none of us can ever get out. I was born into mine. I don’t mind it anymore.

Il est un bon soldat, aux ordres de maman.

She might have fooled me, but she didn’t fool my mother.

On l’imagine comme un tueur psychopathe pour mieux éviter de remettre la faute sur la mère, le véritable Dr Frankenstein (cf Mary Shelley)! Norman est sa créature. Dans le fond, il n’est qu’un bon garçon, aimant.

A boy’s best friend is his mother.

Il semble que depuis Alizée Jacotey, les femmes se croient autorisées à ne plus prendre leur responsabilités. Évidemment, elles refusent d’en tirer les conséquences. Ça n’est tout simplement pas leur faute. Ah merci Lolita!

C’est comme ça que le monde court à sa perte.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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