GREENLAND : MIGRATION

GREENLAND
MIGRATION

Ric Roman Waugh, 2026

LE COMMENTAIRE

On prend souvent les choses trop à coeur. Comme si absolument tout méritait d’être considéré au premier degré : l’invasion de l’Ukraine, la guerre en Palestine, les menaces sur Taïwan, l’opération au Venezuela, les déclarations concernant le Groenland… Le monde entier panique. Du calme! Il faut prendre un peu de recul. Cette comédie ne voudra plus rien dire après l’apocalypse (cf Melancholia).

LE PITCH

Une famille américaine quitte le grand nord en direction de la Méditerranée.

LE RÉSUMÉ

Cinq ans après la collision entre la comète Clarke et la Terre (cf Greenland), un groupe de survivant·es se terrent au fond d’une base américaine du Groenland. John Garrity (Gerard Butler) brave régulièrement les radiations pour essayer de trouver des choses utiles à la communauté. Pendant que le conseil se pose la question d’accueillir d’autres survivant·es (cf Le Grand Partage).

Where are they gonna sleep? In your bed?? (…) We tell them we are not currently in a position of assistance.

Chaque jour, John retrouve sa femme Allison (Morena Baccarin) et son fils Natan (Roman Griffin Davis). Dans ces conditions anormales qui sont devenues la nouvelle norme, la famille essaie de faire passer le temps comme elle peut.

En plus de chutes régulières de fragments d’astéroïde, un mouvement de plaque tectonique change la donne en contraignant les survivant·es à fuir la base. Les rescapé·es se précipitent vers les derniers canots de sauvetage. La famille Garrity embarque à bord de l’un d’entre eux. Cap vers le sud, précisément où Clarke a frappé la Terre. Selon le Dr Amina (Amber Rose Revah), il est possible qu’une forme de vie s’y soit développée (cf Life). En tout cas, il faut l’envisager.

Grâce au génie mécanique de John, et un peu de chance, la canot vogue jusqu’à Liverpool. Dans une ambiance de fin du monde (cf Le Temps du Loup), la famille Garrity atteint Londres.

The world is a dangerous place now.

Le cratère se situe au large des côtes provençales. On ne peut pas s’arrêter en si bon chemin. Il faut continuer l’aventure.

We didn’t come all the way for this!

La traversée de la Manche se fait à pieds. De l’autre côté, Denis Laurent (William Abadie) attend John de pied ferme avec son béret, sa moustache… et une carabine. Le Français va indiquer aux Garrity un passage jusqu’au cratère. Car les Ricains vont devoir traverser une zone de guerre pour se rendre dans le sud de la France. À l’époque des drones, les tranchées reviennent en force.

From Lyon to Bern, it is impossible to get through.

L’alliance occidentale tente de protéger le cratère des forces armées de la coalition de l’Est. Encore ces salauds de Russes…

John et les siens reprennent leur route. Ils emmènent avec eux Camille Laurent (Nelia Valery Da Costa), la fille de Denis – à la demande de son père.

Les Garrity parviennent à résister à un groupe d’insurgés pour rejoindre le cratère.

La vie y reprend effectivement, comme dans un rêve – bien que la guerre fasse rage aux alentours.

John doit s’arrêter là. Les radiations ont eu raison de lui. En plus, il s’est pris une balle dans le bide.

I’m okay…

Non, John n’est pas ok. Il est cuit. Avant de mourir, il lègue ce monde pourri à son fiston en lui confiant la mission de faire mieux (cf Geostorm).

Tomorrow belongs to you.

Sympa. Merci papa pour le cadeau empoisonné (cf La Route).

L’EXPLICATION

Greenland : Migration, c’est faire le bon pari.

On ne répétera jamais assez qu’il faut voir le plus loin possible. Comme aux échecs, il faut savoir jouer avec trois ou quatre coups d’avance.

Lorsque Donald Trump affirme vouloir prendre le Groenland, on croit qu’il s’agit d’un coup géo-stratégique à court-terme pour repositionner les États-Unis face à la Russie. À moyen-terme, on pourrait se dire que Donald Trump veut anticiper un affrontement avec la Chine. Il lui faut donc plus de terres rares et de réserves d’hydrocarbures. À long terme, Donald Trump le climato-sceptique assure peut-être ses arrières au cas où la planète deviendrait invivable (cf Wall-e)? Quand le Texas sera devenu un immense barbecue, les températures devraient toujours être fraîches au Groenland.

En fait, il faudrait penser encore plus loin en considérant des scénarios improbables comme une invasion extra-terrestre (cf Mars Attacks!) ou une météorite qui viendrait perturber la météo des plages (cf Don’t Look up). Si l’on était capable de voir aussi loin, alors on ferait le bon pari. On miserait tout sur la Corse plutôt que le Groenland, même si cela parait incongru aujourd’hui.

Europe is in chaos…

Les États-Unis sont devenus la plus grande puissance mondiale non pas parce que ses habitants étaient plus intelligents que les autres, mais justement parce qu’ils avaient du flair (cf Air). Les Américain·es ont été précurseurs en faisant tomber Harvey Weinstein alors que Macron défendait Gérard Depardieu. Les États-Unis sont plus malins. Ils se débrouillent toujours pour investir sur ce qui va leur donner un avantage compétitif comme le pétrole (cf There will be Blood) ou la bombe atomique (cf Oppenheimer).

Malheureusement, il est possible qu’avec Donald Trump les États-Unis soient en train de se planter dans les grandes largeurs. Ils regardent vers le passé plutôt que de se projeter vers l’avenir. Désormais, les États-Unis ne jurent plus que par le pétrole malgré le réchauffement climatique. Ils se recroquevillent sur leurs intérêts, jusqu’à se couper du monde. America First. Ils verrouillent leurs frontières alors que les États-Unis ont été une terre d’immigration (cf Gangs of New York, le Terminal, Men in Black).

No badges, no entry.

Trump sédentarise son pays plutôt que de l’ouvrir à d’autres cultures. Il ne se rend pas compte qu’il risque d’être le fossoyeur de sa nation.

It’s not easy to live underground.

Les États-Unis pensent au Groenland alors qu’il faut voir plus loin. Les Garrity sont obligés de mettre les voiles (cf Sur la Route, Nomadland).

We need a destination.

Bien leur en prend car il faut continuer à vivre et rêver à un monde meilleur. C’est pourquoi ils entreprennent un voyage vers cette vieille Europe que Trump avait accusé de n’être plus suffisamment occidentale.

Europe is probably our best bet.

Au cour de leur périple, les Garrity reprennent espoir.

Do you believe it’s real.

I believe it’s possible!

Ils voient une Angleterre en train d’asphyxier à cause du Brexit.

London isn’t London anymore.

Ils craignent que les choses soient encore pire outre-Manche.

France is more dangerous than here.

Ce n’est pas vrai. Ils vont découvrir la France. Un pays où tout repart. On y trouve quelques franchouillards pour accueillir les touristes avec un bon petit pot-au-feu. The French Art de Vivre. Peut-on faire plus Français que Denis Laurent ? Contrairement aux idées reçues, Denis Laurent parle un anglais impeccable. La grande armée française renaît de ses cendres pour défendre le berceau de la civilisation de demain.

Un nouveau chapitre de l’humanité est en train de s’écrire… depuis la Corse. Oui madame. À quelques kilomètres près, la Sardaigne décrochait le jackpot. Mais c’est bien l’île de Beauté qui a été choisie par la providence de l’espace. Un signe. L’avenir du monde ne s’écrit pas en Chinois, mais bien dans la langue de Tino Rossi. Bordel de merde. Il y a de quoi être fier. Napoléon Bonaparte, Laetitia Casta, Alain Orsoni…

Vive la République, et vive la France!

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son AUTEUR.

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