WORKING GIRL

WORKING GIRL
Mike Nichols, 1988

LE COMMENTAIRE

Les femmes se sont énormément battues lors de la fin du siècle dernier pour arriver où elles en sont aujourd’hui. Le combat n’a pas été de tout repos et de nombreuses féministes sont tombées sur le champs de bataille de la parité. L’avancée a été cependant considérable: permis de conduire, droit de vote, contraception, avortement, reconnaissance du caractère sexiste des crimes et délits par la loi, Claire Chazal, Claire Voisin, Claire Nadeau… La lutte est pourtant loin d’être finie (cf 10 Cloverfield Lane): il est temps aujourd’hui de parler de pognon et d’égalité salariale! La statue de la liberté semble encore bien floue.

LE PITCH

La jeune Tess McGill (Melanie Griffith) débarque toute fraîche de Staten Island.

LE RÉSUMÉ

Diplômée des cours du soir, Tess arrive dans la jungle de Wall Street sans style mais avec beaucoup d’ambition. Elle doit composer avec le mépris de ses collègues ou leurs avances.

I’m hungry but I’m not that hungry.

Tess a la chance d’être réassignée et devient la secrétaire de Katherine Parker (Sigourney Weaver). Elle se trouve d’abord soutenue par sa nouvelle mentor.

I consider us as a team Tess.

En effet, Katherine n’hésite pas à s’approprier en douce les idées de son assistante. Lorsque Katherine se casse la jambe au ski, Tess découvre la mascarade. Le soir même, elle découvre aussi que son mec (Alec Baldwin) est en train de la tromper.

Tess it’s not what it looks like… I mean it is what it looks like but I can explain. Well, not exactly explain…

Tess mérite mieux. Les choses doivent changer: nouvelle coupe de cheveux, nouveau tailleur, nouvelle attitude. Tess profite de l’absence de Katherine pour contacter Jack Trainer (Harrison Ford) en son nom. La veille, Tess se fait draguer sans le savoir par Trainer. Elle passe la nuit avec lui – en tout bien tout honneur. Quelle ne sera pas sa surprise de le revoir en réunion le lendemain matin. Tess assure néanmoins.

La relation professionnelle entre Tess et Trainer est fructueuse. Ils vont devenir amants. Le problème c’est que Trainer est l’ex de Katherine. Quand celle-ci revient aux affaires, elle est bien décidé à reprendre les rennes. Elle va piquer une belle colère quand elle va découvrir que Tess lui a piqué son mec et son client.

Virée sur la champs, Tess part néanmoins la tête haute. Aux ascenseurs, elles tombent par hasard sur Trainer, Katherine et Trask (Philip Bosco). Soutenue par Trainer, Tess a l’occasion de prouver à Trask qu’elle est, paradoxalement, l’homme de la situation.

I’m telling you she’s your man.

Impressionné, Trask lui propose un job dans la foulée. Tess a pris sa revanche sur Katherine et peut commencer une nouvelle vie avec Trainer.

Elle a désormais son propre bureau et son assistante à elle rien qu’à elle. Elle ne compte d’ailleurs pas lui infliger le traitement qu’elle a personnellement subi pendant trop longtemps.

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L’EXPLICATION

Working Girl c’est le rêve américaine.

Tess part de très loin. Elle n’est pas de la ville. Elle est issue de la classe ouvrière, avec le manque de style et le mec raté qui vont avec. Elle s’est gagné un diplôme qui lui permet tout juste de se frayer une petite place à Wall Street, tout en bas de l’échelle. Elle est donc la personne dont l’Amérique raffole, cette Amérique où tout peut arriver pour peu qu’on travaille dur.

Elle débarque comme un mouton parmi les loups. C’est un milieu d’hommes sans scrupule, où les femmes sont reléguées au second plan à moins qu’elles ne deviennent comme les autres. Katherine montre qu’une femme peut faire jeu égal avec les hommes, y compris dans la bassesse puisqu’elle n’hésite pas à profiter du génie de son assistante pour tirer la couverture à elle.

Tess est seule dans un monde hyper concurrentiel où la solidarité féminine n’existe pas. Elle accepte le jeu de la concurrence à la différence de ses collègues féminines qui ont peur d’elle et tentent de la ridiculiser à la moindre occasion.

You never know where the big ideas can come from.

I guess you’re right. If dumplings can be considered a big idea.

Dans ce monde de brutes, il va falloir que Tess élève son niveau de jeu comme on dit au football (cf Robert Pires). Elle va devoir transgresser certaines règles pour y arriver. Dans sa position, elle n’a pas d’autre choix. Sans piston et ne faisant partie d’aucun cercle, elle est obligée de mentir sinon personne ne l’aurait repérée.

You can bend the rules plenty once you get to the top, but not while you’re trying to get there. And if you’re someone like me, you can’t get there without bending the rules.

Elle se fait passer pour sa boss, organise une réunion avec « le client ». Elle doit faire ses preuves. En somme, elle se créée sa propre chance, selon les mots de Caledon Hockley. Elle prend l’initiative et ça va lui sourire parce que c’est l’Amérique. C’est comme ça que ça marche. Tess est Penny dans Mad Men. Elle y arrive par son talent et pas autre chose. Elle y arrive parce qu’elle le mérite.

Tess va aussi faire la différence en montrant qu’une femme peut y arriver tout en gardant son style. Elle ne se perd pas en chemin. Elle reste femme, c’est à dire douce, à l’écoute et dans la proposition plutôt que dans l’agression. Tout le contraire des alpha men de l’entreprise ou de Katherine qui a réussi en empruntant les méthodes autoritaires des hommes. Tess ne hausse jamais la voix, même si elle sait durcir le ton quand la situation l’exige.

Don’t ever speak to me again like we don’t know what really happened.

Contrairement à Katherine, elle ne méprise pas sa nouvelle assistante. Elle n’est pas condescendante. Elle ne cherche pas à profiter des autres. Elle n’est pas revancharde. Tess observe Katherine et s’inspire d’elle.

Watch me Tess. Learn from me.

Elle ne fait jamais l’erreur de devenir Katherine. C’est sa fraîcheur et son audace qui impressionnent Trainer.

You’re the first woman I’ve seen at one of these things that dresses like a woman, not like a woman thinks a man would dress if he was a woman.

C’est sa détermination et son intégrité qui vont capturer l’attention de Trask.

Tess est la conjugaison au féminin de la réussite à l’américaine. Elle est celle par qui le futur devient possible, celle qui inspire confiance, celle qui élève. Elle est la véritable Wonder Woman. Elle est la Super Nana de Michel Jonasz.

LE TRAILER

 

Cette explication n’engage que son auteur.

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