MOTHER!

MOTHER!

Darren Aronofsky, 2017

LE COMMENTAIRE

Quand on se tient un peu au courant de ce que les femmes se prennent dans la tronche au quotidien. Et quand on connait le nombre des féminicides encore chaque années. On évite vraiment de faire des blagues sur les femmes aux yeux au beurre noir.

LE PITCH

Une jeune femme se retrouve en cloque.

LE RÉSUMÉ

Une jeune femme (Jennifer Lawrence) se réveille un beau matin après avoir cauchemardé que sa maison entière avait brûlé. Elle partage la vie d’un poète (Javier Bardem). Leur tranquillité est d’abord interrompue par l’arrivée inattendue d’un homme (Ed Harris) qui se dit être un fan de l’auteur. Il multiplie les commentaires désobligeants envers elle.

So you’re not just a pretty face…

Cet homme fume dans la maison – bien que ça ne soit pas permis. Boit. Vomit. Puis il invite sa femme (Michelle Pfeiffer) et ses problèmes. Tout le monde laisse la femme faire le ménage.

Le poète revient accompagné d’une cohorte d’inconnus. La femme ne se sent plus chez elle et demande poliment à tout le monde de partir.

It’s time to get the fuck out of my house!

Elle se dispute avec son amoureux, lui reprochant de la négliger. Le lendemain matin, la femme se retrouve enceinte. La vie est belle. Le poète retrouve l’inspiration qu’il avait perdue. Le ventre de la femme gonfle à vue d’oeil. Les traces de sang sur le plancher ont disparu. L’auteur a fini son oeuvre. Happé par le succès et par la presse. De nouveaux inconnus s’invitent toujours plus nombreux. La femme voit l’homme s’éloigner une nouvelle fois.

Sa maison est assiégée. Les gens vont et viennent comme dans un hall de gare. Ils en profitent pour voler des choses. Tiennent des propos déplacés.

You’re an arrogant cunt!

C’est la guerre. L’armée intervient sans pouvoir empêcher les murs de la maison de trembler à chaque contraction.

Le bébé finit par naître miraculeusement au milieu de ce chaos. La femme demande à son homme de maintenir la porte fermée pour pouvoir profiter d’un moment de répit. L’homme ne s’y tiendra pas longtemps, trop heureux de partager son enfant avec ses fans. La femme essaie alors désespérément de retrouver son bébé qui est en train de se faire dévorer par une foule de carnivores.

La femme n’en peut plus. Elle hurle mais la foule se retourne contre elle. Sauvée par son homme, elle s’immole par le feu et détruit tout autour d’elle. L’homme a survécu et lui fait une ultime demande : son amour. Il lui arrache le coeur qui se transforme en diamant que l’homme va utiliser comme inspiration et créer de nouveau. La maison se rénove comme par miracle. La femme se réveille dans son lit, comme au commencement. C’est reparti pour un tour.

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L’EXPLICATION

Mother!, c’est le cycle infernal de la gestation.

Pascal Obispo a chanté la fierté d’être père. Jordy a chanté la difficulté d’être un bébé. On oublie un peu vite les mamans qui vivent pourtant dans l’angoisse permanente que leurs enfants deviennent des monstres (cf We need to talk about Kevin, La Malédiction, Rosemary’s Baby) ou plus simplement que leurs enfants ne les quittent (cf Perfect Mothers).

Les femmes sont souvent avec des hommes qui, bien que plus mûrs, se révèlent être assez immatures. Leur tempérament poète les conduit à papillonner. Ils s’échappent dès qu’ils en ont l’occasion. Garder les portes de la maison ouvertes, soit disant pour trouver l’inspiration. Quitter les lieux sans prévenir, sur un coup de tête.

Why would you do that without asking me?

La femme a la patience de passer tous les caprices. Son absence la force à devenir la maîtresse de maison en lui assignant par défaut le rôle d’architecte. C’est elle qui a posé la structure. Fait les plans. S’occupe de la déco. Elle vit la maison. Les murs battent au rythme de ses propres pulsations.

La femme doit subir ses beaux-parents qui sont évidemment les premiers supporters de leurs fils. Ils ne voyagent pas sans une photo de leur garçon dans leurs bagages. Mieux, ils s’incrustent. Se fendent de remarques que seules les belle-familles peuvent se permettre de partager.

You’re not gonna be so young for ever.

mother

La femme doit se battre pour ne pas disparaitre dans tout ça. Elle doit exister face à la belle mère. Se faire violence pour retrouver son homme et lui faire comprendre que le temps est venu pour lui d’assumer enfin ses responsabilités.

You talk about having kids but you can’t even fuck me!

Désormais enceinte, le cauchemar continue. En pire. La femme ne va pas faire qu’offrir un enfant à l’homme, elle lui sert le succès sur un plateau. Il profite de cet heureux événement pour écrire. Une fois sa prose publiée, il disparait de nouveau. Il n’est jamais là pour sa compagne bien qu’elle le réclame.

Don’t leave me.

Alors qu’elle souffre, l’homme n’a d’autre obsession que lui-même. Les murs sont recouverts de son portrait. Et les flashs des journalistes crépitent de plus en plus. Elle est livrée à elle-même. Sa vie ne ressemble plus à rien. Elle sent son intérieur souillé, saccagé. On ne l’écoute pas, on la pelote, on la brusque. Elle donne finalement la vie, dans la douleur. Cette fameuse vie après laquelle l’homme affirme courir. Elle aimerait profiter d’un moment d’accalmie qui est aussitôt rompu par ce corps étranger, un petit garçon, qui la réclame déjà. Elle parvient à le calmer en lui donnant le sein mais dès qu’elle ferme les yeux, on le lui vole. On s’est accaparé son homme et désormais on la prive de son bébé qui est picoré par une horde d’étrangers. Elle qui n’avait pas d’autre ambition que d’être heureuse avec lui comprend qu’elle ne sera jamais assez.

Nothing is ever enough.

Rien n’est jamais trop beau. Rien n’est jamais assez pour lui. Alors elle fait un burn out. Elle décide de mettre fin à ce calvaire. Dans sa générosité, elle offre son coeur à celui qu’elle aime avant de mourir. Cela suffira pour la ramener à la vie.

Jusqu’à la prochaine grossesse…

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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