MOTHER!

MOTHER!
Darren Aronofsky, 2017

LE COMMENTAIRE

Quand on vit dans le monde d’aujourd’hui, qui n’est plus celui d’il y a 70 ans où les femmes restaient à la maison à faire la popotte et à s’occuper des gosses… Quand on est un peu au courant de ce que les femmes se prennent dans la tronche au quotidien… et quand on est Tex, c’est à dire un animateur de TV relativement pointu puisqu’on n’anime pas les Z’amours pendant plus de 15 ans sans talent… alors on évite de faire des blagues sur les femmes aux yeux au beurre noir.

LE PITCH

Une femme (Jennifer Lawrence) se retrouve en cloque.

LE RÉSUMÉ

Une jeune femme se réveille un beau matin après avoir cauchemardé que sa maison entière avait brûlé. Elle partage la vie d’un poète (Javier Bardem). Leur tranquillité est d’abord interrompue par l’arrivée inattendue d’un homme (Ed Harris) qui se dit être un fan de l’auteur. Il multiplie les commentaires désobligeants envers elle.

So you’re not just a pretty face…

Cet homme fume dans la maison, bien que ça ne soit pas permis. Il boit. Il vomit. Il semble être en phase terminale. Puis il invite sa femme (Michelle Pfeiffer) et ses problèmes car leurs deux fils pénètrent également la maison pour régler la question de l’héritage de leur père. L’un des deux fils tue l’autre. Tout le monde quitte la maison pour se rendre à l’hôpital, laissant la femme éponger seule les traces de sang sur le plancher.

Lorsque son poète revient, il n’est pas seul. C’est toute une cohorte d’inconnus qui viennent boire à la santé du défunt. La femme ne se sent plus chez elle et demande poliment à tout le monde de partir.

It’s time to get the fuck out of my house!

Elle se met en colère et se dispute avec son amoureux, lui reprochant de la négliger. L’homme s’execute aussitôt. Le lendemain matin, la femme est enceinte. La vie est belle. Le poète retrouve l’inspiration qu’il avait perdue. Il se met à écrire de nouveau. Le ventre de la femme gonfle. Les traces de sang sur le plancher ont disparu. L’auteur a fini son oeuvre et la fait lire à sa compagne qui se retrouve très émue. L’auteur est alors happé par le succès, la presse et de nouveaux inconnus toujours plus nombreux. La femme le voit s’éloigner une nouvelle fois.

Sa maison est envahie. C’est d’abord la fête puis le chaos. Les gens vont et viennent. Ils en profitent pour voler des choses dans la maison. Ils la draguent avant de l’insulter.

You’re an arrogant cunt!

C’est la guerre. L’armée intervient sans pouvoir empêcher les murs de la maison de trembler à chaque contraction.

Le bébé finit par naître miraculeusement. La femme demande à son homme de maintenir la porte fermée pour pouvoir profiter d’un moment de répit. L’homme ne s’y tiendra pas longtemps, trop heureux de partager son enfant avec ses fans. La femme essaie alors désespérément de retrouver son bébé qui est en train de se faire dévorer par une foule de carnivores.

La femme n’en peut plus. Elle hurle mais la foule se retourne contre elle. Sauvée par son homme, elle s’immole par le feu et détruit tout autour d’elle. L’homme a survécu et lui fait une ultime demande : son amour. Il lui arrache le coeur qui se transforme en diamant que l’homme va utiliser comme inspiration et créer de nouveau. La maison se rénove comme par miracle. La femme se réveille dans son lit, comme au commencement.

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L’EXPLICATION

Mother! c’est le cycle infernal de la gestation.

Pascal Obispo a chanté la fierté d’être père. Jordy a chanté la difficulté d’être un bébé. On a une nouvelle fois oublié les mamans qui vivent pourtant dans l’angoisse permanente… que leur fils devienne un monstre (cf We need to talk about Kevin) ou plus simplement que leur fils ne la quitte (cf Perfect Mothers). Prenons le temps de leur rendre hommage.

Les femmes sont souvent avec des hommes qui, bien que plus mûrs, se révèlent être assez immatures. Le tempérament poète de l’homme le conduit à papillonner. Il s’échappe dès qu’il en a l’occasion. Il a besoin de garder les portes de la maison ouvertes, soit disant pour trouver l’inspiration. Il quitte les lieux sans prévenir.

Why would you do that without asking me?

Elle a la patience de lui passer ses caprices. Son absence la force à devenir la maîtresse de maison en lui assignant le rôle d’architecte. C’est elle qui a posé la structure. Elle vit la maison. Les murs battent au rythme de ses propres pulsations.

La femme doit subir ses beaux-parents qui sont évidemment les premiers supporters de leurs fils. Ils ne voyagent pas sans une photo de leur garçon dans leurs bagages. Ils s’incrustent. Ils font des remarques que seules les belle-familles peuvent se permettre de partager.

You’re not gonna be so young for ever.

La femme doit se battre pour ne pas disparaitre dans tout ça. Elle doit exister face à la belle mère. Elle doit se faire violence pour retrouver son homme et lui faire comprendre que le temps est venu pour lui d’assumer enfin ses responsabilités.

You talk about having kids but you can’t even fuck me!

Désormais enceinte, le cauchemar continue. La femme ne va pas faire qu’offrir un enfant à l’homme, elle lui sert le succès sur un plateau. Il profite de cet heureux événement pour écrire. Une fois sa prose publiée, il disparait de nouveau. Il n’est jamais là pour sa compagne bien qu’elle lui réclame de ne pas la laisser seule.

Don’t leave me.

Alors qu’elle souffre, l’homme n’a d’autre obsession que lui-même. Les murs sont recouverts de son portrait. Et les flashs des journalistes crépitent de plus en plus. Elle est livrée à elle-même. Sa vie ne ressemble plus à rien. Elle sent son intérieur souillé, saccagé. On ne l’écoute pas. On la pelote. On la brusque. Elle donne finalement la vie, dans la douleur. Cette fameuse vie après laquelle l’homme affirme courir. Elle aimerait profiter d’un moment d’accalmie qui est aussitôt rompu par ce corps étranger, un petit garçon, qui la réclame déjà. Elle parvient à le calmer en lui donnant le sein mais dès qu’elle ferme les yeux, on le lui vole. On s’est accaparé son homme et désormais on la prive de son bébé qui est picoré par une horde d’étrangers. Elle qui n’avait pas d’autre ambition que d’être heureuse avec lui comprend qu’elle ne sera jamais assez.

Nothing is ever enough.

Rien n’est jamais trop beau. Rien n’est jamais assez pour lui. Alors elle fait un burn out. Elle décide de mettre fin à ce calvaire. Dans sa générosité, elle offre son coeur à celui qu’elle aime avant de mourir. Cela suffira pour la ramener à la vie.

Jusqu’à la prochaine grossesse…

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

 

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