ROSEMARY’S BABY

ROSEMARY’S BABY

Roman Polanski, 1968

LE COMMENTAIRE

On avance dans la vie sans se poser trop de questions. Du moins, on essaie. Sinon on n’avance pas beaucoup : une République ne peut pas être en marche et en réflexion en même temps, sous peine de faire du sur-place. C’est ainsi que de nombreux couples se dépêchent d’acheter leur appartement, se marier et faire des enfants. Vite vite vite! Comme tout le monde. Ceux qui ont le malheur de se retourner quelques années après sont en général pris de panique quand ils constatent ce qu’ils ont fait.

LE PITCH

Un couple emménage sans le savoir dans un immeuble de Satanistes.

LE RÉSUMÉ

Guy (John Cassavetes) et Rosemary Woodhouse (Mia Farrow) choisissent d’emménager dans l’immeuble Bramford, bien que leur ami Hutch (Maurice Evans) essaie de les en dissuader. De sombres rumeurs de cannibalisme…

Tout se passe pourtant bien. Rosemary sympathise avec Terry Gionoffrio (Angela Dorian) que Minnie (Ruth Gordon) et Roman Castevet (Sidney Blackmer) ont recueilli chez eux. Manque de pot, Terry se suicide en sautant du 7e étage. Rosemary hérite du médaillon de la défunte, aux racines de Tannis.

Guy est aux anges : il vient de décrocher un rôle dans un film après que l’acteur initialement retenu ne se soit réveillé soudainement… aveugle. Pour fêter cette nouvelle, il propose à Rosemary de faire un enfant.

Le couple planifie tout et ne perd pas de temps pour se mettre au travail. Rosemary semble souffrir de somnolence après avoir mangé le gâteau au chocolat que Minnie lui a préparé. Elle s’écroule. Guy lui fait néanmoins l’amour pour ne pas rater l’opportunité. Dans un état de semi-conscience, Rosemary a l’impression de se faire violer par le Démon (cf L’associé du diable), en présence de Guy et des Castevet.

I dreamed someone was raping me. I think it was someone inhuman.

Thanks a lot!

Guy peut râler. Il n’empêche qu’au petit matin, Rose est effectivement griffée de partout.

Elle tombe enceinte. Les Castevet lui recommandent / ordonnent d’aller consulter le Dr. Abraham Sapirstein (Ralph Bellamy).

La jeune femme se coupe les cheveux, perd du poids et souffre de douleurs abdominales.

Peu de temps avant sa mort, Hutch met Rosemary en garde et lui laisse un message énigmatique :

The name is an anagram.

Roman Castevet est en fait Steven Marcato, le fils d’un Sataniste célèbre. Gloups!

Rosemary fonce voir le Dr Hill (Charles Grodin) à la rescousse, qui appelle aussitôt le Dr Sapirstein et Guy… Retour à la maison.

Come with us quietly, Rosemary. Don’t argue or make a scene. Because if you say anything more about witches or witchcraft, we’re gonna be forced to take you to a mental hospital. You don’t want that, do you?

Rosemary accouche, sous sédatif. À son réveil, elle apprend que le bébé est mort. Impossible.

You’re lying. It didn’t die. You took it. You’re lying. You witches! You’re lying!

Elle a raison. En empruntant un passage conduisant à l’appartement des Castevet, elle découvre que le bébé est bien vivant, et que le Diable est son père. Des invités sont là pour célébrer la naissance de l’antéchrist (cf La Malediction).

God is dead! Satan lives!

Rosemary est sous le choc. Minnie la rassure. C’est un honneur!

He chose you, honey! From all the women in the world to be the mother of his only living son!

En effet. Quelle chance!

Roman l’invite à jouer pleinement son rôle de mère.

You don’t have to join if you don’t want to. Just be a mother to your baby.

You’re trying to get me to be his mother.

Aren’t you his mother?

Rosemary commence à bercer son bébé et à y prendre goût.

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L’EXPLICATION

Rosemary’s Baby, c’est apprendre à aimer son petit monstre.

Être mère n’est pas une partie de plaisir pour la principale concernée (cf Mother!). La transition qui conduit la femme/chenille à devenir mère/papillon ne se fait effectivement pas sans difficulté. Ce n’est pas à la portée de tout le monde. La preuve, Terry préfère sauter par la fenêtre.

Ce chemin peut donner l’impression d’être forcé : On ne laisse pas le choix à Rosemary. C’est Guy qui décide pour elle.

Let’s have a baby, alright?

Il a tout prévu. Les jours de conception sont notés dans le calendrier. Rosemary est heureuse mais tout cela lui semble quand même un peu précipité. D’ailleurs la première nuit, elle n’a pas envie. Elle se fait violer, forcément par un homme qui ne peut être que malfaisant. Diabolique.

C’est donc sans surprise qu’elle ne désire pas vraiment le petit alien qui grandit en elle. Elle a carrément envie de le rejeter. Sa perte de poids est symptomatique. Le bébé s’accroche. Il lui fait déjà mal.

I have a pain…

Tout échappe à la future mère dès l’annonce de la grossesse. Absolument plus rien n’est sous contrôle. Les Castevet ont pris la main. Ils s’occupent de tout, avec la complicité d’un docteur qui met Rosemary sous influence.

Please don’t read books. (…) Don’t listen to your friends either.

Son mari ne la considère plus. Un grand classique du genre. Il n’est pas avare en compliments.

You look great. It’s that haircut that looks awful.

Bim. Ça fait toujours plaisir.

Et quand Rosemary accouche enfin, après une gestation pour le moins compliquée, on lui vole son enfant en lui faisant croire n’importe quoi. Surtout, qu’elle continue à prendre ses pilules. Décidément, on la prend vraiment pour une idiote.

This is no dream! This is really happening!

Lorsqu’elle arrive dans le salon des Castevet où toute une assemblée est là pour contempler le miracle, Rosemary a envie de tuer ces inconnus à coups de couteau. Pour la première fois, elle réalise que ces gens ne sont pas là pour lui faire du mal. Bien au contraire.

We’re your friends, Rosemary. There’s nothing to be scared about. Honest and truly, there isn’t!

Laissons lui un peu le temps. Faisons lui de la place. Il ne lui reste plus qu’à prendre les commandes, comme Roman l’invite gentiment à le faire. Rosemary ne subit plus, elle devient maman. C’est elle qui pousse le berceau, avec un sourire.

D’ailleurs, elle ferait mieux de l’aimer son petit Mozart. Parce qu’il risque de lui réserver bien des surprises plus tard (cf We need to talk about Kevin).

Bienvenue en enfer.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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