UNSANE

UNSANE
Steven Soderbergh, 2018

LE COMMENTAIRE

Le vivre ensemble est à la mode. Cette notion apparaît dès lors que plusieurs individus doivent se supporter au sein d’une communauté, c’est à dire presque tout le temps. Qu’il s’agisse d’un gouvernement (cf Lincoln), d’une entreprise (cf La Loi du Marché), d’une équipe de football (cf Les Bleus), d’un groupe de spéléo (cf The Descent), d’un couple avec des enfants (cf Kramer) ou d’un couple tout court (cf Love). C’est une cohabitation nécessaire qui réclame quand même quelques efforts : beaucoup de tolérance, beaucoup de patience, du dialogue, une bonne dose de respect, un soupçon de pragmatisme. En gros, c’est impossible.

LE PITCH

Une jeune femme ne fait pas attention au moment de signer un formulaire de décharge.

LE RÉSUMÉ

Sawyer Valentini (Claire Foy) vient de déménager très loin de tout. Une interaction ambigüe avec son patron la conduit à prendre rendez-vous avec une psy au Highland Creek Behavioral Center.

I never feel safe.

Elle y signe, par inadvertance, un papier qui donne l’autorisation au Centre de la garder en observation pendant 24h. Elle appelle la police qui repart aussitôt après avoir vérifié la décharge.

Son cauchemar commence. Une altercation avec Violet (Juno Temple) lui vaut d’être internée sept jours de plus.

To be continued…

Un autre patient du nom de Nate Hoffman (Jay Pharoah) la prend sous son aile. Il remarque que Sawyer n’est pas comme les autres et lui glisse que ce Centre retient les gens contre leur gré pour mieux frauder les assurances. Il semble mener une enquête. Nate est équipé d’un téléphone, ce qui est contre les règles de l’établissement. Sawyer en profite pour appeler sa mère (Amy Irving) au secours. Angela débarque et promet de revenir le lendemain avec une armée de policiers et d’avocats. Elle n’aura pas ce loisir car elle va recevoir la visite de David Strine (Joshua Leonard), un infirmier du Centre. David se trouve aussi être le harceleur de Sawyer, celui à cause duquel elle a décidé de déménager. Il était le fils d’un patient dans l’hôpital où travaillait Sawyer et il s’est pris d’une obsession pour elle, la harcelant nuit et jour. Il est ce qu’on appelle vulgairement un cinglé.

I never really knew what being alive was until I saw you. You unlocked something inside me that day, something I didn’t even realize was there. And right then, I knew that nothing in my life was ever going to be the same. In that moment, I was transformed permanently. You did that.

Quand Sawyer le reconnaît, elle perd son sang froid. Il va la droguer et se débarrasser de Nate qu’il juge encombrant. Il confine Sawyer au sous-sol. Elle a le courage de le confronter.

You say all the right things, David. Or what you think are the right things. Greeting card clichés and romance novel declarations of love. But that’s not love. Love is giving yourself over to what someone else wants, even if it goes against everything you believe.

Elle parvient même à s’échapper et à lui tranche la gorge comme on fait avec les vampires (cf Dracula).

Nate était journaliste. Sa mort se fait remarquer. Une enquête est ouverte et le Creek Behavioral Center doit fermer ses portes.

Six mois plus tard, Sawyer est de retour au travail. Elle ne fait pas de cadeau, virant sèchement une collaboratrice au restaurant d’entreprise pendant la pause déjeuner. Elle croit apercevoir David, s’approche de lui avec un couteau puis réalise qu’il ne s’agit pas de lui. Elle s’enfuit.

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L’EXPLICATION

Paranoïa c’est la prison du harcèlement.

Sawyer Valentini est une jeune femme qui a l’air un peu perturbée. Elle est nerveuse, agressive au téléphone et elle a tendance à se méfier de tout le monde. Peut-être pour de bonnes raisons, on ne sait pas. A priori on pourrait croire qu’elle a un peu tendance à voir le mal un peu partout. Si elle reste à l’hôpital un jour, après tout ça ne peut pas lui faire de mal. Et puis elle frappe quand même les autres, donc elle mérite bien de rester une semaine. Elle a peut-être bien un problème après tout. Elle a des visions d’un homme qui l’aurait harcelée… en est-on bien sûr? Ne s’agit-il pas que d’une simple hallucination? Sa mère veut lui venir en aide mais c’est sa mère, c’est normal. Sawyer a beau crier sur tous les toits.

I’m not fucking crazy!

Les faits semblent contre elle. Les autorités compétentes ont vérifié. Tout est en règle. Circulez y’a rien à voir.

En apparence uniquement car elle est effectivement victime de David qui l’a traquée jusque dans ce centre pour mieux la tyranniser. C’est un peu comme si Sawyer était rentrée dans cet enfermement par elle même, sans s’en rendre compte. Victime de harcèlement, elle a d’abord préféré fuir. C’est comme ça qu’elle s’est isolée de sa mère et de ses amis. Elle n’a pas cherché l’aide au bon endroit et s’est retrouvée coincée. Le monde s’est refermé sur elle, contre elle. Dans le centre, on lui a volé sa vie.

I can’t spend another minute in here, I have a life.

On la pousse à bout de manière à ce que ça soit toujours de sa faute, renforçant ainsi son sentiment de culpabilité. Les infirmières et le docteur en chef laissent planer un mystère assez pesant sur sa situation, ce qui commence à la faire douter. Elle n’a pas de perspective. Et on lui injecte des produits de force. Et son entourage lui fait avaler la pilule en lui demandant de la mettre en veilleuse.

Learn to live with the routine. Don’t cause any scenes. Don’t make enemies.

Elle est une victime. C’est un état de fait. Qu’elle apprenne à vivre avec. Qu’elle rentre dans le rang.Dans quelques semaines ça sera fini. Elle veut y croire.

You can’t keep me down here indefinitely.

C’est là où elle se trompe. Parce que David ne la laissera pas. Car David est fou. Il s’est mis en tête que Sawyer était la femme de sa vie. Il ne la voit pas comme elle est mais comme il a envie de la voir. Il la fige en l’enfermant au sous-sol. Si elle se débat alors il l’étouffe juste assez pour l’empêcher de partir et pas suffisamment pour la tuer. Puisqu’il a besoin d’elle pour l’instant.

Pour se libérer, Sawyer va devoir surmonter sa peur et le dégoût que lui inspire son agresseur. Elle va devoir jouer son jeu en prenant le risque de rentrer dans sa logique afin de mieux le provoquer. Elle lui dit ses quatre vérités.

Fantasy and reality are two different things. (…) That’s not love!

Évidemment ça ne suffit pas puisque ce discours, David ne peut pas l’entendre. Cette initiative a le mérite de faire bouger les choses. Elle sort de l’influence de David. Elle est dehors. Ça n’est pas tout à fait fini. Il lui faut faire disparaître une menace avec laquelle on ne peut pas raisonner. Sur son élan, elle le tue, physiquement. Elle doit finir le travail et le tuer dans sa tête pour ne pas qu’il la hante pour toujours.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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