DEATH NOTE

DEATH NOTE

Adam Wingard, 2017

LE COMMENTAIRE

Le système scolaire offre aux adolescents une sorte de rite initiatique vers l’âge adulte (cf Grave). L’école donne un avant goût de ce à quoi la vie va ressembler avec des petites joies effacées par de plus nombreuses peines, et surtout quelques belles injustices. À l’école, on tire normalement avec des balles à blanc – sauf dans certaines ZEP où la découverte se fait à balles réelles (cf Entre les murs). On peut se découvrir une passion inattendue pour l’Allemand. Puis on peut aussi révéler aussi une partie de soi moins glorieuse. Un rageux qui ne peut pas supporter ses camarades de classe et qui aimerait bien les voir disparaitre les uns après les autres (cf We need to talk about Kevin).

LE PITCH

Un nom sur une page du carnet de la mort et les ennuis disparaissent comme par magie.

LE RÉSUMÉ

Light Turner (Nat Wolff) se fait payer pour faire les devoir des élèves de son lycée. Ce qui ne l’empêche pas de se faire harceler par des gros bras comme Kenny Doyle. Un beau jour, un livre lui tombe du ciel. Rempli de règles, ce livre permet notamment à celui qui le possède de décider de la mort de celles et ceux dont il écrit le prénom.

Rule 1 : the human whose name is written on this note shall die.

Simple.

Efficace.

Light fait la connaissance de Ryuk, un démon qui execute ses souhaits macabres. Kenny Doyle est le premier sur la liste à être décapité. Puis vient le tour du meurtrier de la mère de Light, une fourchette plantée dans le cou.

Le pouvoir que confère le livre vaut à Light l’intérêt de Mia Sutton (Margaret Qualley). Ensemble ils vont imaginer Kira, un Dieu de la mort qui débarrasserait le monde des meurtriers, violeurs et autres pédophiles – sans autre forme de procès (cf Dead Man Walking).

Light et Mia s’en donnent à coeur joie. Ryuk ne chôme pas. Célébré un peu partout dans le monde, Kira devient le saint patron des policiers bien qu’il les menace techniquement de tous les mettre au chômage (cf Minority Report).

Ces meurtres attirent également l’attention de L (Lakeith Stanfield), un mystérieux détective, qui remonte jusqu’à Light et tente de le raisonner.

I do not kill. (…) What I do is bring people to justice.

Car Light et Mia se font vite dépasser par le pouvoir maléfique du livre. Mia parvient à arracher une page et manoeuvre pour mettre la main sur le fameux livre. Mais Light avait déjà tout écrit à l’avance pour sauver sa peau, même si cela implique que sa petite amie doive mourir dans la bataille. Pas de pitié. Après tout, elle l’a trahi.

L retrouve la page arrachée et se voit soudainement tenté à son tour d’écrire un nom. Au hasard, celui de Light.

À l’hôpital, Light confesse à son père (Shea Whigham) qu’il a essayé de faire de son mieux pour contrôler cet instinct de mort (cf Mesrine), sans y parvenir vraiment.

I made a lot of mistakes and tried to fix them. Then it didn’t work. I thought it was simple at first : I was just going to kill all the bad guys and the good guys would win but it wasn’t like that.

Amusé par la situation, Ryuk guète sa prochaine victime…

You humans are so interesting!

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L’EXPLICATION

Death Note, c’est décider de se faire justice soi-même – ou pas.

Light est un agneau à la merci des loups. Il encaisse les coups (cf Rocky). Face à cette violence, il a l’impression que le système l’a abandonné. Après s’être fait casser la figure par Kenny Doyle, il essaie d’expliquer sa position au proviseur qui le menace de sanctions :

You have the chance to stop the people who make things hard for everybody. You got to see the big picture here.

Light est plus malin que tout le monde. C’est pourtant lui qui a bien l’oeil au beurre noire et c’est encore lui qui est puni par le système.

Do you have any idea how much trouble you’re in?

Quelque chose ne va pas. C’est le monde à l’envers. La loi du marché.

Tel un socialiste qui rendrait sa carte d’adhérant, Light se saisit de l’occasion de se venger (cf Joker). Il s’est trop fait marcher dessus. Ses agresseurs vont payer, par l’intermédiaire de Ryuk.

Light ne veut plus tendre l’autre joue (cf Munich). Alors il passe un pacte avec le diable, sans états d’âme.

I know you want to…

Light a le droit de vie ou de mort sur ses contemporains. Une perspective plutôt alléchante!

If this is possible, imagine what else you could do.

N’est pas Dieu qui veut. En passant de l’autre côté de la barrière, Light se rend compte que la vie est bien plus compliquée qu’elle n’en a l’air.

There are so many fucking rules.

La notion de bien et de mal n’existe pas. C’est même plutôt le flou artistique.

There are no sides, only the game.

En vérité, on a bien le choix (cf Matrix), mais plutôt entre la peste et le choléra. La pilule rouge et bleue ont chacune un goût amer.

Things are never black and white. Sometimes you just have to choose the lesser of the two evils.

La morale veut que face à l’injustice, on peut faire preuve de résilience comme choisit James après la mort de sa femme. Faire confiance à la justice, comme L. Ce qui est possible quand on dort 8h en moyenne par nuit comme le prône Wasari :

Sleep is key to strong thought.

Si au contraire, on cède à la colère. Que se passe-t-il quand on suit notre envie naturelle de tuer ceux qui nous ont fait du mal? On tombe alors dans la sauvagerie (cf Gomorra). C’est la rigolade assurée quand les têtes tombent.

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Le spectacle est de courte durée. C’est toujours la même chose. Par contre, plus possible de descendre du manège. Une fois qu’on a gouté à ce petit jeu, on ne peut plus s’en passer. Light ne peut plus s’arrêter, ohé ohé. Il croit être ami avec la mort mais elle finit par le retrouver et se retourne contre lui.

Quand on se fait justice soi-même, on fait le vide autour de soi et on accélère sa propre mort. Si l’on considère que nous mourrons tous un jour, rien de problématique en soi. Néanmoins Light va mourir alors qu’il n’est même pas allé à l’Université! C’est dommage.

Quand on se fait justice soi-même, on s’éloigne définitivement de la sagesse et de ce qu’elle peut nous apporter en matière de philosophie.

En même temps, quand on voit le traitement que ce monde réserve aux plus sages d’entre nous (cf No Country For Old Men)… On a de quoi se poser des questions. Ou pas.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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