ARACHNOPHOBIA

ARACHNOPHOBIA
Frank Marshall, 1990

LE COMMENTAIRE

Certains artistes ex-neo-dadaiste ont eu le complexe du corn flakes, d’autres moins originaux ont plus simplement la phobie des araignées que Jean-Pierre Winter associe à la peur du féminin (cf Enemy). La bête entière renverrait à une femme cannibale menaçant son enfant de le « manger » de baisers. Il y a aussi l’angoisse qu’une petite araignée des toits puisse s’unir à une tarentule pour former une meta-araignée, sorte d’antéchrist à pattes velues. Plus besoin de se poser de question sur la fin du monde.

LE PITCH

Une mygale du Vénézuela tente le rêve américain.

LE RÉSUMÉ

L’aventurier James Atherton (Julian Sands) et son équipe se rendent en Amérique du Sud pour y trouver une espèce rare de mygale. C’est la mygale qui va plutôt les trouver. Elle se glisse dans un brancard et pique mortellement le pauvre Jerry Manley (Mark L. Taylor). Retour à la case départ pour lui, les pieds devant. Ce que les autorités ignorent c’est que la mygale s’est installée dans le cercueil qui s’achemine vers Canaïma, d’où elle peut sucer tout le sang de sa victime. Beurk.

À son arrivée, un corbeau s’en empare jusqu’à ce qu’il se fasse lui aussi piquer mortellement à son tour. La mygale finit sa course dans la grange du docteur Ross Jennings (Jeff Daniels).

Elle y fait la rencontre d’une espèce locale. Après les préliminaires d’usage, les deux araignées s’accouplent et donnent naissance à une race métisse mortelle. Ce millier de petites araignées très agressives piquent et tuent leurs victimes comme s’il s’agissait d’une crise cardiaque. C’est l’hécatombe.

Les autopsies montrent des traces de piqûres Beurk (x2). Jennings appelle Atherton et retrace le parcours de la mygale. La conclusion du professeur ne laisse pas beaucoup de place à l’optimisme.

In this first generation, the original male also produced a queen, and together they will construct a primary nest which the queen will guard. But eventually, she will create reproductive offspring of her own. And when that happens, this town is dead… and the next town… and the next town… and the next one, and so on.

Il joint l’exterminateur Delbert McClintock (John Goodman). Les deux hommes se dirigent vers la morgue où ils pensent trouver le foyer qui se trouve en réalité dans la grange.

There is a web in my barn!

Il y a des araignées partout. Beurk (x3). C’est le cauchemar des arachnophobes, pire que Fabienne Thibaud dans Fort Boyard.  Delbert nettoie la maison.

Rock and roll!

Ross, de son côté, fait une mauvaise chute et finit à la cave en compagnie de la reine et de la mygale originelle. L’invité d’honneur. Beurk (x5)! Au prix d’une lutte sans merci, Ross parvient à en électrocuter une puis incendier l’autre pour finalement la clouer au mur.

Les Ross avaient déménagé à la campagne pour éviter un tremblement de terre (cf San Andreas). Ces péripéties les réconcilient avec la ville. La famille est trop contente de repartir vivre à San Francisco.

Arachnophobia1

L’EXPLICATION

Arachnophobia, c’est l’exode rural.

Les Jennings en ont marre de la ville. Ils rêvent d’un peu de tranquillité, au crépuscule de leur existence menée tambour battant, dans une petite bourgade californienne sympathique où le rythme de vie est plus souple, où la terre ne tremble pas et où ils pourraient être heureux, sans prétention. C’est pourquoi ils emménagent à Canaïma. En guise de paradis, ils vont découvrir un trou paumé rempli d’arriérés. Par dessus le marché, ils ont la mauvaise surprise de découvrir que le Dr Metcalf (Henry Jones), qui avait pourtant promis de prendre sa retraite, leur joue finalement un bien mauvais tour en continuant d’exercer. Ils voulaient le meilleur de nos régions ont du talent et finissent par obtenir le pire de la campagne qui vote Front National.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les Jennings vont vivre l’enfer des jeux inter-villages. Là-bas, ce que redoutent le plus les habitants c’est se se faire envahir par une force étrangère ou migrante (cf Welcome). Des hommes et des femmes qui sortent d’on ne sait où pour sucer nos richesses, prendre nos emplois et ponctionner nos maigres allocations. À la campagne on est bien tranquille avec nos araignées, même si Jennings n’en est pas un grand fan. Il laisse d’ailleurs le soin à se femme de faire le sale boulot.

Come on, let’s go find that spider. And let’s find your mom to take care of that spider. Honey, we’re in the living room. We need you to kill a spider.

À la campagne, on n’a certainement pas envie des araignées des autres. On veut pas choper des maladies. Le pire serait qu’une araignée sans papier, issue d’un pays pauvre (le Venezuela), ne s’invite chez nous pour séduire l’une des nôtres et créer une race de seconde génération, particulièrement hostile à notre égard. Ces araignées d’un nouveau genre sont quand même nées sur le sol national. Alors d’où est-ce qu’elles sont si méchantes comme ça? C’est un comble! Parce que ce serait vraiment le genre d’araignées qui pourraient descendre sur la pelouse du stade de France avec le maillot de l’Algérie par exemple. On ne paie pas nos impôts pour ça quand même. Pourquoi elles se concentrent pas à attraper les mouches ou les moustiques comme des araignées qui se respectent? Pourquoi elles vont pas à l’église comme tout le monde? Pourquoi elles mangent du jambon de poulet et pas du jambon de porc?

Parce qu’en plus elles sont fourbes ces araignées! Des vraies passagères clandestines. Ses procédés sont méprisables. Cela crée une peur panique chez les habitants qui ne réfléchissaient déjà pas bien loin et qui n’arrivent désormais plus à réfléchir du tout – sous l’emprise de la peur.

Chris, I’m scared to death.

Yeah, we all are, but our brains secrete a neurotransmitter that enables us to deal with them.

I don’t think I have that particular neurotransmitter.

Si c’est pour vivre dans la crainte permanente, incapable de profiter de sa grange, alors effectivement : autant fuir la ruralité. Jennings parvient à surmonter sa phobie comme le chef Brody arrive à vaincre sa peur (cf Les Dents de la Mer). Il a voulu voir, il a vu. Il est vacciné. Il fait comme Brandon dans l’île de la tentation. Il est condamnés à retourner à l’enfer des villes. C’est finalement pas plus mal.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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