LOVE STORY

LOVE STORY

Arthur Hiller, John Korty, 1970

LE COMMENTAIRE

L’homme sera à jamais fasciné par le mystère de sa compagne (cf Un homme et une femme). Il tente de la décrypter, sans y parvenir. Les raisonnements de Madame échappent totalement à la logique de Monsieur. S’il fait mine d’avoir le volant, c’est bien elle qui conduit l’histoire depuis le début.

LE PITCH

Un couple fait l’expérience de l’amour – à la vie, à la mort.

LE RÉSUMÉ

Le jeune Oliver Barrett IV (Ryan O’Neal) fait la connaissance de Jennifer Cavilleri (Ally MacGraw) à la bibliothèque de l’Université. Ils sont encore tous les deux sur les bancs de l’école. Pourtant tous les sépare. Il est l’héritier d’une longue lignée de Barrett, une riche famille de la côte est Américaine dont le grand père a légué un bâtiment à l’Université de Harvard où il étudie. Rien que ça. De son côté Jennifer est la fille de Phil Cavilleri (John Marley), un modeste pâtissier de Rhode Island. Elle étudie la musique classique au Radcliffe College. Malgré cette différence de classe, ils tombent amoureux presque immédiatement. L’amour au premier regard. La rencontre de deux grands esprits.

You look stupid and rich.

Well, what if I’m smart and poor?

I’m smart and poor.

Well what makes you so smart?

I wouldn’t go out for coffee with you that’s what.

Well what if I wasn’t even gonna ask you to go out for coffee with me?

Well, that’s what makes you stupid.

Elle vient le voir jouer au hockey et préfère davantage contempler sa vulnérabilité que son succès.

What did you like best?

When you were on your ass.

Oliver semble très éperdu de Jenny et s’agace du fait qu’elle le fasse languir. Il est sérieux et ne veut pas que ses sentiments soient questionnés. L’homme accélère. Elle le suit.

Verbal volley-ball is not my idea of a relationship. I think you’re scared. You put up a wall to keep from getting hurt. But it also keeps you from getting touched. Don’t you care?

I care.

Jenny évoque ses plans d’avenir qui incluent Paris, mais pas Oliver.

You’re a preppie millionnaire. I’m a social zero.

Celui-ci s’offusque à nouveau et la demande en mariage! Direction le manoir des Barrett pour faire les présentations. Oliver est nerveux et quitte les lieux très rapidement. Les relations avec son père (Ray Milland) sont fraîches. Celui-ci exige qu’Oliver finisse ses études de droit avant de se marier. Le fils refuse. Le mariage d’abord. Il est déshérité.

If you marry her now I’m not gonna give you the time of day.

Direction chez Phil cette fois-ci, afin de faire les présentations également et discuter mariage… non-religieux.

About the God bit. We’re sort of negative about it too.

Qu’importe! Le couple se marie officiellement et repart de la case départ, se serrant la ceinture jusqu’à ce qu’Oliver décroche un job d’avocat dans un cabinet New Yorkais.

Malheureusement, le couple peine à avoir un enfant. Pire, les analyses sont mauvaises et révèlent que Jenny est en phase terminale. Les médecins lui recommandent de faire comme si de rien n’était.

Jenny is very sick.

Define very sick.

She’s dying.

… That’s impossible.

What do I do? I mean what can I do for Jenny?

Keep it as normal.

Oliver redouble d’attention jusqu’à ce que Jenny finisse par découvrir à son tour qu’elle est condamnée. Elle réagit avec beaucoup de noblesse et souhaite profiter des beaux jours qu’il lui reste.

I don’t want Paris. I don’t need Paris. I just you.

Well that you’ve got baby.

… And I want time, which you can’t give me.

Oliver retourne voir son père pour lui demander un prêt de $5,000 afin de financer le traitement de Jenny, sans vouloir lui donner la raison de ce prêt. Barrett III pense que son fils a mis une autre femme enceinte et qu’il veut payer pour l’IVG. Il signe le chèque. Classe.

À l’hôpital, Jenny prend ses dispositions avec Phil. Puis elle appelle Oliver à son chevet.

Lorsqu’il sort de l’hôpital, Oliver croise son père incrédule qui ne comprend toujours pas pourquoi son fils ne l’a pas mis au courant. Jenny est décédée. Barrett III est confus. Oliver l’interrompt aussitôt, en reprenant les mots de sa femme.

I’m sorry.

No… Love means never having to say you’re sorry.

L’EXPLICATION

Love Story, c’est ce dont il faut être capable.

On ne choisit pas l’Amour, n’en déplaise aux applications de rencontre. C’est plutôt l’Amour qui nous choisit. On ne calcule pas l’amour sur la base de probabilités comme dans un épisode de Black Mirror (S4E4). Ce n’est pas non plus quelque chose qui s’achète (cf Proposition indécente) ou qui vient avec le temps (cf Casino). L’Amour nous tombe dessus dès l’enfance (cf Jeux d’enfants), au croisement d’une rue (cf Leaving Las Vegas), dans un salon de coiffure (cf Le Mari de la Coiffeuse) ou dans une bibliothèque. L’Amour rend malade (cf Phantom Thread). Tenace, il ne nous lâche pas même quand on décide de l’effacer de sa mémoire (cf Eternal Sunshine of the Spotless Mind).

Il est certain que l’Amour réclame des sacrifices.

L’Amour demande tout d’abord d’être capable de le recevoir. Entendre l’autre. Écouter son non-verbal. Prendre un café. Parvenir à dire les choses. Accepter la possibilité qu’on puisse être aimé en retour.

Le destin se provoque toujours un peu, tout en sachant rester respectueux. Oliver embrasse Jenny sans attendre sa permission (cf Retour vers le Futur). Sauter dans le vide.

Did I say you could?

L’Amour demande d’être absolument honnête sur la nature de ses sentiments envers l’autre. L’honnêteté n’est pas la transparence (cf Le Jeu). Ne mélangeons pas tout. Jenny ne veut simplement pas qu’on a baratine.

Never say love if you don’t really mean it.

L’Amour ne se justifie pas, il se suffit à lui-même.

Do you want to marry me? Why?

Because…

That’s a good reason.

L’Amour nécessite de s’asseoir sur son ego, ce qui est d’abord assez compliqué pour Oliver. Car Jenny s’introduit dans sa vie et va se permettre de le challenger, notamment dans sa relation avec son père. Sujet sensible.

Whose side are you on Jenny??

I didn’t know it was a war…

Est-on capable de tout quitter quand on aime? On devrait l’être. Si tu sautes moi je saute répétait Rose à Jack, sans lui laisser de place sur son radeau de fortune (cf Titanic). Oliver veut partager la vie de Jenny, même si cela requiert d’abandonner la richesse que son nom lui procure. Jenny est son plus beau trésor, qu’ils habitent dans un chateau ou dans un petit appartement.

L’Amour réclame que nous soyons dans la vie. Et la vie n’est pas un fantasme. C’est plutôt du concret, des doutes, des angoisses, des changements (cf Pour l’amour d’une femme), des faiblesses (cf Amour). C’est ça qu’on partage au quotidien. On sait qu’on aime quand on arrive à aimer l’autre malgré nos désaccords. Dépasser les préjugés (cf Le Goût des Autres). On aime quand on est capable de se mettre à bricoler, bien qu’on ait fait des études de droit. On continuer d’aimer l’autre, même sur un lit d’hôpital. On l’aimerait même en prison (cf La dernière marche). Ça ne se questionne tout simplement pas.

Welcome to the world preppie!

Car la vie est dure et que l’Amour, bien qu’évident, est tout sauf facile.

Est-on capable de continuer à vivre sans l’autre après avoir aimé?

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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