LES PROMESSES

LES PROMESSES

Thomas Kruithof, 2021

LE COMMENTAIRE

Le secret d’une équipe qui gagne tient à sa bonne santé. Un rapport d’honnêteté qui permet de créer les conditions de la confiance. L’importance de pouvoir se regarder dans les yeux. Se dire les choses. Chacun dans son rôle, chacun à sa place.

LE PITCH

Une mairesse tient à respecter ses engagements.

LE RÉSUMÉ

Après douze années intenses au sein d’une municipalité de banlieue Parisienne, Clémence Collombet (Isabelle Huppert) a annoncé qu’elle ne se briguerait pas un nouveau mandat. Elle va passer la main à Naidra (Naidra Ayadi), prête à reprendre le flambeau dans les prochains jours.

Avant de passer la main, Clémence veut boucler le dossier des Bernardins, une cité insalubre pour laquelle elle se bat ardemment. Pour cela, elle doit obtenir le déblocage d’une enveloppe gouvernementale auprès de Jérôme Narvaux (Laurent Poitrenaux), le président du Grand Paris.

Je veux pas partir comme une voleuse.

Il s’agit aussi de mettre dehors les marchands de sommeil comme Esposito (Soufiane Guerrab), qui profitent de la situation.

Michel Kupka (Jean-Paul Bordes) pose problème. Scandalisé par les exigences abusives de M. Chaumette (Vincent Garanger), il incite les habitants à ne plus payer leurs charges.

Malheureusement, les fonds étatiques ne pourront être versés que si la situation est régularisée. Pour y parvenir, il faut embarquer tous les résidents. Collombet peut compter sur le génie de Yazid Jabbi (Reda Kateb). Son fidèle directeur de cabinet songe à mener une action en justice contre Chaumette afin de convaincre Kupka, et avec lui tous les autres.

La démarche a peu de chances d’aboutir mais elle peut créer une dynamique. Lancer une bataille perdue d’avance mais qui est nécessaire pour obtenir les fonds – sans compromettre une victoire aux élections. Compter sur l’effet d’annonce pour embarquer tout le monde.

Une promesse non tenue, c’est pas un mensonge.

En l’occurrence, Clémence ment sur toute la ligne.

Je ne suis pas là pour vous dire qu’on va se battre, je suis là pour vous dire qu’on va gagner!

En off, Narvaux contacte Collombet pour l’informer que le Premier Ministre songe à elle pour son prochain gouvernement.

Vous avez exactement le profil.

Les ambitions endormies de la mairesse qui songeait à la retraite sont aussitôt ravivées. Malheureusement, elle reste sur le carreau. Barrée par Guillaume Mars (Stefan Crepon) dont les propos lui sont rapportés par Narvaux.

Y aura pas d’autre rendez-vous. Ça s’arrête là. Y’a rien à comprendre. Il a dit : ‘C’est pas avec elle qu’on va faire rêver les gens’.

Amère.

Le dossier des Bernardins patine.

Contre toute attente, Collombet annonce à Pierre Messac (Hervé Pierre) qu’elle reste dans la course. Elle veut se présenter à nouveau.

Je peux pas arrêter.

Le responsable du parti est furieux.

Maintenant c’est trop tard!

Naidra se sent trahie. Yazid n’est pas d’accord avec cette réaction d’orgueil. Il quitte l’équipe.

Une information de dernière minute fournie par Kamel (Walid Afkir) dans le dossier des Bernardins peut tout renverser. Yazid jette ses dernières forces dans la bataille. Il convainc Kupka et obtient le règlement des charges à la toute dernière minute. Le dossier pourrait être réglé si le Premier Ministre donne son accord. Collombet pourrait se retirer avec les honneurs.

Clémence est informée. Elle fait pression sur Messac pour qu’il use de son influence auprès du Premier Ministre. Si elle obtient les soixante trois millions, elle promet de laisser la place.

Le budget est accordé. Collombet renonce finalement à se représenter, comme promis. Elle peut aller retrouver Yazid qui dort devant chez elle après avoir passé une nuit blanche à batailler pour sa Reine.

L’EXPLICATION

Les Promesses, c’est ne pas tourner complètement le dos à la politique.

Dernièrement, les taux d’abstention record rappellent le désamour grandissant pour la politique. Désacralisation de la fonction et surtout trop de promesses non tenues conduisent les citoyens à se désintéresser complètement des affaires de la Cité.

Quelle est la valeur d’un vote quand un candidat en vaut un autre? La machine politique est comme une bête sauvage que personne n’arrive à maitriser (cf Nixon).

Si ça va au bout, il va falloir désapprendre tout ce que vous savez.

Les discours des élus finissent par tous se ressembler.

Je vous donne ma parole.

Tous pourris (cf The Batman).

Kupka est à l’image de tous ces électeurs qui sont fatigués de se faire exploiter. Puisque rien ne change au fil des mandats, ils se mettent en grève générale.

À partir du moment où on joue pas, on peut pas perdre.

Or si plus personne ne s’y intéresse, la porte est ouverte aux opportunistes.

Sans règle, y a pas de renouvellement et sans renouvellement, pas de démocratie. Sinon c’est juste une jungle.

Il serait bon de se rappeler qu’il n’existe pas beaucoup plus noble fonction que d’être responsable de ses co-citoyens. Sacrifier sa vie pour la mettre au service des autres, qui n’ont toujours que des problèmes.

Il ne s’agit pas que d’un simple jeu de pouvoir.

Certes la fonction politique est faite de calculs (cf Les Marches du Pouvoir, La Conquête) puisqu’il s’agit de composer avec différents groupes d’intérêt pour continuer de faire avancer le bateau – si possible sans le faire couler (cf Macron à l’Élysée).

On ne peut d’ailleurs pas en vouloir à Yazid de réfléchir aux différents chemins pour arriver à destination. Il s’agit d’un jeu d’échecs. C’est le métier.

La vérité, c’est plus vraiment le problème.

Par contre, on ne doit pas oublier que Yazid est au service de Collombet dont l’éthique est irréprochable.

On fait toujours de la politique avec ce qu’on est.

Collombet a toujours fait de ses administrés sa priorité. Elle s’est engagée sur la question des HLM et souhaite absolument s’y tenir. Ce ne sont pas des mots en l’air.

Lorsqu’on lui propose de devenir Ministre, son ego la chatouille forcément. Comment ne pas vouloir mettre son encoche à l’Histoire de France, comme lui propose Narvaux?

Clémence a promis à Naidra qu’elle la laisserait avancer, à condition que les habitants des Bernardins s’y retrouvent – comme elle leur avait promis également. Sa candidature surprise n’est rien d’autre qu’un nouveau levier pour obtenir ce qu’elle souhaite.

Pour faire bouger les choses en politique, il faut nécessairement faire des propositions. Toutes ces promesses ne sont pas faites dans le vent. Collombet et Jabbi forment un couple politique efficace, droit dans leurs bottes. Il en existe encore.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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