MACRON À L’ÉLYSÉE, LE CASSE DU SIÈCLE

MACRON À L’ÉLYSÉE, LE CASSE DU SIÈCLE

Pauline Revenaz, Jérémy Trottin, Guillaume Bernhard et Alexandre Funel, 2018

LE COMMENTAIRE

Les hommes et femmes politiques visant la victoire aux élections présidentielles deviennent par nécessité de véritables machines de guerre (cf La Conquête). Ils sont les champions du sourire de circonstance et de la main tendue. Proposant aux électeurs des lois Pacte, comme le diable.

LE PITCH

Le loup de Bercy ambitionne de braquer le palais de l’Elysée.

LE RÉSUMÉ

Emmanuelle Macron, surnommé ‘le Petit Prince’ quitte son poste de Secrétaire Général de l’Elysée, vexé de ne pas avoir obtenu de Ministère dans le gouvernement de François Hollande.

Blessé. Touché dans son orgueil, Emmanuel Macron a laissé éclater sa colère à la sortie d’une réunion. (…)  Il sort. il tombe dans les bras de Stéphane Le Foll et il dit : ‘Tu sais, je reviendrai et j’attaquerai tout le monde au pic à glace!’ (cf Basic Instinct)

Le 26 aout 2014, il fait son retour au gouvernement en qualité de Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. En privé, l’ancien banquier en profite pour multiplier les rencontres : intellectuels, chefs d’entreprise, et personnalités défilent dans son bureau. Au détriment de François Hollande qu’il était censé servir.

Macron avance masqué, accompagné d’une poignée de talents dévoués parmi lesquels Ismael Emelien, Benjamin Griveaux, Cédric O., Stanislas Guerini, Adrien Taquet. L’équipe recrute des profils pouvant les aider à s’armer.

Elle est très maline et hyper sympa. C’est son job de soutirer de la maille à ceux qui ont de la thune et en plus c’est une meuf ce qui est un atout non négligeable.

Ils fondent ce qui est d’abord un Think Tank, histoire de ne pas attirer l’attention : En Marche, comme les initiales de son guide.

Macron drague une communauté de puissants de plus en plus concernés par les dysfonctionnements français. Le Ministre flirte avec Bayrou, Edouard Philippe, Corinne Lepage, Jean-Yves Le Drian. En visite chez Philippe de Villiers, le socialiste se renie.

L’honnêteté me pousse à vous dire que je ne suis pas socialiste. Je suis dans un gouvernement de gauche mais je vais vous dire… quelle importance?

S’il n’est pas socialiste, alors qui est-il? Un politique hybride qui anticipe les événements sans jamais se tromper : la défaite de Juppé, de Valls, l’obstination de Fillon… Comme s’il savait.

Quelques temps après sa démission, il annonce officiellement sa candidature. Au discours de la Porte de Versailles, le futur Roi rentre en transe et en perd sa voix.

Maintenant… votre responsabilité… c’est d’aller partout en France pour le porter! Et pour gagner! Ce que je veux… c’est que vous… partout… vous alliez le faire gagner!! Parce que c’est notre projet!!!

Lors du débat, il ridiculise Marine le Pen. Il remporte 67% des votes au second tour. Lors du discours du Louvre, il promet de servir les Français avec amour. Il ne reste aujourd’hui plus rien de l’ancien QG d’En Marche, rue de l’Abbé Groult.

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L’EXPLICATION

Le Casse du Siècle, c’est le braqueur démasqué.

Le jeune Picard, monté à Paris pour ses études, a un talent : il sait se faufiler pour être au bon endroit, au bon moment, grâce à son réseau d’amis influents comme Alain Minc ou Jacques Attali. Des hommes au dessus des partis et qui veulent déboulonner un Ancien Monde à la table duquel ils se sont pourtant copieusement goinfré.

On vient de réaliser un braquage comme dans Ocean’s Eleven, sauf qu’on était moins nombreux. Faut dire qu’on connaissait le proprio et qu’on avait les plans!

Emmanuel Macron se révèle être le digne héritier de Machiavel, monstre politique.

Parti de rien, sans mouvement, sans argent, sans troupe. Il se fait élire à la fonction suprême après avoir terrassé toutes les têtes d’affiche politique et pulvérisé les partis. 

Derrière les sourires, le quadra a pourtant un défaut considérable : il est sacrément orgueilleux. Celui qui aime se regarder dans les miroirs de l’Elysée n’aime pas qu’on le contre-dise. Il s’entoure de jeunes à son image, ‘prêts à mourir pour lui’. Tous persuadés d’être dans le vrai. Une génération capable de tout renverser sur son passage, grâce à la fougue de la jeunesse. Les membres d’En Marche sont convaincus d’avoir raison. Les fidèles ne sont pas encore au pouvoir qu’ils n’écoutent déjà plus rien. Ils n’ont de leçons à recevoir de personne et surtout à donner à tout le monde.

Ils étaient assez imperméables à ce qu’on pouvait leur apporter. Sur le plan humain, il n’y a pas eu beaucoup de délicatesse.

A posteriori, Macron se révèle être un beau traître qui a su s’entourer d’opportunistes.

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À peine plus d’un an plus tard, celui qui se dit être ‘fait pour la tempête’ doit être ravi.

En même pas deux ans de mandat, le bon élève aux crocs acérés s’est révélé être un Président qui ne change pas d’avis et donc de cap. Un Président méprisant envers les Gaulois réfractaires – comme s’il n’avait jamais lu Astérix. Le cavalier blanc gouverne le pays comme une start-up dont la majorité des employés sont des Français ‘laborieux’ qui regardent encore TF1 et vont en vacances au Camping. Le roi – de la com’ – multiplie les dérapages : le pognon de dingue, la photo polémique, le Maréchal Pétain, les sans-papiers. Il monopolise l’espace médiatique puis se tait quand on aurait besoin de l’entendre. Prétend se moquer de ce qu’on pense de lui bien qu’accroc aux sondages. Le Président des puissants a libéré les riches de l’ISF tout en grattant 5 euros sur les APL. Un Président selfie dont l’autorité ne saurait être contestée par un adolescent qui l’appelle ‘Manu‘ devant les caméras. Confondant plébiscite avec vote sanction. Comme si 67% face à Marine Le Pen donnait le droit de réformer tête baissée, sans consulter. Un chef des armées lâché par ses généraux Hulot et Collomb. Ce menteur a regardé Jean-Jacques Bourdin dans les yeux pour lui dire qu’il ne toucherait pas aux retraites. Cette grenouille Jupitérienne veut se faire aussi grosse que le boeuf Russe, avant d’être remise à sa place. Ce Président de façade serre très fort la main de Donald Trump puis se prend la fessée. Son humour est douteux lorsqu’il s’agit des migrants ou des Bretons. Lui à qui il suffit de traverser la rue pour trouver du travail aux chômeurs. À voile et à vapeur, de droite et de gauche, en oubliant d’être de gauche. Un Président protégé par des barbouzes. Pourfendeur de ‘fake news’. Qui décide de ce qui intéresse ou pas les Français. Make the planet great again, uniquement quand ça l’arrange. Qui gigote en tribune présidentielle pendant la Coupe du Monde pour qu’on l’associe à la victoire (cf Les Bleus 2018). Qui met les autorités au défi de venir le chercher, bien protégé derrière la Constitution. Une France brûle par la faute de celui qui devrait maintenir l’équilibre.

Fin stratège pour les uns. Imposteur pour les autres. En tout cas, il ne triche pas. Il gouverne comme il a remporté les élections. Nous récolterons ce qu’il sème.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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