A HISTORY OF VIOLENCE

A HISTORY OF VIOLENCE

David Cronenberg, 2005

LE COMMENTAIRE

Les parents ont la responsabilité d’éduquer leurs enfants. Ils ont aussi le devoir de leur montrer l’exemple. Car les enfants sont des éponges qui absorbent et reproduisent tout ce qu’ils voient, sans filtre. Si les parents se disent bonjour selon la tradition Maori, en se cognant le front ; alors on peut s’attendre à une épidémie de coups de boule dans les cours de récréation.

LE PITCH

Un homme a priori sans histoire révèle sa véritable identité.

LE RÉSUMÉ

Tom Stall (Viggo Mortensen) est un bon père de famille, un mari aimant ainsi qu’un petit commerçant dans la bourgade de Millbrook dans l’Indiana. Rien à signaler. Jusqu’au jour où deux hommes pénètrent dans son diner et menacent de braquer le restaurant. Tom sort de sa réserve légendaire et tue ses assaillants avec sang froid. Il fait la une des journaux.

Cette popularité lui vaut la visite de Carl Fogarty (Ed Harris), un mafieux à l’oeil de verre qui prétend que Tom est en réalité Joey Cusack, un ancien membre de la pègre de Philadelphie. Le sheriff local s’inquiète et soupçonne Tom d’être sous protection.

Tom cherche à rassurer tout le monde. Il nie en bloc mais l’assurance de Carl déstabilise Edie Stall (Maria Bello).

My husband does not know you!

This isn’t a completely dead eye. It still works a bit. The problem is, the only thing I can see with it is Joey Cusack.

Pendant ce temps, Jack (Ashton Holmes), le fils aîné des Stall se fait chahuter au lycée.

Yeah, puss. Run away. Goddamn, I bet your daddy would be real ashamed by you.

Son père tente de l’en dissuader sur le vieux principe du faites ce que je dis, pas ce que je fais.

In this family, we do not solve our problems by hitting people!

Puis Jack se fait kidnapper par Fogarty qui exige que Joey, alias Tom, l’accompagne à Philadelphie. Tom avoue qu’il est effectivement Joey puis tue Fogarty et ses sbires.

À l’hôpital, Edie confronte celui qu’elle croyait être son mari.

So… you didn’t grow up in Portland. And you never talk about your adopted parents because you don’t have any! And our name… Jesus Christ, my name. Jack’s name. Sarah’s name? Stall? Tom Stall? Did you just make that up? Where did that name come from?

I mean… It was available.

Yeah. I guess I was available, too.

Joey passe aux aveux. Il était bien un tueur.  En quête de rédemption, il a fui cet environnement pour trouver la paix dans l’Indiana. Malgré sa confession, les relations restent tendues. Edie le couvre néanmoins lorsque le Sheriff revient aux nouvelles.

L’appel de Philadelphie est trop fort. Richie Cusak (William Hurt) réclame également son frère. Joey se rend en Pennsylvanie et tombe dans un traquenard. Richie veut se débarrasser de lui. Joey s’en sort miraculeusement, en tuant tout le monde au passage. Il rentre à la maison, les larmes aux yeux.

Edie et Jack semblent le tolérer à la table mais l’avenir semble incertain.

L’EXPLICATION

A History of Violence, c’est arrêter de se voiler la face.

Dans la vie, il est toujours plus facile de faire l’autruche. Face à l’insoutenable réalité, on préfère fermer les yeux (cf Eyes Wide Shut) et on avale la soupe qu’on veut bien nous servir (cf Treasures from the Wreck of the Unbelievable). C’est plus commode.

On peut par exemple se convaincre que la mobilisation des gilets jaunes s’essouffle en brandissant quelques chiffres pour mieux ignorer que ça brûle dans toutes les villes de France. On compte la mobilisation du samedi en oubliant d’additionner celle du dimanche. C’est pratique. Les médias accusent les gilets jaunes de vouloir détruire nos nobles institutions pour ne pas avoir à reconnaître le niveau de désespoir de ces manifestants qui défilent pourtant chaque samedi depuis déjà trois mois! Comme si le peuple n’avait pas autre chose à faire de ses week-ends que de râler. Le gouvernement leur a donné un os pourri à mâcher, ainsi que quelques bons coups de matraque au passage. François de Rugy a regretté que le mouvement gâche la magie de Noël. Gilles le Gendre se convainc qu’il a été trop intelligent. Et Emmanuel Macron débat, tout seul. L’autruche a la tête bien profond sous terre.

On peut aussi prétendre que le monde n’est pas violent. Nous sommes civilisés, pointons chaque jour consciencieusement et nous promenons sur les quais de Seine pour profiter du soleil le week-end pendant qu’à quelques centaines de mètres à peine, les autres réclament un peu de justice sociale. Nous avons fait le choix d’ignorer la violence du monde parce que nous n’en sommes pas victimes nous-mêmes, en dehors de quelques uns d’entre nous qui ont contracté le virus du burn out (cf Chute Libre).

Il est vrai que nous n’allons pas cracher sur nos privilèges. Quel plaisir de vivre dans une petite communauté tranquille de l’Indiana, loin des gros méchants de la côte Est, en compagnie de ses enfants bien élevés et de sa femme aimante.

Do you like being married? Does it work for you? I can’t see it working for me. I never got the urge, you know? A lot of great-looking women in the world. I never met one made me wanna give up all the others.

Tom est à l’image de Gal (cf Sexy Beast), il a pris sa retraite et souhaite que personne ne vienne l’en déloger. Joey : c’est le passé.

Hey, when you dream, are you still Joey?

Joey’s been dead a long time.

Tom a fait l’erreur de penser qu’il pouvait échapper au monde. Il a voulu croire qu’il pouvait se soustraire à ses obligations. Philadelphie se rappelle à ses bons souvenirs. Céline Dion également. On ne change pas.

I see what’s inside your husband, what makes him tick. He’s still the same guy.

Bas les masques. Tom doit admettre qu’il est Joey. Plus de retour en arrière.

That’s what I am… your Dad.

Are you really? So, you’re some kind of closeted mobster… Dad? I mean, if I go rob Mr. Millikan’s drug store, will you ground me if I don’t give you a piece of the action? What, Dad? You tell me.

Please, son. Don’t…

Dans cette histoire, les gangsters sont finalement les moins hypocrites.

You sound like you really believe your own crap, don’t you? You know, you’re trying so hard to be this other guy. It’s painful to watch.

Repensons à cet amour de façade entre Tom et Edie, dégoulinant de bons sentiments.

I remember the moment I knew you were in love with me. I saw it in your eyes. I can still see it.

Of course you can. I still love you…

I’m the luckiest son-of-a-bitch alive.

Tout cela est d’autant plus abjecte que leur couple ne repose sur rien d’autre que du vent. Un joli mensonge en somme.

Joey a eu le courage d’avouer. Il s’est même repris en main en allant faire le ménage, tout seul comme un grand. Pour mieux retourner à la maison, la queue basse, en espérant que sa famille le reprenne.

Chasser le naturel…

LE TRAILER

https://www.youtube.com/watch?v=Wi-cPZWWtkY

Cette explication n’engage que son auteur.

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