THE THING

THE THING

John Carpenter, 1982

LE COMMENTAIRE

Pas besoin de contracter un virus (cf Contagion) ou de se faire infecter par un zombie (cf 28 jours plus tard) pour devenir monstrueux. On peut tout simplement laisser s’exprimer sa vraie nature : impatiente, colérique, violente. Ainsi, on monte dans les tours, tout en montrant les crocs. Ou on peut tout simplement trop picoler et avoir la gueule de bois (cf Very Bad Trip). C’est facile et ça marche tout aussi bien.

LE PITCH

Une chose étrange décime un groupe de scientifiques. Sale ambiance en Antarctique.

LE RÉSUMÉ

Une navette spatiale s’écrase sur terre.

Au Pôle Sud, un hélicoptère Norvégien – qui s’est vraisemblablement trompé d’hémisphère – poursuit un chien dans le but de l’abattre. L’animal se réfugie au centre de recherche américain. Le lieutenant Garry (Donald Moffat), sympathisant de 30 millions d’amis, prend ses responsabilités et abat le pilote nordique.

R.J. MacReady (Kurt Russell) mène une expédition au camp scandinave. La délégation américaine y trouve des corps calcinés et des restes d’un cadavre humanoïde qu’ils embarquent pour l’expertiser. Le biologiste Blair (Wilford Brimley) est étonné de découvrir que les organes semblent humains.

Clark (Richard Masur), le maître chien, ramène son animal au chenil. Celui-ci se transforme en une créature monstrueuse qui dévore les autres. Childs (Keith David) intervient avec son lance-flammes.

Une nouvelle autopsie semble montrer que la chose reproduit à l’identique n’importe quelle forme humaine. Blair lance une simulation sur son ordinateur qui lui annonce que l’humanité disparaitrait en 27,000 heures en cas de contact de cette chose avec la civilisation. Trois ans. Ça nous laisse quand même un peu de temps.

Bennings (Peter Maloney) est victime de la chose. MacReady l’enflamme et avec lui les chiens, l’hélicoptère et la radio. Les voilà isolés du monde. MacReady fait un burn out (cf Chute Libre). Ses collègues l’enferme. Il se libère et menace tout le monde de son lance-flammes. Il impose les contrôles sanguins, comme sur le tour de France.

I know I’m human. And if you were all these things, then you’d just attack me right now, so some of you are still human. This thing doesn’t want to show itself, it wants to hide inside an imitation. It’ll fight if it has to, but it’s vulnerable out in the open. If it takes us over, then it has no more enemies, nobody left to kill it. And then it’s won.

Cette décision unilatérale ne plait pas à tout le monde. La paranoïa gagne le groupe.

Nobody… nobody trusts anybody now, and we’re all very tired.

Palmer (David Clennon) est démasqué. Les survivants parviennent jusqu’au vaisseau spatial et découvre que Blair est également infecté. MacReady fait tout exploser et se retrouve dehors, dans le froid polaire (cf Snowpiercer), en compagnie de Childs. Les deux hommes se réchauffent auprès du feu. Jusqu’à quand?

Well, what do we do?

Why don’t we just… wait here for a little while… see what happens?

thething7

L’EXPLICATION

The Thing, c’est essayer de ne pas perdre le nord.

On sait depuis longtemps que la plus grande menace pour l’homme, c’est lui-même (cf Sphere). En l’occurrence, la chose est une menace complètement farfelue venue de l’espace mais qui fait de vrais dégâts – par mimétisme. Elle reproduit son environnement à l’identique (cf The Imitation Game), dans le but de survivre (cf Life) à nos dépens.

Cette chose s’appuie sur la bêtise. Les scientifiques Américains, malgré leur PhD, semblent encore avoir quelques lacunes honteuses en géographie.

Hey, Sweden!

They’re not Swedish, Mac. They’re Norwegian.

Puis la chose créée la confusion, ce qui conduit la population a développer des théories complotistes. Le gouvernement était au courant. Le gouvernement sait toujours tout.

They’re falling out of the skies like flies. Government knows all about it.

Cette situation conduit les hommes à se poser des questions philosophiques auxquelles ils ne sont plus habitués.

If I was an imitation, a perfect imitation, how would you know if it was really me?

Quand la menace extérieure nous pénètre au point d’en devenir une menace intérieur, les repères sont brouillés. À partir du moment où chacun devient un danger, l’ordre social précaire s’effondre complètement. Tout le monde perd les pédales. On s’attache et on s’examine les globules rouges par suspicion.

I know you gentlemen have been through a lot, but when you find the time, I’d rather not spend the rest of this winter TIED TO THIS FUCKING COUCH!

Les hommes finissent par en avoir une attitude carrément extrême. MacReady s’improvise kamikaze.

Anyone messes with me… and the whole camp goes!

Ou alors ils sortent leur joker : la carte religieuse. Quand personne n’a plus de réponse, on se réfugie derrière Dieu. Pratique.

Trust’s a tough thing to come by these days. Tell you what – why don’t you just trust in the Lord?

Dans le tumulte, il est néanmoins essentiel de maintenir son sang froid. Il faut savoir raison garder. Childs ne se laisse pas impressionner par ces histoires abracabrantesques.

I just cannot believe any of this voodoo bullshit.

MacReady, le gendarme du monde muni d’un lance flammes empruntés aux Nazis (cf Le Vieux Fusil) revient à la raison. Il redevient le cow boy qu’il a toujours été au fond de lui, en maniant un langage fleuri comme d’autres manient de la TNT. Pour un résultat explosif.

Yeah, fuck you too!

Ne pas perdre le Nord c’est garder à l’esprit que nous jouons toujours un rôle dans les problèmes dans lesquels nous sommes impliqués. Inutile de nous poser comme des victimes de l’évolution, des gouvernements précédents, de la conjoncture ou de faits de jeu… Il serait temps que nous considérions enfin l’hypothèse selon laquelle nous pourrions être la source de nos propres ennuis. Et si nous étions le cancer de la société (cf Matrix)? Auquel cas, plutôt que de chercher la vie éternelle (cf Covenant), nous pourrions simplement accepter de quitter la scène lorsque la pièce est finie, sans faire de vague.

How will we make it?

Maybe we shouldn’t.

Ne pas perdre le nord c’est se rappeler en toute circonstance quelle est notre modeste place dans le monde : assis quelque part les fesses dans la neige, discrètement.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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