LE FLÉAU

LE FLÉAU

Mick Garris, 1994

LE COMMENTAIRE

On dit des rats qu’ils quittent le navire pour mieux dénoncer toutes celles et ceux qui abandonnent un bateau en train de couler (cf Titanic), plutôt que de se battre jusqu’au dernier souffle (cf La Chute) afin de peut-être sauver ce qui est possible de l’être. Comme s’il y avait toujours un espoir. Doit-on vraiment sacrifier notre instinct de survie (cf Le Pianiste, Life) sur l’autel de l’héroïsme?

LE PITCH

Les survivants de l’apocalypse doivent choisir leur camp.

LE RÉSUMÉ

Le Project Blue vire à l’alerte rouge. Les scientifiques d’un laboratoire secret de Californie tombent comme des mouches, victimes d’un virus létal (cf Contagion). Charlie Campion (Ray McKinnon), sa femme et leur enfant s’enfuient avant que la base ne soit condamnée. Ils font ainsi voyager une super-grippe jusqu’au Texas.

People die on the flu??

Le Général Starkey (Ed Harris) tente de maîtriser la situation bien qu’il soit déjà trop tard.

I think we’re in big trouble. (…) The centre doesn’t hold. Things fall apart.

Quelques semaines suffisent pour décimer la quasi-population des États-Unis. Des dizaines de miraculés s’en sortent, sans comprendre pourquoi.

Parmi eux Stu Redman (Gary Sinise), Frannie Goldsmith (Molly Ringwald), Harold Lauder (Corin Nemec), Nadine Cross (Laura San Giacomo), Richard Farris (Ossie Davis), Lloyd Henreid (Miguel Ferrer), Glen Bateman (Ray Walston), Larry Underwood (Adam Storke), Julie Lawry (Shawnee Smith), Nick Andros (Rob Lowe), Tom Cullen (Bill Fagerbakke) ainsi qu’un pyromane surnommé Trashcan Man (Matt Frewer).

Ces hommes et ces femmes font chacun des rêves étranges qui les conduisent vers Las Vegas et l’inquiétant Randall Flagg (Jamey Sheridan) ou vers le Nebraska auprès de l’accueillante Abigail Freemantle (Ruby Dee). Dans l’anticipation d’un conflit final, le groupe de Mère Abigail par s’installer à Boulder dans le Colorado.

Flagg se révèle être un démon. Il est un manipulateur égoïste (cf Mon Roi) et laisse sa colère guider ses décisions tandis qu’Abigail prone des valeurs de tolérance et d’amour du prochain.

Tom, Dayna Jurgens (Kellie Overbey) et le juge Farris infiltrent le groupe de Vegas comme espions mais sont rapidement identifiés par Flagg. Après la disparition de Mère Abigail, une mission formée par Stu, Larry, Glen, et Ralph (Peter Van Norden) part pour le Nevada afin de confronter Flagg.

Celui-ci a violé Nadine pour qu’elle donne naissance à l’antéchrist (cf Damien). Elle se suicidera afin d’empêcher cette abomination.

We are dead and this is Hell!

Blessé à la jambe, Stu doit s’arrêter. Larry, Glen et Ralph sont capturés. Glen est assassiné dans sa cellule. Alors que Larry et Ralph sont sur le point de se faire écarteler sur la place publique, Trashcan Man arrive à Vegas totalement irradié – un missile atomique sur sa remorque.

L’esprit d’Abigail fait exploser la bombe – non sans avoir remercié ses kamikaze au préalable.

You done good, boys, come on home.

Flagg s’est transformé en corbeau, parvenant à s’échapper avant l’explosion.

Stu est soigné par Tom Cullen. Il peut ainsi retrouver Frannie qui vient d’accoucher de leur fille. Le bébé a contracté la super-grippe mais a développé des anticorps. L’humanité peut respirer. Les parents sont heureux.

L’EXPLICATION

Le Fléau, c’est son plus petit dénominateur commun.

La vie est une grande comédie où nous jouons tous, plus ou moins bien, des rôles (cf Le Jeu). Nous mettons pas mal de confiture sur notre quotidien dans le but de mieux pouvoir nous calquer sur les douze archétypes de personnalité de Jung. Ce qui nous permet de nous fantasmer comme explorateurs (cf Indiana Jones), magiciens (cf Harry Potter) ou bouffons (cf Le diner de cons).

En vérité, les occasions de voir de quel bois nous nous chauffons sont rares, mais elles existent. Chacun dans sa vie aura l’opportunité de révéler le pire ou le meilleur de sa personnalité. Face au choix (cf Matrix), certains vont faire preuve de grandeur (cf L’Armée des Ombres, L’Aventure du Poséidon) tandis que les autres pourront faire l’étalage de leur lâcheté (cf L’assassinat de Jesse James, Le salaire de la peur).

De ce point de vue, une pandémie globale est inespérée. Quand tout le monde disparait et qu’on ne peut que survivre, alors plus besoin de s’embarrasser avec du maquillage. Il ne reste que soi – et l’autre (cf Seuls two).

Dans ce scénario, on peut ne penser qu’à soi et ses propres intérêts. Oublier l’autre. Céder à la panique comme Campion qui met son professionnalisme de côté pour sauver femme et enfant, mettant en danger la vie des milliards de personnes. Suivre le chemin de la facilité en revenant à l’état animal permis par Randall Flagg, le dictateur.

Everything will be fine as long as you remember who is the boss and who has power.

Tout faire sauter. Mettre le feu. Faire régner l’anarchie.

Au contraire, on peut décider de vivre en respectant une certaine éthique parce que l’humanité a prouvé qu’elle était capable d’être civile (cf Green Book). Être à l’écoute. Cultiver son humilité. Suivre les sages conseils d’une vieille dame pour que la vie en communauté soit possible. Se sacrifier en se disant que notre vie n’aura pas été vaine si notre exemple peut inspirer les autres (cf Le 4e passager).

Alors que Larry est sur le point de se faire lyncher par la foule en délire de Vegas, il reste noble malgré tout. Trouvant le courage de délivrer un message d’avertissement à toutes celles et ceux qui veulent voir couler le sang.

I don’t expect you to stop this, but you better take a good look, because the next time this happens, you’ll find yourselves in this position instead.

Cela ne sert peut-être à rien a priori. Pourtant, s’il reste une chance, alors nous devons la saisir car on ne construit rien sur la terreur.

Stu, Frannie et les autres font partie d’un courant de pensée humaniste qui est persuadée que l’humanité en vaut la peine.

Do you think people can change?

Restons vigilants car le corbeau n’est jamais loin (cf Les Oiseaux).

Ne tombons pas non plus dans l’extrême inverse et la tyrannie des bons sentiments. N’oublions pas que Mère Abigail n’hésite pas à faire sauter une bombe atomique sur Sin City.

Pardonner, c’est très bien. Pêcher de temps en temps n’a jamais fait de mal à personne non plus. Rappelons-nous qu’il faut de tout pour faire un monde.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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