BEYOND THE EDGE

BEYOND THE EDGE
Thomas Zellen, 2016

LE COMMENTAIRE

Alors voilà, les élections c’est sympa mais ça ne dure qu’un temps. On serre la louche à Donald Trump pendant 1 minute chrono avec un grand sourire en draguant les scientifiques Américains derrière son dos. Pendant ce temps, la sixième extinction de masse des animaux s’accélère. Et qu’est-ce qu’on fait? Pas grand chose. À ce train là, Paris malgré ses accords ne verra peut-être même pas ses Jeux Olympiques. Difficile quand on a un ego gros comme Jupiter d’accepter que son destin puisse tenir à une simple petite abeille. Faisons confiance à notre jeune et valeureux président pour se rattraper. Il ne tardera pas à réagir lorsqu’il réalisera que les espèces sont en voie de disparition.

LE PITCH

Bali et Balo sont dans un vaisseau.

L’HISTOIRE

Deux spationautes se disputent alors que leur station est en alerte.

Harold Richards (Casper Van Dien) se réveille chaque matin à 6h sur la mission 88, commence par une série de pompes puis enchaîne par un peu de vélo d’appartement. Après quoi, il donne des sardines à son anguille. Chaque jour, c’est le même rituel.

Son partenaire, le scientifique Abe Anderson (Sean Maher) a lâché l’affaire. Il picole. Il ne se rase plus. Il passe le plus clair de son temps sur le canap à regarder la téloche.

I haven’t done anything today.

Richards meurt accidentellement, électrocuté par son anguille. Seul à bord du vaisseau et à une distance non quantifiable de la terre, c’est à dire « loin », Anderson perd tout espoir, ainsi que les pédales. Il tente de se pendre. Il aperçoit alors une lumière diffuse comme s’il était enfin arrivé au terme de sa mission, à la fin de l’univers.

Anderson est pris d’hallucinations. Il voit les spationautes Decker et Lynch annoncer leur mission jusqu’au bout de l’univers à un parterre de cheveux blancs et trinquer à l’espace. Il plonge dans l’ennui de cette mission qui ne trouve pas son sens.

I’m gonna fix that pinball machine today.

Anderson et Richards finissent par regarder une sitcom en noir et blanc dont ils sont les héros. Le vaisseau continue d’aspirer l’espace. Et puis un jour les abeilles meurent, sans explication. À la suite de quoi Anderson se rappelle pourquoi il a accepté cette mission: pour s’éloigner de son ex.

I wanted to get as far away from her as I could. Time can heal pain.

Les deux hommes se disputent. Richards n’en finit plus de mourir d’électrocution. Il découvre qu’Anderson avait anticipé et même dessiné sa mort.

Anderson essaie désespérément de fixer des cables. Le vaisseau finit par toucher au but et atteint la fin de l’univers, laissant l’obscurité faire place à une lumière diffuse.

Anderson est avec sa compagne. Il reçoit un coup de fil lui annonçant que le poste pour lequel il a postulé a été pourvu. Pas si déçu, il embrasse son amie.

À bord du vaisseau en perdition, Decker tente de couper le bon cable et se trompe. Le vaisseau disparait dans l’espace.

Maybe it was the green one?

L’EXPLICATION

Beyond the edge, c’est le serpent qui se mord la queue.

Anderson et Richards sont deux hommes en quête de réponses, pas pour les mêmes raisons. Anderson se jette dans le vide officiellement au nom de la science alors qu’il le fait davantage par désespoir. Richards quant à lui pense qu’il s’agit de son devoir de patriote. C’est un bon soldat au sens classique qui se rêve en héros. Les deux s’engagent ensemble dans un voyage au bout de l’infini, impossible par définition.

This is beyond imaginary, if you can imagine.

Anderson et Richards sont deux auto-stoppeurs sur l’autoroute d’une vie dont ils ne savent absolument pas où elle peut les conduire. Le vaisseau avance sans réelle trajectoire, il ne fait qu’avaler du vide. Richards observe scrupuleusement sa discipline militaire sans se poser de question. Il coche des cases. Il est bien installé dans sa routine comme la plupart d’entre nous.

Anderson au contraire s’interroge. Il dérange Richards puisqu’il challenge l’ordre établi. Il doute de ce dont on ne doit pas douter, comme le fait que d’appuyer sur des boutons a un sens. Et pourtant quand on arrête de le faire, le vaisseau continue sa route comme si de rien n’était.

Everything here is automated. What makes you think the ship doesn’t fly itself?

Anderson est l’autre moitié d’entre nous, celle qui se réveille la nuit. Celle qui a la boule au ventre. Il est plus torturé et donc plus fragile.

You have to toughen up!

Anderson a pris conscience du néant et du ridicule de l’existence. Richards refuse violemment cette réalité. Quitter sa routine serait un vide bien plus abyssal pour lui.

Just because you realized you’re useless doesn’t mean that I am!

Anderson préfère se laisser dériver. Il s’abandonne à la picole et aux lunettes de soleil. Car la vie épuise autant les corps que les consciences. Anderson a beau s’occuper en essayant de donner du sens avec ses abeilles ou battre son record au flipper, il ne voit jamais rien venir.

Any sign of your main objective? Any sign of the end of the universe?

Quand il semble enfin toucher au but, sans qu’on en soit jamais certain, derrière il y a la même chose. Le duo Richards et Anderson sont interchangeables avec Lynch et Decker depuis que celui-ci fait des infidélités à Black. L’infini est une boucle, comme un jour sans fin. On ne se sort jamais du vaisseau.

Alors on peut se poser la question de pourquoi se demander, compte tenu du fait que ça ne débouche sur rien. Pour combler le vide? Pour s’occuper? La professeure en charge de la mission ne semble pas hésiter un seul instant.

It is a risk we should take.

Elle cite Kennedy qui avait tout compris.

We gonna proceed just like Kennedy said: Not because it’s easy but because it’s hard.

Stomy Bugsy n’a d’ailleurs fait que plagier le Président américain en disant que la vie c’était comme ça, qu’on n’avait pas tout ce qu’on voulait (mon gars) ; donnant malgré lui raison à Etienne Daho qui affirmait que tout n’était que recommencement depuis que le monde est monde. Pourquoi? Peu importe.

None of this stuff matters.

Mélenchon peut continuer de râler, Macron de parader, Hanouna de faire des blagues, Cavani de marquer des buts… Ça n’empêchera pas les générations futures de vouloir passer des vacances sur la plage en août avant de se plaindre de leur patron en septembre.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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