THE DARK KNIGHT : LE CHEVALIER NOIR

THE DARK KNIGHT : LE CHEVALIER NOIR

Christopher Nolan, 2008

LE COMMENTAIRE

La marionnette d’un grand penseur de la fin du XXe siècle, du nom de Francis Cabrel, soutenait que c’était mieux avant. Elle n’avait peut-être pas tort. Sans être pessimiste, on ne peut que constater que notre société donne tous les signaux d’une décadence prochaine. Alors que des millions de personnes sont contraintes de faire l’expérience du confinement, le besoin de prendre l’air devient de plus en plus pressant.

LE PITCH

Gotham city plonge dans le chaos.

LE RÉSUMÉ

Le commissaire Gordon (Gary Oldman) est épaulé par le fougueux procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart) dans sa chasse aux méchants. Bruce Wayne (Christian Bale), alias Batman, voit tout ça d’un bon œil car il aimerait bien raccrocher le costume pour vivre sa vie de patachons avec Rachel (Maggie Gyllenhaal). Harvey Dent serait un Emmanuel Macron (cf Le Casse du Siècle) parfait pour Gotham.

Chacun a sa propre conception de la justice. Wayne pense qu’elle se rend dans l’ombre. Dent pense qu’elle se joue sous les feux de la rampe du tribunal. Et Gordon pense qu’elle doit surtout se finir derrière les barreaux. Tous les trois sont complémentaires et veulent se débarrasser des méchants. Le trio de justiciers traque Lau (Ng Chin Han), un industriel Chinois qui nettoie l’argent sale des gangsters. C’est alors que le Joker (Heath Ledger) rentre en scène.

Son but n’est pas de faire du profit, juste de semer la pagaille.

I’m a dog chasing cars. I would not know what to do with one if I caught it.

Il est comme une toupie (cf Inception), tournant sur lui même, percutant ce qui se trouve sur son chemin. Rachel, la petite amie de Dent, est une victime collatérale des délires du Joker. Dent sort sauf de la tempête, mais plus tellement sain. Il devient Harvey Two Face. La colère l’envahit. Il perd la raison et veut jouer le destin du monde entier à pile ou face. La justice se résume pour lui à une pièce de monnaie.

Dans le tumulte, Batman réussit à déjouer les plans machiavéliques du Joker pour détruire la ville. Néanmoins, il est contraint de neutraliser Dent, lui qui avait pourtant fait renaître l’espoir dans Gotham. Batman et Gordon refusent que la ville entière n’apprenne que Dent était devenu un criminel. Batman doit endosser la responsabilité de ce crime. Il enfourche sa moto comme un chevalier noir qu’il est.

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L’EXPLICATION

The Dark Knight, c’est le yin et le yang.

Le Joker représente l’anarchie. Il désorganise. Cette tête brûlée n’a peur de rien et se réjouit presque qu’Harvey Dent le braque avec le canon de son revolver. Il aime quand les scénarios dévissent.

I’m an agent of chaos.

Notons néanmoins que son braquage de banque est quand même drôlement bien calibré pour quelqu’un qui se vante de ne pas faire de plans.

Le Joker joue avec le côté sombre de chacun. Il incite à basculer du côté obscur (cf Star Wars), ce qui ne tient pas à grand chose.

You see madness, as you know, is like gravity. All you need is a little push.

En colère, Harvey Dent tombe dans ce piège.

Le Joker inquiète car il représente un vide dont la nature a singulièrement horreur.

If, tomorrow, I tell the press that, like, a gang banger will get shot, or a truckload of soldiers will be blown up, nobody panics, because it’s all « part of the plan ». But when I say that one little old mayor will die, well then everyone loses their minds!

Il n’a pas de motif. La richesse n’a pas d’intérêt pour lui. Il veut juste faire régner le désordre.

Some men just want to watch the world burn.

joker

Le Joker est l’élève cauchemar de l’instituteur qu’est Batman car il ne peut être raisonné. Son côté extrême le rend impossible à vivre en société. S’il n’y avait que des Joker, ce serait vraiment l’enfer.

Pourtant on serait bien inspiré de cultiver un peu notre anarchie. Qui sait ce qui se cache derrière? Laissons un peu la place à l’imprévu. Le Joker est d’une certaine manière un élément utile, presque nécessaire, dans ce monde. Il nous pousse à nous remettre en question et nous préserve de la maniaquerie, ou de l’ennui d’un monde pantouflard gouverné par Batman.

Alors que Dent passe de Monsieur Propre à Anton Chigurh (cf No Country for Old Men) en un clin d’oeil, Batman ne fait pas que se faire passer pour un chevalier noir. Il l’est peut-être plus profondément qu’il ne veut bien l’admettre lui-même. En réalité, il partage quelque chose d’intime avec le Joker qui se permet de le tutoyer :

Don’t talk like one of them, you’re not!

Le Joker le fascine. Il est presque son alter-ego. Batman ne peut pas le tuer. Supprimer le Joker serait aussi un peu scier la branche sur laquelle il est assis lui-même. Car après tout: plus de Joker = plus de Batman!

To them you’re just a freak, like me. They need you right now but when they don’t they’ll cast you out, like a leper.

Tout le monde se court après car tout le monde a besoin de tout le monde. Le cosmos au sens des Grecs. Tout est dans l’ordre : il y a des gendarmes d’un côté et des voleurs de l’autre. Et puis d’abord d’où vient l’idée d’éradiquer le crime? On ne se débarrasse pas de la mafia comme ça. C’est complètement farfelu. La mafia fait partie du monde, comme le terrorisme.

Le monde fonctionne en circuit fermé. Le sacrifice final de Batman, que l’on croit héroïque, est totalement intéressé. En devenant le méchant, il se donne une bonne raison de courir pour toute la vie. Car Batman est secrètement hanté par la peur de la retraite.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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