THE PIANIST

THE PIANIST
Roman Polanski, 2002

LE COMMENTAIRE

Quand on arrive en ville, on arrive de nulle part. On n’a pas l’air viril mais on fait peur à voir. Et surtout on se marche très vite sur les pieds. Le trafic est infernal. Plus aucun Parisien ne se rend sur les Champs-Elysées car l’avenue a été annexée par une horde de touristes. On ne peut plus faire les boutiques tranquille. Il ne s’agit en fait que d’un mauvais rêve. Et pourtant on ne peut pas dire que Paris ressemble à un ghetto.

LE PITCH

Wladek Szpilman (Adrien Brody) tente d’échapper aux horreurs de la 2e guerre mondiale.

LE RÉSUMÉ

Szpilman est le pianiste officiel de la radio polonaise. Il est aussi une figure du monde culturel Varsovien, ce qui n’est pas n’importe quoi à l’époque quand on sait que Frédéric Chopin lui-même est né en Pologne.

C’était avant que les Nazis n’envahissent le pays et n’associent pour toujours la ville de Varsovie à la notion de ghetto, un peu comme une tâche indélébile sur les livres de l’Histoire.

Victime d’une rafle, Szpilman se retrouve parqué dans le centre de la ville en compagnie de sa famille et de 380,000 autres Juifs. Il devient ouvrier. Les enfants meurent de faim dans la rue. Les plus vieux sont victimes de la brutalité des soldats. La famille Szpilman finit par se faire déporter dans le camp de Treblinka. Szpilman parvient à s’échapper, séparé de force par un membre de la police du ghetto qui l’a reconnu et souhaite lui offrir une dernière chance.

D’abord hébergé par des résistants polonais, Szpilman doit à nouveau s’enfuir. Il trouve refuge dans un hôpital déserté puis dans une maison en ruines. Il est découvert par un officier Nazi (Thomas Kretschmann) mélomane. Lorsqu’Hosenfeld découvre l’identité de Szpilman, il décide de le protéger en lui procurant de quoi manger, le temps que la ville soit libérée par l’armée rouge.

Szpilman reprendra du service à la radio Polonaise, jouant du Chopin. Quant à Hosenfeld, il sera fait prisonnier par les Soviétiques et mourra quelques années plus tard.

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L’EXPLICATION

Le Pianiste, c’est un survivant.

Le destin est capricieux. Dans la vie, les chemins se croisent. On se rencontre, comme Szpilman et Hosenfeld. Ou on ne se rencontre pas, comme Szpilman et Halina (Jessica Kate Meyer).

It’s a funny time to say this, but… I wish I knew you better.

Szpilman est un pianiste sans groupie.

La vie peut basculer rapidement, suivant les humeurs d’une partition dont on ignore toujours tout de l’auteur. Il faut se préparer aux changements de rythme et se montrer capable de tout relativiser. Parce que le roseau s’en sort à la différence du chêne. Et qu’en enfer, une montre vaut beaucoup moins qu’une tranche de pain.

Here. Sell this. Food is more important than time.

Il faut aussi essayer de garder son sens de l’humour dans la tragédie et prendre les choses avec autant de détachement que possible. Car la vie est aussi injuste qu’ironique. Szpilman le pianiste de renom devient un anonyme du jour au lendemain par la faute d’un moustachu antisémite, guide d’Allemands dont il ne partageait même pas la nationalité puisqu’Hitler était Autrichien de naissance. Dans la débâcle, Szpilman manque de se faire tuer par un soldat car il porte un manteau de la Wehrmacht qu’un militaire lui a légué pour le protéger du froid Polonais. On dirait de l’humour Juif.

What’s the matter with you all, huh? You lost your sense of humor?

The Pianist c’est la chute brutale des températures qui indique à la Bernache Nonette qu’il est temps de migrer. À la question de savoir s’ils devaient rester ou partir, les Clash n’ont jamais trouvé la réponse. Szpilman est confronté au même problème. Face au tsunami Nazi, il prend la décision de rester sur la plage plutôt que de s’enfuir. Il est un Juif anticonformiste dans le sens où il refuse l’exode.

I’m not going anywhere.

Il se cache plutôt que se battre. Il devient le témoin impuissant de l’horreur. Il regarde les tanks pénétrer dans la ville du haut de sa fenêtre. Szpilman est un artiste, il n’est pas belliqueux. À vrai dire, il n’a même que la musique. Il est pratiquement autiste. Tout ce qui s’est passé, il l’a subi. Tout ce qu’il demande c’est de pouvoir continuer à jouer au piano.

Dans un contexte extrême comme celui de la seconde guerre mondiale, les natures se révèlent. Certains comme Itzak (Roy Smiles) baissent leur pantalon et changent de camp. D’autres comme Majorek (Daniel Caltagirone) s’inventent en super-héros et rentrent en résistance. Szpilman essaie tout simplement de s’accrocher à la vie. Il résiste à sa manière. La musique va le sauver.

Les héros meurent (cf Jean Moulin). Les anti-héros sont ceux qui survivent. The Pianist est la réhabilitation de la performance humaine à l’heure de Marvel. C’est la victoire du petit Leicester dans un championnat anglais gonflé aux droits TV. C’est le sacre de Kim Collins aux championnats du monde de 2003 avec un modeste 10″03 sur 100m mais que tout le monde a oublié. Tout comme on ne se rappelle pas de Szpilman. Il est le pianiste dans le coin de la pièce du restaurant.

On peut s’identifier à lui plus facilement. En temps de guerre, beaucoup pourraient faire comme lui. C’est pour ça qu’on lui préfère des figures plus emblématiques ou romanesques. On oublie cependant que sa performance n’en est pas moins héroïque. Car survivre n’est pas si facile. Szpilman va réussir à traverser l’orage, ce que tout le monde n’arrive pas toujours à faire. Dans la vie on connaît des jours fastes et parfois on traverse des périodes de turbulences. Les artistes sont à la mode puis les gens se lassent, parce qu’on se lasse de tout. The Pianist rappelle l’importance de ne pas faire de vague afin de réussir à passer ces périodes délicate. Szpilman va sortir indemne de cette deuxième guerre mondiale comme Mark Renton se sort de l’héroïne sans avoir contracté le VIH. Il est en rémission.

La force de Szpilman c’est sa patience qui finit par être récompensée. Comme dit le proverbe Chinois, il ne pleut pas tous les jours. Szpilman fait le dos rond en attendant que les jours meilleurs se décident enfin à arriver. Encore faut-il avoir un peu de chance. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. On pourra dire de Szpilman qu’il fut protégé par une bonne étoile, à la différence de nombreux autres.

LE TRAILER

 

Cette explication n’engage que son auteur.

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