LE DÎNER DE CONS

LE DÎNER DE CONS
Francis Veber, 1999

LE COMMENTAIRE

Georges Brassens, un peu fataliste, pensait la connerie comme une maladie dégénérative. S’il est possible que le temps ne fasse rien à l’affaire, la connerie est néanmoins plus subtile qu’on ne le pense. Elle en existe de différentes sortes. Pour schématiser, on peut séparer d’un côté les cons que l’on qualifiera de gentils, bien qu’ils peuvent en tenir une sacrée couche. Ils ont le défaut d’être un peu lents. Et il y a les cons qu’on qualifiera de méchants qui savent parfaitement raisonner mais se moquent ouvertement des autres. Ils n’ont aucune excuse. Ils sont donc les sales cons.

LE PITCH

François Pignon (Jacques Villeret) est invité à un dîner particulier.

L’HISTOIRE

François Pignon est employé au Ministère des Finances. Sa passion pour les maquettes en allumettes lui vaut d’être repéré par un ami de Pierre Brochant (Thierry Lhermitte). Celui-ci participe chaque semaine à un dîner de cons où les hôtes se moquent de la bêtise de leurs invités. Celui qui invite le plus con de soirée gagne. Et Pignon semble être le parfait candidat.

J’en tiens un!

Comment est-il?

Un champion du monde.

Brochant invite Pignon chez lui pour l’étudier avant de l’emmener dîner. Révulsée par cette pratique, Christine (Alexandra Vandernoot) préfère quitter les lieux.

Pignon est plein de promesses.

Il a une belle tête de vainqueur…

Brochant qui s’est fait un tour de reins au golf n’est décidément pas en état de sortir. La soirée ne va pas aller en s’arrangeant. Sa femme le quitte. Suite à un quiproquo, Pignon réveille les désirs de Marlène Sasseur (Catherine Frot), la maîtresse-pot de colle que l’éditeur cherche à éviter.

Brochant suspecte sa femme d’avoir rejoint son ex, Juste Leblanc (Francis Huster). Pour le savoir, Pignon se fait passer pour un producteur de film Belge puis il fait une nouvelle bourde en donnant le numéro de téléphone de Brochant à la place du sien.

J’ai fait la boulette!

Christine n’est pas avec Leblanc qui n’est pas rancunier et promet à Brochant de l’appeler si jamais il apprend quoi que ce soit.

Christine prise de remords, revient à l’appartement. Elle croise Pignon qui la confond avec Marlène Sasseur. Pour protéger Brochant, il lui explique que Pierre n’est pas du tout affecté par le départ de sa femme. Vexée, Christine tourne définitivement les talons.

Leblanc venu à l’aide de Brochant craint que Christine ne passe la nuit chez Meneaux, un publicitaire qui saute sur tout ce qui bouge. Pour découvrir son adresse, Brochant demande à Pignon l’aide de son ami Cheval (Daniel Prevost) qui se trouve être le contrôleur fiscal de Meneaux. Les quatre hommes découvrent que Meneaux est en fait avec la femme de… son contrôleur fiscal. Cheval, désespéré, quitte les lieux sans oublier de promettre un contrôle à Brochant.

Marlène, également désespérée, veut se venger de Brochant. Elle révèle à Pignon qu’il est le dindon de la farce.

Malgré cette nouvelle et par pitié pour Brochant, Pignon appelle Christine pour rattraper le coup. Il prétend lui parler depuis une cabine téléphonique et sauve leur mariage, avec la manière. Brochant n’a pas le temps de le remercier que Christine rappelle dans la foulée.

C’est Pignon qui décroche.

Mais quel con!

L’EXPLICATION

Le Dîner de Cons, c’est le syndrome du tous pourris.

La connerie est universelle. Les cons sont partout. Si l’on est parfois le modèle de quelqu’un, on n’en reste pas moins le con d’un autre. Dans ce monde, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.

Il y a d’abord Brochant qui est évidemment détestable de par son égoïsme.

J’ai pas de con pour mercredi et je commence à paniquer!

Il est aussi menteur. Il profite de la crédulité des gens pour la tourner à son avantage. Il fait croire à Pignon qu’il va publier un livre sur ses maquettes et se fiche pas mal des espoirs qu’il fait naître.

Vous avez changé ma vie Monsieur Brochant.

Peu importe, du moment qu’il peut se foutre de sa gueule. Brochant a un dégoût de la vie tel qu’il se moque de tout. Plus rien ne compte que son petit plaisir.

On vous a raté cette semaine, on ne va pas vous rater la semaine prochaine.

Sans scrupule, il a piqué la femme de son pote. Et il serait prêt à inviter le père de son meilleur ami pour se moquer de lui.

Tu m’prends vraiment pour un salaud?

Oui.

C’est le fait du Prince. Brochant représente le connard de droite, bien installé dans son appartement Parisien avec vue sur la Tour Eiffel. Il est pote avec ses anciens camarades de promotion, certainement comme ses parents avant lui. Il cache sa richesse aux impôts. Il est une sorte de François Fillon. Il faut absolument lui couper la tête car il fait plus que de la mettre à l’envers au peuple, il le méprise.

L’homme du peuple justement c’est François Pignon, insupportable de connerie. Il est le fonctionnaire minable, largué par sa femme pour plus con que lui. Il a des centres d’intérêt ridicules. Son humour ne fait rire que lui. Il est tellement con qu’il ne réalise même pas qu’on se moque de lui. Pignon représente le connard de gauche. C’est François Hollande qui accueille Emmanuel Macron à l’Elysée avec un grand sourire alors que celui-ci l’a pourtant trahi. Il pardonne à celui qui l’a planté dans le dos. Personne ne se rappellera de lui, comme personne ne se rappellerait de Pompidou si ça n’était pas pour Betty Boop (cf « Pompompidou« ).

Pignon essaie de rendre service ce qui fait de lui le bon con, mais con quand même. Il est celui dont on se moque parce qu’on peut s’en moquer. Ses tentatives de faire le bien se soldent par des échecs cuisants. Pathétique, il enchaîne les bourdes. Il est exaspérant de connerie.

La morale c’est qu’on ne doit avoir pitié de personne. Comme Brochant le fait remarquer avec beaucoup de cynisme, nous cherchons toujours à prendre parti.

Il méchant monsieur Brochant, il est mignon Monsieur Pignon.

Droite ou gauche, nous sommes tous effectivement à mettre dans le même sac. On ne va pas plaindre ce gros con de Brochant qui s’est fait mal – en jouant au golf – et dont la femme s’est barrée – parce qu’il l’a trompée. On ne va quand même pas s’apitoyer sur le sort de ce bourgeois qui noie son désespoir dans du Château-Latour.

De la même manière, on ne doit avoir aucune sympathie pour Pignon, l’abruti de service. Il est pénible. S’il ne se rend compte de rien c’est sa faute. On se fout de la gueule de Pignon car il est fait pour ça. On a le devoir de se moquer de lui.

C’est chacun sa merde. Nous ne sommes pas plus sortis de l’auberge que nous ne sommes sortis de la jungle.

LE TRAILER

 

Cette explication n’engage que son auteur.

2 commentaires

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