NAUSICAÄ DE LA VALLÉE DU VENT

NAUSICAÄ DE LA VALLÉE DU VENT

Hayao Miyazaki, 1984

LE COMMENTAIRE

Les insectes sont nos amis, on le sait. Il ne faut pas seulement apprendre à vivre avec comme l’affirment les écologistes, mais il faut les aimer aussi – comme le préconisaient les Inconnus. Pendant trop longtemps nous avons fait le jeu de l’industrie guerrière des produits chimiques alors que nous pouvons sans doute vivre en paix avec les puces de lit, mites et autres cafards.

LE PITCH

Une Princesse se bat pour l’humanité et l’environnement.

LE RÉSUMÉ

Suite à la guerre des Sept Jours de Feu, l’humanité est en voie d’extinction. Menacée par une forêt toxique dont les spores empoisonnent les habitants (cf Phénomènes), et dont les insectes géants appelés Omus déciment les derniers villages sur terre (cf Love and Monsters).

La Vallée du Vent est encore épargnée, protégée par des vents marins. Les villageois se protègent et vivent dans une harmonie relative jusqu’à ce que les Tolmèques ne les envahissent, tuant le roi Jill et faisant prisonnière la princesse Nausicaä – pourtant incapable de faire du mal à une mouche.

Les Tolmèques veulent ressusciter un guerrier géant pour en finir avec la forêt toxique et permettre à l’humanité de prospérer à nouveau.

Nausicaä découvre les vertus de la forêt.

Les arbres d’ici sont nés pour purifier l’air pollué par les humains! (cf Wall-E)

Alors qu’une horde d’Omus enragés est prête à se livrer à la bataille finale contre le guerrier géant, Nausicaä prend tous les risques pour s’interposer.

Je ne veux plus de victimes.

Elle montre à tous qu’un avenir est possible, dans le respect des intérêts de l’humanité, des insectes et de la nature. L’heure est venue de ranger les masques à gaz.

L’EXPLICATION

Nausicaä de la vallée du vent, c’est la possibilité d’un autre monde.

Il est de fait que les civilisations se sont construites sur la violence (cf Apocalypto, Gangs of New York, Danse avec les Loups).

Les gens ne pensent qu’à la guerre.

On ne prend le pouvoir qu’en renversant l’ordre établi, si possible par les urnes. À défaut, en faisant la révolution. Souvent dans la douleur et parfois dans le sang.

Même si nous tentons de domestiquer tant bien que mal notre instinct animal, force est d’admettre que nous cherchons à conquérir – quitte à devoir détruire ce qui nous entoure ou ceux qui nous entourent (cf There will be blood).

On nous parle d’aimer son prochain, de vivre ensemble, d’amour entre les peuples… mais personne ne se fait de cadeau. De la même manière qu’on ne doit attendre de cadeau de personne (cf Les Misérables). Il serait bien naïf d’imaginer la vie comme autre chose qu’une gigantesque compétition. Si l’on veut quelque chose, il faut le prendre. Sortir les couteaux. Montrer les dents. Asservir les autres. Les écraser si besoin (cf Grave). Faire le nécessaire en tout cas, car à la fin il ne peut en rester qu’un.

Voilà le monde dans lequel nous vivons. Chaque jour le fossé se creuse jusqu’à ce que les peuples s’affrontent à nouveau pour renverser la vapeur. Une réalité guerrière. L’alternative n’est tout simplement pas pensable (cf La ligne rouge).

C’est trop tard. (…) Nous n’avons pas le choix.

Dans cette configuration, le problème est que nous allons lentement mais sûrement dans le mur. Les villes sont détruites. Le ciel s’assombrit (cf Les heures sombres). Sans autre perspective que la survie, chacun se retourne contre l’autre.

Il faut une Princesse pour tirer un constat.

Nous sommes trop cruels.

Partant de ce point de départ, Nausicaä s’interroge sur les raisons qui ont conduit l’humanité à une telle situation. Ce qui la distingue des autres qui poursuivent leur vie sans se poser la moindre question.

Si votre intention est de faire la guerre, je veux en connaitre la raison.

Elle réalise que trop souvent, nous considérons notre environnement comme un ennemi que nous devons neutraliser. La peur d’autrui nous paralyse et nous rend agressif. Nausicaä laisse le renard écureuil la mordre sans réagir afin de lui faire comprendre qu’elle ne lui veut aucun mal. Après quoi, une relation de confiance peut s’instaurer.

Elle comprend ainsi que les armes sont souvent contre-productives (cf Lord of War).

Un fusil ne sert à rien.

Les villageois se méprennent contre la forêt qui ne cherche pas à les tuer mais plutôt à réparer les bêtises des hommes. La nature se défend également, avec ses propres moyens. Nous devrions la préserver plutôt que d’en faire une victime collatérale de nos ambitions égoïstes.

Ne touchez jamais à la forêt!

Nausicaä ne considère pas les Omus comme une menace. Elle ré-instaure le dialogue et prone l’apaisement.

Pardon de vous avoir dérangé, mais nous ne sommes pas vos ennemis.

Nausicaä est capable de faire sa propre auto-critique, ce que personne d’autre autour d’elle n’ose faire. Elle se rend compte qu’elle est également capable du pire.

J’ai peur de moi-même, j’ai peur que la haine ne me rende folle. Je ne veux plus tuer personne.

Digne héritière de Camus, Nausicaä sait qu’un homme ça s’empêche. Plutôt que de se méfier des autres, nous ferions mieux de nous méfier de nous mêmes et de notre pulsion de mort. Alors elle surveille ses sautes d’humeur et n’hésite pas à brûler le pied dans un lac d’acide puis à se jeter parmi les Omus au nom de la vie. Son sacrifice ne sera pas vain puisque les insectes la ramènent à la vie.

Elle fait ainsi la démonstration qu’un autre modèle est possible – en harmonie avec les éléments (cf Ponyo). Les villageois rassurés suivent son exemple.

Le feu est destructeur. On préfère l’eau et le vent!

Ainsi, c’est tout un nouveau courant de pensée pacifiste qui a émergé au Japon au début des années 80, grâce auquel une femme peut s’élever au sein d’une société profondément patriarcale dans le but d’inciter à l’éveil des consciences et au changement des comportements. Tandis que la société Occidentale misogyne travaillait à la maitrise de l’environnement et la protection face aux étrangers, extra-terrestres inclus (cf Independence Day), la possibilité de nouvelles réponses était en train de naître en Extrême-Orient.

N’oublions pas qu’il aura fallu malgré tout deux bombes atomiques pour calmer les ardeurs impérialistes Japonaises.

Le serpent se mord toujours la queue.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

2 commentaires

  • Mon fils est passionné d’insectes. A partir de quel âge conseillez-vous d’aller voir ce film?

    • Difficile à dire mais je dirais qu’une petite dizaine d’années d’expérience me sembleraient appropriées.

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