THE BRUTALIST

THE BRUTALIST

Brady Corbet, 2024

LE COMMENTAIRE

Un architecte réfléchit l’espace d’une manière nouvelle, fonctionnelle et esthétique. Il travaille en plusieurs dimensions pour imaginer différentes expériences en fonction des lumières et des angles. C’est à dire qu’il doit penser à la fois à lui, et aux autres. À la fin de l’histoire, il est pourtant bien tout seul au centre la pièce (cf L’Inconnu de la Grande Arche).

LE PITCH

Un rêve américain tourne au ketchup pour un migrant hongrois.

LE RÉSUMÉ

Ouverture

László Tóth (Adrien Brody) est parvenu à s’échapper des camps pour rejoindre les États-Unis. Sa femme Erzsébet (Felicity Jones) et sa nièce Zsófia (Raffey Cassidy) sont encore en Europe. Par chance, elles sont vivantes. László rejoint son cousin Attila (Alessandro Nivola) basé à Philadelphie.

L’énigme de l’arrivée (1947-1952)

Attila s’est marié avec Audrey (Emma Laird), catholique. Il a ouvert un magasin de meubles qu’il a baptisé sous un nom d’emprunt : Miller & Sons – bien qu’il n’ait pas d’enfant lui-même. László dort dans un placard.

Les deux hommes sont engagés par Harry Lee van Buren (Joe Alwyn), fils de l’industriel Harrison Lee van Buren (Guy Pearce), pour concevoir une bibliothèque. László livre sa vision qui n’est visiblement pas au goût de son client.

It is not alright! This is my home!

Suite à cet épisode, Attila demande à László de partir. Il l’accuse également d’avoir dragué sa femme.

László se retrouve à la rue. Il travaille sur des chantiers et se shoot à l’héroïne avec Gordon (Isaach de Bankolé), un autre ouvrier. Jusqu’à ce que Harrison van Buren retrouve sa trace. L’entrepreneur tient à s’excuser, à le féliciter pour son travail remarquable et à le payer.

I’m ashamed.

You were not prepared for what you saw.

Forget it. Take the money!

Van Buren a aussi en tête de construire un bâtiment sur une colline de Pennsylvanie en l’honneur de sa défunte mère. Il embauche László et lui promet de s’arranger pour faire venir Erzsébet et Zsófia en Amérique.

La dureté de la beauté (1953 – 1960)

Les deux femmes les plus chères à László arrivent enfin. Erzsébet est en chaise roulante car elle souffre d’ostéoporose suite à la famine. Elle fait forte impression à van Buren, impressionné par sa maitrise impeccable de la langue anglaise.

The woman behind the man!

Au passage, van Buren en profite pour ridiculiser László et son accent de cireur de chaussures. L’architecte s’agace de devoir revoir ses plans par la faute de consultants qui cherchent à réduire les coûts. Lors d’une dispute, Harry Lee remet sèchement László à sa place.

We tolerate you!

Après quoi, Harry Lee agresse Zsófia.

Les travaux sont stoppés suite à un accident. László et Erzsébet s’installent à New York.

Des années plus tard, Zsófia leur fait part de son intention de partir vivre en Israël avec son compagnon.

It’s time for us to go.

Ce qui ne réjouit ni László, ni Erzsébet qui craint de se retrouver seule lorsque László lui annonce que les travaux du van Buren Institute reprennent.

Il part à Carrare en Italie pour y retrouver Harrison et choisir le marbre du bâtiment. Lors d’une soirée où il boit trop, László s’écroule. Van Buren profite de sa faiblesse pour le violer.

Who do you think you are? You’re just a lady of the night…

László finit son oeuvre malgré tout, après avoir du renvoyer son ami Gordon et failli tuer sa femme d’une overdose pour soulager ses douleurs. Le projet est réussi mais László sait qu’il n’a pas sa place aux États-Unis. Il accepte la proposition de sa femme et part à son tour en Israël.

They do not want us here! We are worst than nothing…

This place is rotten. The landscape, the food we eat. This whole country is rotten. Come home with me.

Avant de quitter le pays, Erzsébet se rend chez les van Buren pour insulter Harrison.

Your father is a rapist.

Van Buren disparaît. Personne ne le retrouvera.

Epilogue

László est invité à la Biennale de Venise pour célébrer son oeuvre. Sa nièce (Ariane Labed) prononce un discours en son nom.

Uncle, you and Aunt Erzsébet once spoke for me, I speak for you now, and I am honored. « Don’t let anyone fool you, Zsófia » he would say to me as a struggling young mother raising my daughter during our first years in Jerusalem, « no matter what the others try and sell you, it is the destination, not the journey. » Thank you.

L’EXPLICATION

The Brutalist, c’est toute la brutalité de l’impérialisme américain.

Les États-Unis se sont construits sur le mythe du rêve américain (cf Il était une Fois en Amérique) : une terre faite d’opportunités, ouverte aux personnes audacieuses à la recherche du bonheur. La promesse pour n’importe qui bossant dur de pouvoir accéder à la propriété et la prospérité (cf Rocky).

Aujourd’hui, on se rend compte que le mythe se fissure de toutes parts. Sinon, pourquoi certains insisteraient-ils pour restaurer la grandeur du passé ?

L’Amérique moderne tente péniblement de masquer sa misère sociale (cf The Florida Project, Red Rocket), culturelle (cf Idiocracy, Dumb & Dumber, Easy Rider), environnementale (cf Promised Land, Deepwater), économique (cf American Factory) et idéologique (cf L’Âme divisée de l’Amérique). La méritocratie s’est enrayée (cf Varsity Blues). On n’y réussit plus comme avant (cf Minari). Le pays est en crise (cf Civil War).

Derrière le maquillage, on devrait surtout se rappeler que l’empire s’est bâti sur un génocide (cf Killers of the Flower Moon), la violence (cf Gangs of New York) et le sang (cf There will be Blood). On y assassine les Présidents (cf JFK). La concurrence y est farouche et on ne fait pas de cadeau. Il faut aller chercher la fortune, le couteau entre les dents. Car il n’y en aura pas pour tout le monde.

L’Amérique n’a aucun scrupule (cf Raisons d’État, Dark Waters, JFK). Celles et ceux qui s’écartent du droit chemin sont aussitôt rattrapé·es par la patrouille (cf Snowden, Reality). Il s’agit d’une nation fondamentalement corrompue (cf Vice, The Wolf of Wall Street), raciste (cf Twelve Years a Slave, Mississippi Burning) et impérialiste.

C’est l’expérience que va en faire László Tóth.

Un homme chassé d’Europe où il n’y avait plus rien pour lui. Survivant de l’enfer, fraichement débarqué dans un pays où tout est donc possible. Erzsébet veut y croire également. Tous les deux vont pouvoir construire quelque chose. C’est certain.

We can start again.

Très vite, László déchante. Son cousin Attila a du abandonner jusqu’à son identité pour essayer de s’intégrer. Ce qui n’empêche pas Audrey de faire des réflexions désobligeantes à l’encontre de ce nouveau membre de la famille.

You’re not like I expected from what I read about you.

Bienvenue en Amérique!

Van Buren flatte László et lui fait miroiter ce qu’il a toujours recherché : la reconnaissance de son talent. Grâce à ce riche industriel, László s’imagine être l’homme providentiel.

I’ve found our conversation persuasive and intellectually stimulating.

László est tellement important que van Buren réalise l’impossible pour lui : retrouver sa femme et sa nièce. Apparemment le rêve est devenu réalité.

Le retour de bâton va être terrible.

Dès le début de son aventure en Pennsylvanie, László va comprendre qu’il n’est guère qu’un employé aux ordres (cf Oppenheimer). László doit avant tout travailler à la gloire de van Buren plutôt qu’à sa propre réussite. Ce n’est clairement pas lui qui décide.

Who pays for it?

László est remplacé par des figures locales qui rentrent mieux dans les codes WASP que ce juif hongrois.

The one thing we do not need is this guy!

Van Buren n’a que du mépris pour László qu’il considère comme son jouet issu d’une race inférieure.

It’s a shame to see the way you people treat yourselves.

Harrison van Buren rappelle brutalement qui est le patron, en violant László qui n’est à ses yeux rien d’autre qu’un petit artiste capricieux et ingrat. Van Buren est tout puissant. Il a fait László, par charité. Tout comme il peut le défaire en claquant des doigts.

When dogs get sick, they often bite the hand of those who fed them, until someone mercifully puts them down.

László se souvient alors de la citation de Goethe.

Nul n’est plus esclave que celui qui se croit être libre sans l’être.

Le rêve s’est évanoui.

I cannot bare it anymore!

Finalement, les États-Unis n’étaient qu’un choix par défaut.

We came here because it was our only option!

László a essayé de faire son trou aux États-Unis mais ce n’était pas chez lui. Il fallait se rendre à l’évidence : l’exode a assez duré. Le temps est venu de rentrer sur la terre promise (cf The Bibi Files).

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son auteur.

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