VICE

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Adam McKay, 2018

LE COMMENTAIRE

La vie ne tient souvent qu’à un fil. Un coeur qui bat et puis qui s’arrête. Parfois le destin de milliards de personnes sur la planète tient à la conversation que peuvent avoir deux personnes dans un bureau oval, dont l’une des deux se croit permise de mettre les pieds sur la table.

LE PITCH

Un ambitieux prend le poste dont personne ne veut.

LE RÉSUMÉ

Quelque part au fin fond du Wyoming, Dick Cheney (Christian Bale) répare des lignes électriques. Sa passion pour les shots lui a valu de se faire virer de Yale. C’est une vedette. Ou plutôt un vrai raté, comme le lui fait remarquer sa femme Lynne (Amy Adams).

Right now you are a big fat pissed soaked ze-ro!

Dick se reprend en main et trouve un poste d’assistant parlementaire au sein de l’administration Nixon, auprès de Donald Rumsfeld (Steve Carrell). Le caractère du conseiller économique du Président lui vaut d’être envoyé en Belgique. Dick Cheney est également écarté du pouvoir après avoir fait un peu trop d’ombre à Henry Kissinger. Cette mise à l’écart leur sera profitable car ils font partie des Républicains qui n’ont pas été salis par le scandale du Watergate. Ils remettent les couverts auprès de l’administration Ford. Cheney en tant que chef de cabinet et Rumsfeld comme Secrétaire à la Défense.

Après l’élection de Jimmy Carter, Cheney se lance dans la course aux élections. Il manque de charisme et sa santé est déjà chancelante. Son coeur lui joue des tours. Grâce à sa femme, il décroche cependant un poste au Congrès et vote avec plaisir pour les nombreuses dérégulations promulguées par Reagan – qui promettait déjà à l’époque de Make America great again

Secrétaire à la Défense sous George Bush, Cheney commence à songer à la Maison Blanche. Il n’est toujours pas très populaire et l’annonce de l’homosexualité de sa fille complique encore plus les choses. Il se ravise et prend un poste de patron dans une multinationale liée à l’industrie pétrolière.

George W. Bush (Sam Rockwell) lui demande de reprendre de service pour devenir son Vice-Président. Cheney hésite. Il y voit une opportunité en or : celle de profiter de la bêtise de George W. Bush pour gouverner dans l’ombre.

Well, George, I, uh… I’m a CEO… of a large company. And I have been Secretary of Defense… and I have been White House Chief of Staff. The Vice Presidency is a mostly symbolic job.

Uh-huh.

However, if we came to a, uh… different… understanding… I can handle the more mundane… jobs. Overseeing bureaucracy… military… energy… and, uh… foreign policy.

That sounds good!

Cheney place ses pions. Son ami de toujours Rumsfeld à la défense. David Addington comme conseiller juridique. Scooter Libby devient son chef de Cabinet. Pendant l’attaque du 11 Septembre, Georges W Bush est loin, quelque part dans une école primaire de Floride. Dans les sous-sols de la Maison Blanche, c’est Cheney qui donne les ordres. S’en suit la guerre en Afghanistan, puis en Irak, qui profitent chacune aux compagnies pétrolières américaines. Avec l’aide de génies du marketing, il retourne l’opinion sur la question de l’environnement en transformant le réchauffement en changement climatique. Il profite du chaos ambiant pour abuser du pouvoir et faire voter le Patriot Act qui permet au gouvernement d’espionner tout le monde, à sa guise (cf La Vie des Autres). Sans parler de la torture.

Il quitte l’administration Bush accusé par beaucoup d’être à l’origine de conflits qui ont fait des centaines de milliers de morts. Son coeur est en piteux état. Mais Dick Cheney n’a aucun remord.

I can feel your incriminations and your judgment, and I am fine with that. You want to be loved? Go be a movie star. The world is as you find it. You’ve gotta deal with that reality that there are monsters in this world. We saw 3,000 innocent people burned to death by those monsters, yet you object when I refuse to kiss those monsters on the cheek and say « pretty please. » You answer me this, what terrorist attack would you have let go forward so you wouldn’t seem like a mean and nasty fella? I will not apologize for keeping your family safe. And I will not apologize for doing what needed to be done so that your loved ones could sleep peacefully at night. It has been my honor to be your servant. You chose me. And I did what you asked.

L’EXPLICATION

Vice, c’est comment on en est arrivé là, sans s’en rendre compte.

John Milton disait de lui qu’il était la main sous la jupe de la Joconde (cf L’Associé du Diable). C’est souvent le cas avec le Diable. On ne le voit pas venir. Voilà précisément pourquoi il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Beware the quiet man. For while others speak, he watches. And while others act, he plans. And when they finally rest… he strikes.

Dick Cheney est cet homme que personne n’a vu venir.

How does a man go on to become who he is?

Il est sorti des radars depuis son exclusion de Yale. Ce qui lui a permis de pouvoir monter les échelons et de nouer des alliances, dans l’ombre. Il a bien manoeuvré. Personne ne s’est méfié, trop absorbé par ce qu’on nous donne à manger sur le devant de la scène. Personne n’a eu l’idée d’aller regarder ce qui se passait en cuisine.

Cheney a pu exprimer son talent de négociateur tout en profitant des faiblesses des uns et des autres, avec quelques coups de pouce de la Providence également. Il a attendu son heure et en a profité lorsqu’elle s’est présentée. Machiavélique. Le poste de Vice-Président d’un benêt. C’était presque trop beau.

So we gonna do this thing, or what? I mean, is this happening?

I believe… we can make this work.

Dick Cheney est d’un naturel vulgaire. Il n’aurait pas eu cette carrière sans sa femme. C’est un calculateur opportuniste qui n’avait aucune idée de qui était Démocrate ou Républicain au moment de faire son stage. Peu importe. C’est la soif de pouvoir qui l’anime depuis le début (cf Le Casse du Siècle). Dick Cheney est un homme qui sert ses propres intérêts, peu importe ce que ça lui coûte. Ses soit-disants grands principes, comme de ne pas s’opposer au mariage gay pour protéger sa fille, finissent par exploser lorsque la situation le réclame. Il n’a pas de coeur (cf There Will Be Blood).

Le résultat est désastreux : le monde brûle. Les nombreuses dérégulations ont conduit l’Amérique dans la crise de sens où elle se trouve aujourd’hui (cf l’âme divisée de l’Amérique) + le terrorisme + les inégalités croissantes conduisant à la fracture sociale.

Ça brûle et on préfère regarder ailleurs. On veut que ça s’arrête, tout en continuant de faire la fête. Pas de raison d’arrêter de profiter.

Pendant qu’on a les yeux tournés, certaines personnes sans scrupule n’ont pas peur de faire le sale boulot pour prendre le pouvoir. Les États-Unis ont été à l’image de George W Bush, pantin volontaire du marionnettiste Cheney.

LE TRAILER

https://www.youtube.com/watch?v=aSGFt6w0wok

Cette explication n’engage que son auteur.

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