ARMAGEDDON

ARMAGEDDON

Michael Bay, 1998

LE COMMENTAIRE

La machine à rêve hollywoodienne n’invente jamais vraiment quoi que ce soit. Au contraire, elle va puiser à la base : dans les mythes Grecs. Ulysse devient cosmonaute. Il rentre de sa mission dans l’espace, accueilli en héros par Penelope. Sur le fond, pratiquement rien n’a changé.

LE PITCH

Une poignée de courageux se muent en pompiers de l’espace.

LE RÉSUMÉ

Les scientifiques de la NASA sont alertés par une pluie de météorites. L’activité spatiale s’agite en effet. La fin du monde est proche.

It happened before, it will happen again, it’s just a question of when.

En effet, un astéroïde gros comme le Texas, c’est à dire la France, menace la planète (cf Don’t Look Up).

What kind of damage are we…

Damage? Total, sir. It’s what we call a global killer. The end of mankind. Doesn’t matter where it hits. Nothing would survive, not even bacteria.

My God. What do we do?

Dix huit jours pour trouver une solution. Le plan de Dan Truman (Billy Bob Thornton) est d’envoyer des astronautes sur l’astéroïde pour qu’ils y plantent une bombe atomique, et faire exploser le gros caillou.

Harry Stamper (Bruce Willis) est un foreur émérite (cf There Will Be Blood). Il accepte la mission, à quelques conditions. La première est d’emmener ses hommes de confiance : Chick (Will Patton), Bear (Michael Clarke Duncan), Fred Noonan (Clark Brolly), Max (Ken Hudson Campbell), et A.J. Frost (Ben Affleck) – le fiancé de sa fille Grace (Liv Tyler). La seconde est de ne plus payer d’impôts. God bless America.

None of them wanna pay taxes again. Ever.

Deux navettes décollent vers la station orbitale Mir pour faire le plein d’essence avant d’atteindre leur cible.

Strictement rien ne se passe comme espéré. L’une des navettes est victime d’une avarie et s’écrase sur l’astéroïde, tuant les passagers à son bord à l’exception de Lev (Peter Stormare), Bear, et A.J. L’autre atterrit 26 miles plus loin que prévu. Le forage prend plus de temps. Une poche d’hydrogène cause la mort de Max. Les astronautes ne pourront certainement pas revenir sur Terre. Gloups.

La mission ressemble à un échec cuisant. Le Président (Stanley Anderson) propose de faire exploser l’astéroïde à distance. Le détonateur est malheureusement endommagé. Quelqu’un va devoir rester pour faire le sale boulot. Plouf plouf. C’est A.J. qui s’y colle.

Dans un élan de bravoure, Harry Stamper prend la relève et renvoie son futur gendre sur Terre, après lui avoir accordé la main de sa fille. À l’ancienne (cf Mon beau-père et moi).

Goodbye son.

Il reste sur l’astéroïde pour finir le job.

We have one chance to save this planet!

Une partie de l’équipage rentre sur Terre. A.J. embrace Grace. Tous les deux vivront sans doute heureux avec beaucoup d’enfants, s’ils ne divorcent pas avant (cf Marriage Story).

L’EXPLICATION

Armageddon, c’est une leçon d’héroïsme à l’Américaine.

Les mythes ont été écrits pour une seule raison : inspirer les pleutres que nous sommes afin qu’ils puissent sortir un jour de leur condition.

Car en nous ne sommeille aucune conscience de héros. Il n’y a rien à réveiller. Nous sommes le plus souvent médiocres. Lorsque nous sommes confrontés aux événements, nous essayons d’abord de sauver nos fesses en priorité (cf Titanic, Le Pianiste) avant de songer à sauver celle des autres (cf Daylight, L’Aventure du Poséidon). Hors de question de se sacrifier.

Les mythes nous font croire que nous pouvons dépasser ces considérations. Que nous pouvons être à la hauteur.

Quelle meilleure occasion que l’apocalypse pour faire preuve d’héroïsme?

Harry Stamper répond à l’appel. Tel Atlas, il a le poids du monde sur ses épaules. Il joue la comédie, en feignant de croire qu’il s’agit d’un aller-retour alors qu’il sait pertinemment qu’il s’agit certainement d’un aller-simple.

We don’t have a back up plan. This is it.

Gorge nouée.

Avec beaucoup de bravoure, il continue à faire des blagues pour dédramatiser.

If we don’t put this bomb down in a hole 800 feet onto a fault line, all you’re gonna have is a real expensive fireworks show.

Respect.

Cette mission n’est pas comme les autres. Stamper donne l’impression qu’il s’agit d’un job comme un autre. Une raison de plus de l’admirer.

Houston, you have a problem. You see, I promised my little girl that I’d be comin’ home. Now I don’t know what you people are doing down there, but we’ve got a hole to dig up here!

Bravo.

Sous ses airs bourrus, il réussit même à dire les mots qu’on ne dit jamais. Histoire de marquer le coup. Le patriarche s’en va avec élégance (cf Gravity).

I love you, pal.

Parce qu’Harvey Stamper est celui qui fait le choix de se sacrifier pour que le soleil puisse continuer de briller (cf Sunshine).

Harry Stamper élève le niveau de par ses actes, mais aussi ses mots. Par conséquent, les autres essaient de se mettre au diapason. Si tout le monde n’est pas capable d’agir en héros, au moins on peut reconnaître l’héroïsme par des paroles.

Le Président n’en mène pas large mais trouve les mots justes pour planter le décor.

The Bible calls this day « Armageddon » – the end of all things. And yet, for the first time in the history of the planet, a species has the technology to prevent its own extinction. (…) The dreams of an entire planet are focused tonight on those fourteen brave souls traveling into the heavens.

Frissons garantis.

À la fin de la mission, Dan Truman n’a pas de médaille à décerner. À défaut, il se fend d’un joli message pour Grace.

Requesting permission to shake the hand of the daughter of the bravest man I’ve ever met.

Coeur qui bat.

Grace est d’ailleurs bien la fille de son père. Elle a eu l’occasion d’échanger avec lui une dernière fois. Flotter au même niveau de solennité. Grosse déclaration.

I lied to you too. When I told you I didn’t want to be like you. Because I am like you. Everything good that I have inside of me, I have from you. I love you so much daddy. And I’m so proud of you, I’m so scared.

Larmes aux yeux.

Des mots qui ne veulent plus rien dire quand on les utilise trop souvent mais qui pèsent lourd quand la situation l’exige. On ne fait certes pas dans la pudeur. En même temps, si on l’on rate ces occasions de faire preuve d’un peu de grandeur, on se dit que tout cela n’aura vraiment servi à rien du tout.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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