VANILLA SKY

VANILLA SKY

Cameron Crowe, 2002

LE COMMENTAIRE

La vie pourrait être une comédie géniale dans laquelle certains jouent les premiers rôles tandis que d’autres ne sont que de simples figurants (cf Black Swan). Les artistes y feraient les louanges du réalisateur (cf Truman Show), impatients que le film se termine pour aller signer des autographes à Cannes. Ou alors la vie pourrait être un bal, sur fond de Compagnie Créole. Car tout le monde porte un masque.

LE PITCH

Un chagrin d’amour, putain que ça fait mal.

LE RÉSUMÉ

David Aames (Tom Cruise) est inculpé de meurtre. Derrière son masque, il s’entretient avec le psychiatre Dr Curtis McCabe (Kurt Russell).

Il évoque sa vie de fils à papa dans Manhattan, héritier d’un grand groupe de presse. Un peu perdu dans ce monde de rêve (cf Knight of Cups), il fait la rencontre de Sofia Serrano (Penelope Cruz) lors de sa soirée d’anniversaire.

Julie (Cameron Diaz), la petite amie officielle de David, fait une crise de jalousie. Elle provoque une dispute.

Why did you tell Brian that I was your fuck buddy?

I didn’t tell him that… I didn’t say that.

Sa voiture fait une sortie de route. La jeune femme meurt sur le coup. David est défiguré, contraint de porter un masque (cf Au revoir là-haut). La dépression le gagne.

Après s’être séparé de Sofia, le couple se réconcilie. David remonte la pente. Les médecins finissent par trouver une solution chirurgicale. La vie reprend comme avant, ou presque. David a de drôles de visions. Pire. Il se réveille chez Sofia en croyant être aux côtés de Julie. Derrière les barreaux, David découvre qu’il a frappé violemment Sofia, qu’il croyait être Julie. Il perd les pédales.

You’re insane. You’re losin’ it, man.

Au cours de ses entretiens avec son psy, David se rappelle de Life Extension, un institut de cryogénisation. Après le drame, David a signé un contrat pour se faire congeler. Tout ceci n’est qu’un rêve éveillé. Les mauvais souvenirs ont été effacés (cf Eternal Sunshine of the Spotless Mind). McCabe a incarné une figure paternelle rassurante. Le ciel a été remplacé par une peinture de Monet. 150 ans que la plaisanterie dure.

Et puis le subconscient de David a transformé le rêve en cauchemar. L’assistance technique (Noah Taylor) intervient et laisse le choix à son client (cf Matrix) : continuer de vivre le rêve éveillé ou revenir à la dure réalité. Pour cela il faudra se jeter dans le vide.

Sa décision est prise.

I want to live a real life… I don’t want to dream any longer.

David saute, voit sa vie défiler devant lui. Puis ouvre les yeux.

Vanilla_Sky

L’EXPLICATION

Vanilla Sky, c’est le manque de résilience des plus fortunés.

L’avantage d’être pauvre est de ne rien avoir à perdre (cf Les Misérables). C’est, on peut le supposer, le cas de la jeune Sofia – sans doute émigrée Mexicaine au pays de Ben l’Oncle Soul. Sa philosophie est résolument optimiste.

Every passing minute is another chance to turn it all around.

Quand on est pauvre, on prend des coups (cf Parasite). On se relève à chaque fois car on n’a rien d’autre à faire. Le sourire sur la photo (cf Capharnaüm). Quand la vie est dure, l’avantage est qu’on sait mieux apprécier les moments doux de Bashung à leur juste valeur.

I know sour, which allows me to appreciate the sweet.

C’est à peu près tout l’inverse de David qui a hérité de tout, sans n’avoir rien demandé. Il considère Julie comme un vulgaire plan-cul alors que n’importe quel autre homme sur terre tuerait pour se marier avec. Il cultive le détachement.

When did you stop caring, David?

Caring about what?

About the consequences of the promises that you’ve made.

Il faut dire que tout le monde se bat pour obtenir son attention et qu’on lui apporte son petit déjeuner sur un plateau. Par ailleurs, David doit protéger son patrimoine que de nombreux requins convoitent. Il joue donc défensif. La vie avec le frein à main.

Malheureusement, toutes les assurances du monde ne peuvent pas protéger les riches contre les imprévus (cf Les choses de la vie). C’est l’accident.

David ne regrette pas Julie mais plutôt son apparence. Ça n’est, dans l’absolu, qu’un visage. Il n’est pas tétraplégique (cf Mar Adentro). Mais David n’arrive pas à s’en remettre. Son visage est beaucoup plus qu’un visage. Et ce masque ne fait pas illusion.

It’s only a mask… if you treat it that way.

Cette sortie de piste prouve que les riches sont finalement plus vulnérables qu’on ne l’imagine. Un petit pet de travers et la mécanique déraille.

David sait pourtant que la vie n’est régie que par l’argent.

What is the answer to 99 out of 100 questions?… Money.

Nul doute qu’un milliardaire qui ressemblerait à Elephant Man n’aurait pas de problème à trouver chaussure à son pied. Malgré tout, David déprime. Il a perdu la face et en fait tout une histoire. Le pauvre.

My dreams are a cruel joke. They taunt me. Even in my dreams I’m an idiot… who knows he’s about to wake up to reality. If I could only avoid sleep. But I can’t. I try to tell myself what to dream. I try to dream that I am flying. Something free. It never works…

Cet accident lui aura quand même permis de réaliser une petite introspection.

It’s been a brilliant journey of self-awakening. 

Grâce à ce travail, il réalise à quel point il est narcissique.

Most days I fooled myself into believing it would last forever. Isn’t that what being young is about? Believing secretly that you would be… the one person in the history of man… who would live forever.

Il comprend qu’il s’est perdu en chemin. Le David d’avant a disparu et ne reviendra pas.

Somebody died. It was me.

Il doit donc se réinventer. Adapt or die. Trouver un autre objectif. Après tout, c’est la vie!

What is any life without the pursuit of a dream?

L’enjeu est clair :

This isn’t about vanity. This is about functioning in the world. It’s my job to be out there functioning.

David se ment à lui-même. Il peut fonctionner avec la gueule de travers. C’est évidemment un problème d’ego.

Il refuse cependant de continuer à vivre reclus chez lui, dans une vie de tristesse. Trop longtemps que ça dure. Mais il n’arrive pas non plus à dépasser son problème. Alors il fait le choix de la réalité : à défaut de vivre pour le meilleur, il meurt pour de bon, de manière dramatique. Il lui fallait une conclusion à sa hauteur, du soixantième étage. Minimum. Parce qu’il ne pouvait pas en être autrement. Pouvait-il vivre de manière normale, dans un pavillon de banlieue à Suresnes? Bien sûr que non.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

Commentez ou partagez votre explication

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.