2 FAST 2 FURIOUS

2 FAST 2 FURIOUS

John Singleton, 2003

LE COMMENTAIRE

Certains constructeurs automobiles nous parlent de plaisir de conduire. À bien y réfléchir, conduire est plutôt un exercice sous contrainte. Un voyage constamment dicté par les règles strictes du Code Rousseau. Où se trouve le plaisir sinon dans la liberté de prendre la route comme on le souhaite? Le volant dans une main et le majeur érigé dans l’autre. Appuyer bien fort sur le champignon – en essayant quand même de ne pas se prendre un mur (cf Senna).

LE PITCH

Deux hors-la-loi collaborent avec la justice.

LE RÉSUMÉ

L’ex-flic Brian O’Conner (Paul Walker) est devenu fugitif après avoir laissé s’enfuir le braqueur Dominic Toretto (cf Fast and Furious). Aujourd’hui, il gagne sa vie en Floride grâce à quelques courses de rues illégales remportées brillamment.

La police lui remet le grappin dessus, par l’intermédiaire de l’agent Bilkins (Thom Barry). Le FBI a besoin des services de Brian pour infiltrer un réseau criminel et remonter jusqu’au baron de la drogue Argentin Carter Verone (Cole Hauser). L’agent Monica Fuentes (Eva Mendes) est déjà sur le coup et a besoin de renfort.

We need some good drivers that can put this asshole and his money together.

O’Conner n’a pas le choix. S’il coopère avec les forces de l’ordre, alors les autorités passeront l’éponge sur ses infractions répétées.

We can make all this go away in the interest of justice.

Il n’est pas seul dans cette aventure. Son ami d’enfance, l’ex-taulard Roman Pearce (Tyrese Gibson) souhaite aussi être lavé de ses pêchés par le FBI.

Les deux hommes gagnent la confiance du truand grâce à quelques cascades dignes de Rémy Julienne. Ils aident Monica à coffrer Verone et voient ainsi leur casier effacé de la réalité judiciaire nord-américaine. Preuve de leur bonne volonté, ils remettent même les sacs de billets à l’agent Markham (James Remar).

Ils en ont cependant gardé un peu sous la pédale d’accélérateur afin de lancer leur propre affaire.

Pockets ain’t empty, cuz.

And we ain’t hungry no more either, brah.

L’EXPLICATION

2 Fast 2 Furious, c’est niquer le système.

Ce qu’on dénonce comme système est une société hiérarchique à la structure dogmatique. Le système ne se soucie guère des individus qui le composent. Comme une gigantesque République en Marche, cette matrice happe les personnes pour mieux les recracher (cf Chute Libre, Monsieur Schmidt, La loi du Marché, Sorry we missed you). Cette organisation pyramidale profite surtout aux quelques puissants à sa pointe. Inversement, ceux qui se trouvent à la base doivent trimer et sont les premiers à partir avec l’eau du bain.

Chacun pour soi. Pas de cadeau.

Parmi les besogneux, on retrouve O’Conner et Pearce.

À l’origine, O’Conner était un membre actif du système. Cet ancien flic ambitieux a cependant préféré quitter sa carrière par goût de liberté (cf Point Break). En laissant partir Toretto, il s’est mis en marge de lui-même. Autant dire que la Police ne l’oubliera pas de si tôt et cherchera dès que possible à se servir de lui à nouveau. Il est un peu l’otage du système, malgré sa belle gueule.

Quant à Pearce, il est Afro-Américain (cf Le 13e).

Tous les deux sont conscients de la réalité du monde dans lequel ils évoluent : ce système est fondamentalement injuste puisque les pires pourritures comme Verone, parce qu’ils sont puissants, finissent toujours par s’en sortir.

You think he gonna get out?

He’ll be out.

De l’autre côté, les flics ne valent pas beaucoup mieux. Impossible de leur faire confiance.

O’Conner et Pearce vivent dans l’autre monde, underground, en attendant d’être rattrapés un jour ou l’autre part la patrouille. Lorsqu’ils sont recrutés par Bilkins, ils n’ont pas vraiment le choix. Ils savent très bien que c’est la prison ou une liberté surveillée. Dans les deux cas, ils sont perdants. Ils pourraient se lamenter. Inspirés par O’Conner, ils préfèrent plutôt prendre leurs responsabilités.

You need to stop blaming me for your own mistakes. 

Il s’agit là d’une opportunité pour eux de s’échapper.

Just think of it this way : it’s an opportunity for a fresh start.

Ce nouveau départ, il va falloir le gagner. Conduire plus vite que les autres.

À eux de profiter de cette situation afin de s’en sortir à leur manière (cf Un Prophète).

We got to come up with some kind of an exit strategy.

Alors ils jouent le jeu. Leur jeu à eux, en faisant les affaires des fédéraux au passage. S’ils aident les flics, il veulent néanmoins maintenir une distance. À l’image de Pearce qui remet les pendules à l’heure quand Markham le menace.

Just because you wear a badge doesn’t mean you can mess shit up for us!

O’Conner est celui qui met son orgueil de côté car il sait quel est le plus court chemin vers la liberté. Rien ne sert de lutter contre le système. Les menaces, les grèves… tout cela ne sert à rien. Il n’y croit pas. Cette course là est perdue d’avance. Mieux vaut manoeuvrer au sein du système pour s’en sortir. Comme Monica Fuentes doit coucher avec l’ennemi pour mieux parvenir à ses fins. Ou comme Andy Dufresne doit traverser un tunnel d’immondices pour s’évader de prison et profiter d’une jolie plage de sable fin mexicaine (cf Les Évadés).

O’Conner et Pearce collaborent avec les cochons. Beurk. Mais ils le font pour eux, ce qui aide à faire passer la pilule. Parce qu’ils sont à leur compte, ils ne trahissent pas leurs valeurs.

He’s clean, dirty, but clean.

Ils font le boulot en faisant tomber Verone. Récupèrent les sacs de billets pour les donner au FBI. Mais en gardent quelques uns pour eux. Ils se paient eux-mêmes. Pas grand chose mais ça leur suffit. Ainsi ils ont l’impression d’être plus malins que les autres. Un joli pied de nez.

Kiss my ass, Putos!

Tout le monde est content finalement.

C’est finalement grâce à O’Conner et Pearce que le système est aussi ce qu’il est.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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